jeudi 27 septembre 2007

FERNAND DIVOIRE, LA BIBLIOGRAPHIE

Fernand Divoire. (Première partie.)


Fernand Divoire, un nom que l’on rencontre de temps à autre dans une revue, des souvenirs ou une étude littéraire : autour de Dada et Cabaret Voltaire, auprès de Barzun et de la poésie simultanée, au grenier de Montjoie ! avec Canudo, dans l’ombre de Cendrars, dans les pas d’Apollinaire, dans l’Esprit Nouveau ou aux Soirées de Paris, pour ses livres sur la danse et Isadora Duncan, dans les Entretiens Idéalistes à ses débuts en suiveur de Péladan, à Montmartre avec Maurice Magre et la secte des Polaires, journaliste à L’Intransigeant avec Salmon. A force de buter sur son nom au détour de ses lectures le blogueur dilettante a décidé d’en savoir plus et de vous faire partager sa curiosité. N’ayant pour méthode de travail que de n’en avoir pas, je commencerais par une bibliographie de ses ouvrages publiés, les articles et collaborations en revue sont reportés à un billet prochain.


Cérébraux. Edité par les soins du Chroniqueur de Paris, 1906, In-16, 176 p.

Poètes. Paris, Bibliothèque des 3 Entretiens idéalistes3 , 1908, In-12, 55 p.

Les deux Idées. Faut-il devenir mage ? Eliphas Lévi et Péladan ; Nietsche, le surhomme et le mage ; la doctrine des forts. Paris : H. Falque, 1909, In-16, 119 p., pl. coloriée. Bibliothèque des Entretiens idéalistes.

Les deux idées. II, Metchnikoff, philosophe. Paris : H. Falque, 1911, 68 p.

Introduction à l'étude de la stratégie littéraire. Sansot & Cie, 1912, in-16, br., 160 pp., 1er tirage après 37 grands papiers.

Introduction à l'étude de la stratégie littéraire. Établissement de l'édition, notes et postface par Francesco Viriat. Éd. Mille et une nuits, La petite collection, 2005, 1 vol., 142 p., illustrations, couverture illustré en couleurs, 15 c.m.

L'Amoureux, 3e des poèmes de l'Urbs. Paris, à la Belle édition, 1912. In-16 (18 cm), 44 p. n. ch., ill., planche gr. sur bois en noir et ocre.

Exhortation à la victoire, choeur tragique pour... Paris : Jouve, 1916, 15 p. ; In-8.

Isadora Duncan, fille de Prométhée, proses de Fernand Divoire, décorées par E.-A. Bourdelle. éditions des Muses françaises, 1919. In-4, 27 ff. non paginés, fig. en noir, pl. en couleurs

Le Grenier de Montjoie ! Edition du Carnet Critique, documents pour l'histoire de la littérature, de la musique et des arts d'aujourd'hui et de demain. 1919, in-8, br., 44 pp., portrait de Canudo, 1 page de musique d'Igor Strawinsky, 1 dessin de Rodin, et fac-similé d'une couv. de la revue hors texte.

Montjoie ! Organe de l'impérialisme artistique français. Gazette d'art Cérébriste dirigée par Canudo : c'est ainsi que se présentait cette revue. Dans son "grenier" groupés autour de Canudo on pouvait voir Blaise Cendrars (c'est là que La Prose du Transsibérien fut présenté et lu pour la 1ère fois), Jacques Villon, André Salmon, Guillaume Apollinaire, Bakst, Erik Satie, Igor Strawinsky, Maurice Ravel, Marc Chagall, Valentine de Saint-Point, etc. Un témoignage et des documents (listes des articles publiés dans la revue), sur une revue d'avant-garde peu connue et dont les efforts furent brisés par la guerre de 1914.

Ames. Paris, 78, boulevard Saint-Michel, Les Poètes de la Renaissance du livre, 1918. In-16, 165 p., frontispice en guise de préface par Meitzinger, 163 p. : ill., couv. ill.


Gabriel-Tristan Franconi. Les Amis d'Édouard, N° 33. Abbeville : impr. de F. Paillart, (1921), In-16.

Ivoire au soleil : poème à trois plans concentriques. Paris : la Vie des lettres, 1922, 35 p.

Dessins sur les danses d'Isadora Duncan par André Dunoyer de Segonzac. précédés de La danseuse de Diane : glose de Fernand Divoire Paris : A la Belle édition, [ca 1920] [12] p.-pl. : ill., couv. ill

Orphée... Paris (78, boul. St Michel), 1922, 143 p. ; In-18 carré Les Poètes de la Renaissance du Livre

Marathon, épisode tragique en 2 parties... Paris, J. Hébertot, (1924). In-4, 36 p. Les cahiers dramatiques, 2e année. N° 20

Découvertes sur la danse, avec dessins de Bourdelle, de Rego Monteiro et A. Domin. Paris, les éditions G. Crès et Cie, 1924. In-8, 229 p. 226 p.-[35] f. de pl. : ill.

Le Symbolisme, son influence sur la poésie d'aujourd'hui par M. Fernand Divoire Paris, Cercle de la Librairie, 1924. In-8, paginé 91-107. Supplément à la Bibliographie de la France, n° 31, 1er août 1924. - A travers la Librairie et causeries françaises, 2e année

Stratégie littéraire. Paris, éditions Baudinière, 23, rue du Caire, 1924. In-16, 223 p.
Divoire, Fernand : Stratégie littéraire. Édition définitive augmentée d'une étude de Charlotte Rabette et d'un portrait de Berthold Mahn. Paris, Georges-Célestin Crès, directeur de la Firme les Arts et le Livre, 1929 (26 décembre.), in-8, XXXVIII-239 p. La Tradition de l'intelligence. 2e livre


L'homme du monde. Paris. Éd. du Sagittaire, Les cahiers nouveaux 15, 1925, 149-[4] p., 16 cm. Éd. originale, tirée à 850 ex. numérotés : 50 sur japon et 800 sur vélin de Rives. - Contient le fac-similé d'un fragment autographe du manuscrit.

Les Grands mystiques. Villiers de l'Isle-Adam, Léon Bloy, Huysmans, Péladan, etc. Paris, Cercle de la librairie (impr. de J. Dumoulin), (s. d.). In-8 (240 x 160), paginé 75-92. A travers la librairie. Causeries françaises. 3e année. 7e causerie, 15 mai 1925

Itinéraire. Poèmes avec parenthèses. Paris, libr. Stock, Delamain et Boutelleau, éditeurs, 1928. (19 juin.) In-8, 112 p. 171 p.

[Itinéraire ?] Ivoire au soleil, honnête organisation du monde, poème à trois zones concentriques, en manière de préface, qui fut désobéie. Parole. Ondes. Périphérie. Sans lieu, sans nom, sans date, (couverture manquante à l’exemplaire consulté), tampon à l’encre de l’imprimerie F. Paillart, Abbeville (Somme) / 11 Avril 1928. in-8 carré (17 X 18 cm), non paginé, 2 pages imprimées en vis-à-vis sont suivies de deux pages blanches. Le volume consulté est composé des placards d’imprimerie, avec des corrections manuscrites à l’encre. Itinéraire se compose de : Epigraphe japonaise. Itinéraire. Ivoire au soleil, honnête organisation du monde, poème à trois zones concentriques, en manière de préface, qui fut désobéie.

Pourquoi je crois à l'occultisme. Impr. Nouvelle ; Éditions de France, 1928. (22 novembre.) In-16, 125 p. 8 fr., 124 p. Collection 3 Leurs Raisons3

André Salmon, Geo London, Fernand Divoire. Roman d'un crime. Paris, Éditions des Portiques, (1928) In-16, 207 p.

Poèmes choisis. Préface de Paul Jamati. Portrait gravé sur bois par Alexandre Trétiakoff. Paris, impr. spéciale et éditions Eugène Figuière, (27 septembre 1932.) In-16, 163 p. Choix de poèmes. Collection publiée sous la direction littéraire de A. M. Gossez

Néant... paradis... ou réincarnation ? Paris, Impr. auxiliaire ; Dorbon aîné, 19, boulevard Haussmann. (S.M.), (23 janvier 1934.) In-16, 158 p.

Pour la danse. A Paris, Saxe, (1935). In-4, 392 p., bandeau, fig., pl.

Bertrand du Guesclin, conquérant de l'Espagne. Paris, Les Editions nationales, 1937. In-16, 253 p., pl., couv. ill. Edité par les laboratoires du Fosfoxyl

J'apporte la réponse. Paris, Jean-Renard ; (Tours, impr. de Arrault), 1943. In-16 (179 x 115), 185 p.

"Masques", Revue internationale d'art dramatique. n° 2 La Danse / Préf. de Serge Lifar Texte et commentaires de Fernand Divoire Paris : Masques, Revue internationale d'art dramatique, cop. 1948 87 p. : ill. ; 30 cm Réédition en 1951

Occultisme, casse-cou ! Paris, Dervy (impr. de M. Blondin), 1948. In-16 (205 x 135), 213 p.

Pour aujourd’hui deux poèmes en bonus :

Un extrait de Itinéraire. Ivoire au soleil : poème à trois plans concentriques. (voir la description du livre, sur lequel je reviendrais bientôt).


CENDRARS

CENDRES

Un petit tas de cendres derrière lui :
Paris
Klondyke, Japon, Sibérie
Amériques, filles noires, aventures…
Il reste une petite maison rose et une chienne blanche
des pensées pures,
un poignard propre qui rêve encore de sang,
un poignard
sur une cheminée de paysan.
Et rien d’autre ; rien que la poésie
qui peuple le vide lyrique d’une manche,
Que l’art.

L’ESSENTIEL

Une chienne blanche ; la chaux blanche sur les murs ;
le feu pour manger les meubles et les livres ;
et des coupures de journaux et des lettres
(Des temps passés du verbe Vivre,
des temps passés du verbe Être)
pour nourrir le feu pur.
L’essentiel seul :
La dernière chaise ou le dernier fauteuil.


Et, un poème publié dans Les Soirées de Paris, N° 12 et 13, 1913, Rédacteur en chef Guillaume Apollinaire.

ANGOISSE [1]

Ils parlent :

« Les étoffes collent aux cuisses,
« Hé ! je ressens le vénéfice.

« le ventre est vivant sous la soie,
« Pourquoi faut-il que je le vois ?

« Hé ! souffle brûlant, chair tendue…
« Seigneur, Seigneur, suis-je une âme perdue ?

..


« Un mauvais démon vit en moi,
« Qui me montre un désir du doigt.

« Inspire-moi. Le fuir d’un bond
« Pour le vaincre, pour être bon !

« Comment ? Je sais. Pousser ce mal essentiel
« A la fragilité de l’artificiel »

FERNAND DIVOIRE.

[1] Fragment.


En attendant la suite vous pouvez lire : Introduction à l'étude de la stratégie littéraire. Établissement de l'édition, notes et postface par Francesco Viriat. Éd. Mille et une nuits, La petite collection, 2005, 142 p.
Un petit livre drôle, vachard, sur les milieux littéraires, les revues, les salons, cercles, écoles, et les meilleurs moyens pour réussir à se faire une place dans la jungle des Gendelettres.
Ou trouver l'original :


Dans Livrenblog : Fernand Divoire Deuxième partie . Art et stratégie, de Divoire à Turpin. Anatole France autopsié par Cendrars, Divoire, Morand, Delteil... Faut-il devenir Mage ? La Malédiction des Enfants (Les proses rimées de l' "Urbs" : II). Fernand Divoire : Le Grenier de Montjoie !


7 commentaires:

SPiRitus a dit…

Très indispensable, cette bibliographie divoirienne. Encore un oublié - ou presque (grâce à Francesco Viriat). Avez-vous eu l'occasion de feuilleter son étude sur "le symbolisme et son influence sur la littérature contemporaine" ?
Amitiés

zeb a dit…

Il est possible que cette biblio ne soit pas tout à fait complète et je compte sur les lecteurs éventuels ainsi que sur des trouvailles nouvelles pour la compléter. Je n'ai pas lu l'étude sur l'influence du symbolisme, bien que le sujet me passionne. Divoire ne m'étant pas très familier, je n'avais pas repéré cette étude avant mes récentes petites recherches.
Amitiés.

Anonyme a dit…

Bon jour.

Savez-vous si Divoire eût une copine appellée Teresina ou Brésina (Berthe Brésina, peut-être), une danseuse italienne ou espagnole qui, semble-t-il, eût quelque succès à Bruxelles? (C'est probablement la femme de qui Picasso a fait un dessin l'année 1903.)

Merci!

zeb a dit…

Je ne vois pas. Mais l'appel est lancé !

Himba a dit…

Je retrouve dans la masse de lettres et poèmes des années 20 de mon aïeul, cette curieuse poésie écrite, à chaud semble-t-il et à identifier ou replacer dans son contexte (indices: Paul Ginisty Directeur de l'Odéon et auteur de Choses et gens de théâtre...)S'agit-il d'une tournée en province avec le groupe l'Ilôt sur la poséie Symboliste qui fut au programme...
Entre vous et moi
A Fernand Divoire
La salle est lisse de tous ses velours aux fauteuils plaqués,
L’orchestre est vide mais on voit la loge du Préfet et les réclames :
« Auverchin vend le meilleur marché »
Et sombres, des spectateurs poussent aux premières.
-Le temps est dehors et règne sans ferveur
Entre la place et la chaleur
Et c’est l’heure du train de Limoges.
Des routes vont loin sans le savoir
Il n’y a plus de paysage dit le théâtre qui est chauffé
Trois coups frappés font rentrer la pensée
-« N’oubliez pas le service s’il vous plait ! »-
Les yeux convergent, les réclames remontent :
On voit bien mieux que la loge du Préfet
Baille en montrant des chaises autoritaires
Et Fernand Divoire apparaît.

La barbe mord le visage, l’œil éblouit
Le crâne luit en pente douce
On voit la table et les souliers
Tout s’est tu ;
(La parole monte sur un geste aigu
Et la poésie tombe intermittente)
C’est un défilé de voitures officielles
Rollinat, Bauville et Samain – Il est dix heures, le train repart
L’esprit rêve à quelque chose qui ne serait pas.
Il fait plus nuit que tout à l’heure.
Mon voisin dit : « Quel gouffre »… Je ne sais pas…
La loge du Préfet n’a pas refermé la mâchoire.

Soudain,
Plaintes sur le Vardar :
La salle avance sur les genoux
Et comme avant l’acte d’amour,
J’ai tâté le cœur à sa place
Fernand Divoire est arrivé.
Nuit ! Décroissance du jour,
Nuit, sous le bienfait des étoiles
Nuit protectrice de la boue…
Je sens grandir ma souffrance
Au long des parois du Vardar.
Tant de plaintes inentendues
Qui n’attendaient que le poète
Toute la vie inspiratrice
Faite des vies oubliées.
« J’ai faim – j’ai soif –
« As-tu du tabac dans ta trousse
Tiens vieux !
C’est un projectile qui arrive
Et la voix de Ginisty
Qui s’est vidé de ses entrailles-
Ah ce fut une belle bataille.
« Il dit vraiment très bien… »
C’est vrai
Les spectateurs ont allumé leurs bras d’applaudissements
Comme une certitude, la salle luit
Fernand Divoire est incliné
On ne voit qu’après la loge du Préfet.

Maxime NEMO – 1922
(Fondateur de « l’Ilôt » 1888-1975)

zeb a dit…

Merci de nous faire partager vos recherches et surtout ce poème de circonstance qu'il faudrait remettre dans son contexte.
Bien à vous et grand merci.

Henri-Floris Jespers a dit…

Toutes informations concernant les activités de Divoire sous l'Occupation à Bruxelles sont les bienvenues. Je conserve un exemplaire d'Itinéraire, avec un envoi au docteur Jean Vinchon. Je recherche des sources documentant leurs relations. IL en est de même concernant Jacques Morienval, dont je possède l'exemplaire dédicacé par Divoire du Choix de poèmes.