vendredi 7 janvier 2011

SCRIPSI 8. L'Anglais des imbéciles.



Ce numéro de Scripsi pourrait servir de complément à l'Esthétique de la langue française (1). Christian Buat y recueille des articles de Remy et Jean de Gourmont, Guillaume Apollinaire, Alfred Mortier, Louis Thomas sur l'infiltration des mots étrangers dans la langue française. Scripsi est tiré à très petit nombre (33 exemplaires) il est donc recommandé de s'abonner, ces brochures seront vite recherchées et, de fait, introuvables.

"on pourrait poser ce principe, qu'à l'heure actuelle, aucun mot emprunté à une langue étrangère ne peut entrer dans notre langue qu'avec son orthographe et sa prononciation étrangères, même déformées. Et cela parce que le peuple est représenté par les journalistes qui sont souvent des demi ou des quarts d'érudits et qui se croiraient déshonorés s'ils n'écrivaient pas correctement les mots qu'ils empruntent aux langues étrangères.
Le peuple prononcera peut-être "métingue", ainsi que le voulait Remy de Gourmont [...], mais il écrira ce mot tel qu'il l'a lu sans son journal, "meeting"... Il prononcera peut-être "hijlife", mais il écrira fort correctement "high life" et sera très fier de son érudition."
R. de Bury (Jean de Gourmont).

Pour s'abonner au Bulletin du site des Amateurs de Remy de Gourmont : Scripsi 8.

Précédents numéros :



(1) Esthétique de la langue française (La déformation. La métaphore. Le cliché. Le vers libre. Le vers populaire). Mercure de France, 1899.


André Veidaux : La Chose filiale.




André Veidaux : La Chose filiale, pièce en cinq actes en prose, première partie de La Famille, tétralogie sociale. Bibliothèque Artistique et Littéraire, Sté anonyme La Plume, 1898, 144 pages+8 pages de catalogue, 2 pages ill., 4 pages blanches.

Sur André Veidaux voir l'étude de Paul Schneebell dans L'Oeil Bleu.




Anthologie de L'Effort.



Anthologie de l'Effort. Editions de l'Effort, Poitiers, 1912 (10 février), 14x19 cm, 184 pages. Deux planches hors-texte.


Paul Fort : Montlhéry-la-Bataille. Henri Aliès : Partir. René Arcos : Avénement. Georges Chennevière : Hiver - Chant à voix basse - Examen. Georges Duhamel : Ode à quelques autres - Le Royaume intermédiaire - Le Gardien vigilant. Henri France : Eloge de la France - Feu de joie dans la solitude. René Georgin : Tristesse au bord de l'eau. Henri Ghéon : Lamentation de Pierre Franc. Marguerite Guillot : Le Voyage - Le petit Charme. Marcel Martinet : Nocturne. Georges Périn : Les Roses. Jules Romains : Odes. André Spire : Au Bois - Dames anciennes. Charles Vildrac : Femmes - En revenant - Chansons. Walt Whitman : En marge d'un portrait (Introduction nouvelle de Léon Bazalgette). Il y avait une fois un enfant qui sortait chaque jour - La voix - A celui qui fut crucifié - A une fille publique -Miracles - Cosmos.

Walt Whitman

L'Effort puis L'Effort Libre à partir de mars 1912 : d'abord bi-mensuel, devient mensuel à partir de février 1912. (juin 1910 à juin 1914).

mardi 4 janvier 2011

Félicien Champsaur : Le Dernier Homme.





Le Dernier Homme

A Ernest Molier (1)

Il est de fait que Charles Bergheim, de la société « L'affichage stellaire, Stephenson and C° » (2), après le déjeuner au cabaret avec sa blonde amie, Alice Penthièvre (3), avait montré un enthousiasme remarquable, à l'exposition des Arts Incohérents (4), pour un dessin shoking de Mlle ***, représentant deux lézards cohérents.
Cette adorable composition où deux petites bêtes amoureuses sont près de s'épancher tendrement, prouve, chez la spirituelle femme aux cheveux d'or rouge qui en est l'auteur, une étude patiente et continue de la nature. A côté, Dinah Samuel, au bras d'un jeune homme, reprochait à la lézarde de n'avoir pas les pattes suffisamment hospitalières et au lézard de manquer de cohérence. (A étudier.) Bergheim, lui, ne fit pas de critiques. Les yeux pleins de flammes perverses, il dit tout haut, contre l'avis de Penthièvre, que Mlle*** (5) est charmante, babahissante. Son dessin, merveilleux.
Depuis, Alice boudait.

Ils avaient pris, le soir même, le train pour un château, garçonnière angevine où était organisée une jolie chasse de gibier en tout genre, car ils n'étaient allés à cette exposition folle que pour attendre gaiement l'heure du départ.

Marthe ne lui avait pas adressé quatre mots. Elle s'était accotée dans un coin du coupé ; lui, s'était blotti à l'autre bout. La lampe, en haut, les regardait comme la lune.

Bergheim songea quelque peu à une idée qui le travaillait, l'éclairage de Paris par un formidable foyer de lumière électrique au sommet d'un phare, concurrent du soleil, tour de pierre et de fer élevée au centre de la ville. Il lut deux pages d'un roman nouveau et s'endormit.
Comme il n'avait pas la conscience tranquille vis-à-vis de Penthièvre, car, pour ce qui est des affaires, il n'avait plus de remords depuis longtemps, sa nuit fut pleine de songes; il rêva qu'au lieu d'être en express, ils étaient rentrés chez elle, avenue de Messine.
Son amie, faisant toujours la moue, avait fermé à clef la porte de sa chambre à coucher. Après tout, il aimait autant la solitude ; il s'installa dans le salon, sur un divan moelleux. Au fond de la pièce, sous un palmier, un perroquet sommeillait dans sa cage.

Vers deux heures, Bergheim entr'ouvrit subitement les paupières et se dressa sur son séant. Il entendait un grand tumulte et voyait, par les fenêtres, comme de l'air en feu. Quelle pouvait être la cause d'une semblable anomalie ? Serait-ce un tremblement de terre où Paris sombrerait ? Est-ce que les égouts, enfin, se soulèveraient ?
Il regarda au dehors.

Un courant lui fouetta le visage, comme s'il avait mis la tête à la portière d'un wagon rapide. Une population affolée allait et venait sur le boulevard, dans une confuse mêlée, chacun, toutefois, semblant vaquer à ses occupations ordinaires, mais dans une vie surexcitée à la trentième puissance. C'étaient des cris presque sauvages; Bergheim se serait cru à la Bourse.
Sans plus de souci, il réfléchit que ce n'était qu'un rêve, qu'il serait bien bon de se déranger, inutilement d'ailleurs, si c'était en effet un bouleversement terrestre ; il s'étendit de nouveau sur son divan, et, drapé dans une étoffe de soie japonaise, où étaient brodés des monstres d'argent et d'or, il se dit :
- Avant moi la fin du monde.

Ce qui s'était passé dans la nuit était fort simple. Une comète, arrivée de l'infini, sans être annoncée, avec une vitesse de plusieurs millions de lieues à la minute, sortie de son orbite à la suite d'un cataclysme céleste, avait traversé le groupe du soleil. Sa queue incommensurable, une traînée d'oxygène, une rien du tout, rencontrant notre planète avait couru prodigieusement autour du globe ; le salon, avenue de Messine, où reposait Bergheim, ayant été, par un hasard naturel, le centre de ce monstrueux tourbillon, le financier et son perroquet avaient été seuls épargnés.

Quand le premier entra dans la chambre à coucher, le matin, par un panneau enfoncé de la porte, Alice Penthièvre, vêtue seulement de ses bas noirs, nue sur les tapis et les coussins, semblait dormir paisiblement; mais son pouls ni son coeur ne battaient ; elle était morte.

Bergheim ignorait qu'elle était tombée après avoir dansé une gigue effrénée, car la comète, avec sa queue d'oxygène, avait, durant son passage, multiplié étrangement, sur terre, la force vitale.
Tous, bêtes et gens, à leur soudain éveil, s'étaient trouvés comme possédés par les démons ; ils s'étaient adonnés, avec de prodigieuses facultés, à leurs habitudes, à leurs désirs, à leurs instincts, à leurs passions. Chacun avait, dans ses derniers instants, produit la force, bonne ou mauvaise, qu'il portait en lui ; elle s'était accrue jusqu'à l'extrême dans cette atmosphère anormale.
Bientôt, la vie, usée par une telle manifestation chimérique d'elle-même, s'était arrêtée tout à fait. Dans le cataclysme étaient morts tous les êtres, depuis les géants jusqu'aux microbes. Anéantis, les plus subtils germes de vie animale, de sorte que la putréfaction était, pour longtemps, impossible.

Bergheim sortit, et, bien que la comète fût éloignée, l'air étant très chargé d'oxygène, il se sentit une grande vigueur. Fort surexcité, content, car il méprisait le genre humain, il se promena, comme un fou, à travers les rues bizarrement calmes.

Cependant, sa marche était difficile à cause des cadavres, aux aspects encore vivants, qui jonchaient le sol ; il fallait fréquemment enjamber un corps, comme il aurait fait pour un lazzarone sur un môle d'Italie. Des voitures de toute sorte avaient l'air de filer à grande vitesse, tellement les chevaux avaient été arrêtés, les poumons brûlés, dans un accès de vie vertigineuse.
Les cochers, le buste en avant, les yeux ouverts, les lèvres comme prêtes à insulter, tenaient ferme les rênes ; des voyageurs avaient la tête aux portières ; ils avaient expiré sans doute en criant de trotter plus vite. Les nerfs magiquement tendus, les êtres qui, à la suprême minute, possédaient un appui quelconque, avaient gardé les attitudes de la vie.
Les bêtes étaient sur leurs pattes ; au Sénat, M. de G*** était debout comme une statue de cire, la main cramponnée à la tribune. L'oreille n'était plus agacée par le continuel bruit des cités.
Un silence effrayant pesait sur la terre.
Et, le soir, Bergheim, certain d'être seul, se réjouit.

Il commença ses flâneries dans Paris ; il réalisait un rêve du temps où il en avait, à douze ans, avant qu'il entrât dans les affaires ; ce rêve était d'avoir l'anneau de Gygès qui le rendit invisible et lui permît de connaître la vie humaine intime.
Sans anneau mystérieux, il pénétrait maintenant dans les maisons populeuses d'ouvriers, dans les appartements bourgeois, dans les boudoirs des horizontales, chez les politiques, chez les artistes ; il entrait dans les milieux mondains, féminins, les plus fermés. (Qu'est-ce que l'amour ? Un échange d'électricité, un rapprochement des contraires.)

Bergheim surprenait ainsi la vie interrompue dans son acuité, bien des actes vils.

De temps en temps, Bergheim éprouvait un désir de parler à quelqu'un ; alors il s'adressait à son perroquet, au seul être qui fût resté vivant avec lui. Mais il fut bientôt las de cette compagnie et donna la liberté à l'oiseau, qui demeura plusieurs mois à Paris. Le perroquet demandait toujours de ses nouvelles à son ancien maître, lorsqu'ils se rencontraient :
- Comment vous portez-vous ?
- Pas mal, mon cher... Et vous ?
Le perroquet remplaçait suffisamment les nombreux amis qu'on croise dans la rue et avec qui on fait poliment un échange de paroles vaines.

Un jour ressemblait au suivant. Existence peu variée. Bergheim déjeunait et dînait au cabaret, où il buvait des vins antiques.
Il s'invitait aussi chez des particuliers.

Un de ses plaisirs, après dîner, en fumant son cigare, était d'admirer la végétation produite par le passage de la comète et la chaleur nouvelle de la température. Après quelques hésitations, il avait abandonné son complet anglais.

La nature était redevenue à peu près ce qu'elle était aux époques antédiluviennes avant que le feu central, brisant la frêle écorce qui l'emprisonne, ne soulevât brusquement des chaînes de montagnes, les Alpes, les Cordillières, les Andes, et des terres nouvelles au milieu des vastes Océans.

La vie végétale était extraordinaire dans l'atmosphère surchauffée. La Seine coulait sous un enchevêtrement de lianes, sous une verdure exubérante et capricieuse. Les collines de Sèvres, de Meudon, les moulins de Montmartre, d'Orgemont, de Sannois étaient couverts d'un épanouissement de fougères arborescentes, de lycopodendrons, de prêles gigantesques.
A Paris, des brins d'herbe, en s'accroissant, soulevaient les pavés et devenaient des arbres élancés et flexibles, avec un feuillage indéfiniment accidenté. Sur le boulevard des Italiens, autour de l'Opéra, la végétation ascendait vers les toits comme un flux de sève des forêts primitives.

Parfois, Bergheim, qui sautait à présent de branche en branche comme un singe, apercevait un gros oiseau vert au bec crochu. C'était le perroquet qui se modifiait peu à peu. Il avait retenu un seul des refrains qu'il savait jadis, il le chantait souvent :

Coco, Coco.
Gratt'-moi .....

C'était le seul témoignage lyrique de la civilisation évanouie.

Est-ce qu'allait naître une autre vie organique ?
Est-ce que bientôt apparaîtraient des êtres énormes et supérieurs, le gigantesque dinotherium, l'iguanodon prodigieux, et, dans le ciel, les ptédoratyles aux ailes horribles ? Parfois Bergheim avait peur, croyant apercevoir tout à coup, dans la forêt vierge parisienne, parmi les enchevêtrements des fourrés, des yeux épouvantables, aux pupilles d'un pied de diamètre cherchant la lumière.
Est-ce que l'homme allait accomplir une évolution en arrière et être anéanti comme les trilobites de la période silurienne, quand les mers étaient brûlantes, que de pâles rayons perçaient à peine l'atmosphère épaisse ? Est-ce que l'homme allait finir comme les sauriens du lias, comme les mastodontes et les mégathériums de l'époque tertiaire ?

Gaston Bergheim, de la société « L'affichage stellaire Stephenson and C° » se transformait en quadrumane.

Soudain, comme il dégringolait piteusement devant le café Riche, du haut d'une fougère, il aperçut, par la glace de son coupé, en chemin de fer express, l'aurore blanchissante.
Alice Penthièvre, exquisement moderne, en blouse volontaire d'un an, chapeau tyrolien sur ses cheveux très blonds, couleur de maïs, dit à son maître et seigneur, avec un sourire :
- Avez-vous bien dormi, mauvais singe ?

Félicien Champsaur
In Entrée de clowns, J. Lévy, 1885.

(1) Sur Ernest Molier voir : Carnet d'un clown par Félicien Champsaur.
(2) Dans Dinah Samuel (1882) le premier roman de Champsaur, Patrice Montclar poète devenu banquier lance la publicité lumineuse dans le ciel.
(3) Alice Penthièvre, est un personnage de Dinah Samuel, elle y est "Mademoiselle Sosie" imitatrice de la comédienne Dinah Samuel (Sarah Bernhardt).
(4) En 1882, Jules Lévy organise la première exposition des Arts Incohérents, « une exposition de dessins exécutés par des gens qui ne savent pas dessiner », dans une baraque des Champs-Elysées, il réitère l'expérience la même année chez lui. C'est en 1883 qu'aura lieu la première exposition "officielle". Voir : Les Arts Incohérents.
(5) Dans la réédition de 1926 de Entrée de Clown aux éditions de la Nouvelle Revue Critique, Champsaur donne le nom de l'artiste, Mlle***, devient Mlle Valtesse. Lucie Emilie de la Bigne, dit Valtesse (1848 / 1859 (?)-1910), surnommée "l'Union des peintres" la célèbre demi-mondaine, débuta sur scène dans Orphée aux enfers de Jacques Offenbach, elle est "Altesse" dans Idylle saphique de Liane de Pougy. Félix Fénéon, ne cachait pas le nom de l'auteure de Lézards cohérents, dans le compte-rendu de l'exposition des Arts Incohérents du 15 octobre au 15 novembre qu'il fit pour la Libre Revue du 1er novembre 1883 : "Mlle Valtesse de la Bigne expose : Lézards cohérents. Ces deux sauriens sont dans une position que ma plume ne saurait décrire sans se teindre d'un chaste vermillon."


2010 - 2011




En 2010, 79499 pages ont été vues sur Livrenblog, qui a reçu 36951 visites et 33842 internautes journaliers. Soit 101 visites, 92 internautes journaliers et 217 pages vues en moyenne par jour. Ce qui représente : 13939 pages vues, 1330 visites et 1152 internautes journaliers de plus qu'en 2009.


dimanche 2 janvier 2011

Fernand Divoire : La Malédiction des enfants. 1910.


Pour compléter la bibliographie de Fernand Divoire commencée ici.



Fernand Divoire : (Les proses rimées de l' "Urbs" : II). La Malédiction des Enfants. Editions de "La Revue des Lettres et des Arts", Nice, 1910, in-8, agrafé, 28 pages. 20 exemplaires se trouvent dans le commerce au prix de Deux Francs chez H. Falque, éditeur, 86, rue Bonaparte, Paris. Tiré à 300 exemplaires sur papier d'Annonay à la forme, numérotés.



samedi 1 janvier 2011

Les Arts de la Vie 1, 2, 3.



Les Arts de la Vie

Revue mensuelle dirigée par Gabriel Mourey.


Apprendre à tous à connaître, comprendre, à ressentir, à aimer l'Art sous toutes ses formes, dans toutes ses manifestations, dans tous ses rapports avec les idées et les moeurs d'aujourd'hui, tel est le but de la revue : Les Arts et la Vie, qui paraîtra mensuellement à partir du 15 janvier 1904, sous la direction de M. Gabriel Mourey.
Tous les bons esprits l'accueillent avec joie.
Elle naît, en effet, non seulement de l'union d'écrivains et d'artistes qui souffrent de voir leurs convictions les plus chères méconnues ou dédaignées, mais des aspirations du grand public intellectuel qui réclame depuis longtemps un organe sincère, indépendant, de libre discussion, où règne, au lieu du mensonge intéressé, la vérité loyale et courageuse.
Les Arts de la Vie ne sera pas plus une revue de vulgarisation qu'une revue de spécialisation. Elle sera vivante avant tout et reflétera tous les aspects de la vie contemporaine.
C'est assez dire qu'au lieu de s'adresser à quelques-uns seulement, à cette prétendue aristocratie dont on s'est trop préoccupé jusqu'à ce jour de satisfaire les goûts, elle entend s'adresser à tous et provoquer enfin la cohésion de toutes les forces saines et fécondes – aujourd'hui dispersées, faute de discipline, - sans le concours desquelles l'évolution des arts ne peut suivre ses voies normales. Donc, il ne s'agit point de flatter le public et de se mettre complaisament à sa remorque ; au contraire, de le guider en l'éclairant.
Les Arts de la Vie ! - prenez ces mots dans leurs sens le plus large – c'est tout l'effort de l'homme pour se créer un idéal, pour orner de beauté sa cité, son foyer, son esprit, pour ennoblir et enrichir sa sensibilité, pour exalter la dignité de sa personne morale : l'architecture, la peinture, la sculpture, la musique, les belles-lettres, les arts du livre, les arts du théâtre, l'art populaire, le folklore, les arts de la femme, les arts de la rue... tout cela, mais en belle harmonie, logique et rationnelle, avec l'époque où nous vivons, avec l'évolution sociale, avec les bonnes traditions de la race et ses facultés d'accommodation aux impérieuses exigences du Progrès.
Contre les artifices du snobisme et du dilettantisme à la mode, contre le cabotinage courant, contre le scepticisme démoralisateur des opinions toutes faîtes et des préjugés, contre les tyrannies également néfastes de l'académisme anachronique et du modernisme outrancier, Les Arts de la Vie combattront ce combat, lutteront pour la défense et le triomphe de ces idées. Ce que ne peuvent ou ne veulent faire les journaux quotidiens et les revues professionnelles, Les Arts de la Vie le feront avec l'énergie que donne l'indépendance absolue et l'assurance du lendemain.
Les Arts de la Vie formeront, en outre, grâce à une série de rubriques documentaires soigneusement tenues au cours de l'actualité, le répertoire le plus complet du mouvement artistique de la France et de l'Etranger.
Aucun effort, pour tout dire, ne sera épargné dans le but de justifier la belle formule de Taine

« L'Ame résume la vie »
qui servira d'épigraphe à la Revue.


Le Numéro : 64 pages de texte, in-8°, imprimées avec un caractère nouveau de George Auriol, sur beau papier, couverture ornée....... 1 fr. 25

Abonnement :

Un an, 13 fr. 50 pour la France.

15 francs pour l'Etranger

Direction et Rédaction, 6, rue Chaussée d'Antin, Paris. Librairie Larousse, dépositaire.





Les Arts de la Vie Illustrés


Le succès qui a accueilli l'apparition des Arts de la Vie nous impose de ne rien épargner pour accentuer le caractère artistique de cette Revue, pour en rendre plus vivante, plus variée, plus parfaite, la présentation, enfin, pour en accroître la portée.
De vraie littérature signée par les meilleurs écrivains d'aujourd'hui et imprimée sur de vrai papier avec de beaux caractères, selon les vrais principes de l'Art du Livre, cela vaut quelque chose par le temps où nous vivons. Pourtant cen'est point assez.
La collaboration effective des Artistes eux-mêmes, dont cette Revue s'enorgueillit d'être l'organe, nous manquait.
Les Arts de la Vie, seront donc, à partir du présent Numéro, Illustrés.
Nos pages s'enrichiront chaque mois d'une gravure originale hors-texte, - c'est-à-dire d'une véritable oeuvre d'art – gravure sur bois, eau-forte, lithographie, exécutée par les Artistes les plus personnels de l'heure présente :

A. Lepère, A. Besnard, E. Carrière, Steinlen, Jeanniot, H. Rivière, Helleu, E. Chahine, Willette, Hermann-Paul, G. Auriol, A. Faivre, Francis Jourdain, A. Baertsoen, Rafaelli, Tony Beltrand, Dd Feure, Le Sidaner, P. Renouard, Florian, H. Paillard, Jacques Beltrand, Etc.

Ainsi se trouvera plus intimement réalisée, dans notre Oeuvre, l'union de la Littérature et de l'Art, pour une plus haute exaltation de nos idées.



Sommaire du n° 1 (Janvier 1904)

Les Faits, les Hommes, les Moeurs.
Georges Lecomte : L'Assainissement par la Beauté.
Emile Verhaeren : Rubens.
Gabriel Mourey : Les Idées d'Eugène Carrière.
George Auriol : De terre en vigne.
Félix Le Dantec : L'Intuition.
Raoul Ponchon : Rouge et Or.
Charles Plumet : Le Mensonge de l'Architecture Contemporaine.
Jean d'Udine : Le Retour à Mozart.
Cormatin : Les Arts de la Femme.
Fernand Engerand : Les Industries paysannes en France.
Maurice Beaubourg : Le Dédale.
Pascal Forthuny : A Saint-Louis.

Les Expositions.
Georges Riat : L'Estampe.
Charles Saunier : La Médaille.

Les LivresLes Revues.

Sommaire du n° 2 (Février 1904)

Les Faits, les Hommes, les Moeurs.
Paul Adam : Les Temples de la Mort.
Henri Rivière : Sur la Poterie.
XXX : A propos du Radium.
Raphaël Petrucci : L'Exposition des Maîtres Français du XVIIIe siècle.
Frantz Jourdain : La Mise en scène.
George Auriol : De terre en vigne.
Léonce Bénédite : La Reconstruction du Musée du Luxembourg.
Maurice Beaubourg : La Crise du Théâtre de digestion.
Jean d'Udine : Etes-vous Grégoriens ?
Cormatin : Les Arts de la Femme.

Les Expositions
Georges Riat : L'Estampe.
Charles Saunier : La Médaille.

Les LivresLes Revues.

Sommaire du n° 3, mars 1904

Les Faits, les Hommes, les Moeurs.
Félix Le Dantec : Artistes et Savants.
George Auriol : De terre en vigne.
Max Martersteig : La Mission de Weimar.
Charles Plumet : La Reconstruction du Musée du Luxembourg.
Maurice Hamel : Un Livre : « L'Apprentie » de Gustave Geffroy.
Pascal Forthuny : Pour la Fleur.
Maurice Beaubourg : La Question de Race au Théâtre.
Alfred Lenoir : Le véritable but de la Sculpture.
Gabriel Mourey : La faillite de l'Art décoratif moderne.

Les Expositions.
Charles Saunier : La Médaille.

Les Livres – Les Revues.

Illustration hors texte :
La Halte, gravure sur bois en camaïeu, de A. Lepère.




Dans Livrenblog : Gabriel Mourey chez les Symbolistes.
Chez Raoul Ponchon : Les Arts de la Vie.
De et sur George Auriol : Auriol (George) : 42 contes mêlés de typographie, avec des notes de François Caradec. Bassac, Plein Chant, 2004.

Bibliographies de revues dans Livrenblog :

Revue L'Image, bibliographie complète et illustrée.
Bibliographie de la revue Le Beffroi (1ère partie), (2e partie), (3e partie), (4e partie).
Bibliographie illustrée et complète du journal Le Pierrot (1ère partie), (2e partie), (3e partie), (4e partie).
La revue Palladienne de 1 à 10
.
Les Contemporains A. Le Petit F. Champsaur.
La Revue des Lettres et des Arts 1867-1868.
La revue Matines. 1897-1898.
Le Bambou, Bibliographie illustrée.

Le Carillon.
1893-1894
La Revue d'Art. 1896-1897.
Les Gerbes. Revue littéraire bimensuelle. 1905 - 1906.
Le Feu, Marseille, 1905-1906.

La Rose Rouge, 1919. Cendrars, Salmon, Carco.
La Revue Contemporaine, Lille. 1900 - 1902
Le Thyrse. 1897.
La Cité d'Art et L'Art et l'Action. 1898 - 1899.
L'Idée Moderne 1894-1895.

Le Nouvel Echo 1892-1894.
La Poésie Moderne, 1882.

La Pléiade. 1886 et 1889.
La Basoche 1884-1886.
L'Aube Méridionale 1898-1899.
L'Élan littéraire 1885-1886.

Rappel : Le magnifique blog consacré par Mikaël Lugan aux revues : Les Petites Revues.