
samedi 16 juillet 2011
Editions du Sandre : la librairie.

mercredi 22 juin 2011
Scripsi N° 9. Le Livre d'occasion.

jeudi 2 juin 2011
Libraires : catalogues.

lundi 30 mai 2011
Roger Gilbert-Lecomte et Léon Pierre-Quint : Correspondance 1927-1939.
Vient de paraître.

vendredi 6 mai 2011
Rouveyre par Mécislas Golberg. 1905

L'Album de la Comédie française
(Flammarion éd.)On dit Rouveyre, comme on dit Abel Faivre. Il y a des personnalités à noms, à prénom, à noms et à prénoms. Il y a aussi celles à qui on donne fatalement une particule et à d'autres le nom de Monsieur...On dira toujours Victor Hugo et Racine, on ne pourra ne pas dire M. Taine et de Montesquieu, cependant qu'on annonce Jean-Jacques.Ce sont des nuance que régit une loi mystérieuse de la musique des mots et des caractères.Rouveyre – tout simplement – a l'air à la fois familier et inquiétant. On croit les posséder ce nom et cette personnalité et ils fuient, inexplicables, tous les deux.J'ai connu Rouveyre au quartier Latin. Il était encore rapin avec des souvenirs de l'Ecole et le léger débraillé d'une toute légère fronde.D'aspect endormi, il avait l'air d'être un passant désabusé. Il faisait des dessins simples et naïfs. En le voyant, on était étonné de son manque absolu d'intrigue et d'agitation qui rendent si matadors les futurs maitres du crayon, de la Butte à la Fontaine Médicis.Rouveyre paraissait discret, aimable et d'un crayon paresseux. Je ne l'ai jamais vu prendre un croquis. On regardait, en rôdant, un peu partout : Concert Rouge, musique du Luxembourg ou Lamoureux.Rouveyre parfois indiquait une tête. Elle paraissait, au premier coup d'oeil, vulgaire et sans intérêt. Mais en la dévisageant plus attentivement, on s'apercevait qu'il a su la distinguer et qu'il a fait... une trouvaille.Je l'ai revu après une grave maladie. Il était toujours souriant, indolent et indifférent. Il a vécu cependant ; il a souffert ; il a coudoyé l'abîme et le néant. Rien ne trahissait la bourrasque.Il continuait aussi ses dessins. On pouvait croire que cet indolent amateur se désintéressait de son art. On pouvait supposer que son dessin n'était qu'une oeuvre de hasard et de moment.Rouveyre souriait ! D'autres, avec des allures de Delacroix, des rêves de « Grand Art », des discussions sur « les arts » sont devenus des fournisseurs du Marais, des catalogues de mode, ou bien des employés placides de mairie.Rouveyre continue sa route, sans tension, sans phrases, et publie ses croquis de caractère dans les grands quotidiens et les illustrés. Son art se précise et se détache de plus en plus de la pénombre. Enfin son volume « 150 caricatures théâtrales », paru en 1904, le classe parmi les Maîtres du crayon.Je suis resté étonné de la silencieuse promenade de ce jeune X qui, avec des airs détachés et des allures de dilettante a su construire un art de dessin, solide et très humain.C'est avec intérêt et une vraie inquiétude que j'attendais son nouveau volume « L'Album de la Comédie Française ».Je savais déjà le caractère précieux de sa façon de travailler. Il me paraissait une sorte de Docteur Doyen, moins les cinématographes. Il a fait si doucement et en « gant perle » les plus graves opérations de la vie humaine, de sa propre vie. Il a su ne pas se donner des airs spécieux devant l'existence qui cependant le préoccupe beaucoup, ni devant l'art qu'il aime profondément.Il les traite tous les deux en rares bibelots qu'on prend en souriant, délicatement et qu'on dépose dans un coin, avec un regret et une très tendre mélancolie.L'art compris de cette façon vient du caractère même de Rouveyre, de sa conception artiste... consciente ou non – qu'en sais-je ? À la façon grecque.Bon gré, mal gré, je l'ignore – dis-je ; il voulait être un grand dilettante de la « modernité » et il est arrivé à créer un art de notation, précise et humaine.Le dessin est devenu, à un certain moment, un réquisitoire en courbes folles contre dos voûtés, gros nez, lippes, ventres veules.Le dessin était devenu un hoquet ou... un programme.La notion même de l'homme était déformée.L'odieux et le laid se posaient comme principes de la ligne et du crayon.Rouveyre en bon touriste qui cueille un aimable bouquet de fleurs et de souvenirs, est retourné à la bonne tradition. Il ne veut ni railler, ni améliorer.Indolent, il ne tient pas à creuser la pauvre âme humaine, à la tirailler.Souriant, il ne veut pas s'attrister en portant le fardeau des grands maux et des colères farouches. Oui ! Certainement, pense-t-on en feuilletant ses albums, les hommes sont souvent laids, parfois niais, parfois méchants, cela importe-t-il ? C'est du petit vice ! Qui n'empêche ni les femmes d'être belles, ni le jour d'être clair. Au fond de tout demeure le propre de la nature humaine, la vie qui est vertu par elle-même.Feuilletez cet Album de la Comédie !Le gros Silvain a un bon regard. On sen une plasticité merveilleuse chez Claretie ou son ombre. Le Bargy, doucement niais – juste ce qu'il faut pour avoir « la certitude » - a des attitudes vraies et généreuses.Mounet-Sully qui incendie son front par lz feu de ses prunelles est un brave coeur qui croit à son art. On pressent d'intimes qualités d'ordre et de volonté chez Sorel, des notions précises chez Bartet... L'ensemble des évocations se termine par le portrait de Mlle Lecomte, une vision de fraîcheur et de simplicité.La série de ces comédies déformés par leur art, par leur vie d'apothéose de papillon et de ténèbres de coulisse, est un beau plaidoyer pour la pauvre nature humaine qui malgré tout reste naïve, sincère et de bon aloi.Voici la grande découverte faite par Rouveyre !Il a fait entrer le dessin dans le cercle des choses normales et vraies ; il l'a attaché à la tradition de Callot. Et, chose merveilleuse, il est arrivé à ce résultat sans s'essouffler, sans acquérir une ride ; il y est arrivé sans effort apparent, avec l'air de flaner dans cette vie pour « tuer le temps ».
Octobre 1905.Mécislas Golberg.
Revue Littéraire de Paris et Champagne, N° 34, janvier 1906.
mercredi 30 mars 2011
Trois poèmes de R. de Gourmont dans La Tradition (1888-1889)
Nous connaissons le goût de Remy de Gourmont pour la poésie populaire, le chapitre qu'il lui consacre dans l'Esthétique de la langue française (1) en témoigne. Les trois « chansons » qui suivent furent publiées, entre Merlette (1886) son roman de jeunesse et Sixtine (1890) le roman symboliste, bien avant ses articles dans La France Moderne ou l'Ymagier. Elles figurent dans La Tradition, Revue générale des contes, légendes, chants, usages, tradition et arts populaires (2), entre février 1888 et mai 1889. A cette époque Gourmont considère que les efforts et recherches des symbolistes mènent à la perte de la clarté et du bon sens. Lui qui deviendra bientôt le pourfendeur du « bon sens » et qui niera l'obscurité de Mallarmé (3). Déjà ces "chansons" et leur présentation annoncent ses travaux futurs sur le vers, et les tentatives qu'il fit pour trouver dans la poésie populaire des "effets nouveaux".
(1) Esthétique de la langue française La déformation. La métaphore. Le cliché. Le vers libre. Le vers populaire. Mercure de France, 1899. Voir aussi : La poésie populaire dans La France Moderne, N° 62 du 3 juillet 1892, première mouture du chapitre de l'Esthétique, ainsi que De la poésie populaire, l'Ymagier, 1896.
(3) « il serait absurde de supposer qu'il est incompréhensible » Mallarmé in Le Livre des Masques.
Le Moulin qui moud de l'amour
Il n'est pas impossible, peut-être, pour un poète, d'imiter l'inimitable chanson populaire, c'est-à-dire de s'approprier par l'étude cette poétique particulière à laquelle obéissent, sans en avoir conscience, les auteurs anonymes des chansons.
A opposer à l'extrême recherche des Parnassiens et des Symbolistes, également stériles, où s'abolit la clarté et le bon sens, on trouverait dans la simplicité nécessaire à la forme populaire plus d'un effet nouveau.
On dira si cette tentative est originale ou seulement bizarre.
Remarquons que tous les sujets peuvent être traités en vers rythmiques et assonnancés. L'assonance, avec ou sans refrain, supporte parfaitement le lyrisme ; j'essaierai de le prouver un jour. C'est d'ailleurs une théorie sur laquelle je me réserve de revenir tôt ou tard plus au long.
Cette chanson est imitée d'un thème suédois.Le Moulin qui moud de l'amour
Je connais un joli meunier,
O violette,
La violette double, double,
La violette doublera.
Je connais un joli meunier,
Je l'ai choisi pour bien-aimé,
Je l'ai choisi pour bien-aimé.
S'il refuse ma blanche main,
O violette,
La violette double, double,
La violette doublera.
S'il refuse ma blanche main
Je me laisserai mourir de chagrin,
Je me laisserai mourir de chagrin.
- Belle, ma belle, comptez sur moi,
O violette
La violette double, double,
La violette doublera.
Belle, ma belle, comptez sur moi,
Je ne vous délaisserai pas,
Je ne vous délaisserai pas.
Voyez mon beau moulin, là-bas,
O violette,
La violette double, double,
La violette doublera.
Voyez mon beau moulin, là-bas,
Qui tourne, tourne au gré de l'eau,
Qui tourne, tourne au gré de l'eau.
Belle, ma belle, nuit et jour,
O violette,
La violette double, double,
La violette doublera.
Belle, ma belle, nuit et jour,
Mon beau moulin moud de l'amour,
Mon beau moulin moud de l'amour.Remy de GourmontLa Tradition, N° 2, 15 février 1888 (pp. 55)La Ballade des cheveux blonds
La belle aux cheveux blonds
Tristement s'éveilla,
O joli rosier blanc,
La belle aux cheveux blonds
Tristement s'éveilla.
« La belle aux blonds cheveux
Voulez-vous bien m'aimer ?
O joli rosier blanc,
La belle aux blonds cheveux
Voulez-vous bien m'aimer ?
Si bleus sont vos yeux bleus,
Si blonds vos cheveux blonds,
O joli rosier blanc,
Si bleus sont vos yeux bleus,
Si blonds vos cheveux blonds,
La belle aux blonds cheveux
Prenez-moi pour mari,
O joli rosier blanc,
La belle aux blonds cheveux
Prenez-moi pour mari,
- Taisez-vous, je vous prie,
Je ne puis vous entendre,
O joli rosier blanc,
Taisez-vous, je vous prie,
Je ne puis vous entendre,
Je donnerai ma main
A mon ami qui m'aime,
O joli rosier blanc,
Je donnerai ma main
A mon ami qui m'aime,
- Votre ami qui vous aime
Ne reviendra jamais
O joli rosier blanc,
Votre ami qui vous aime
Ne reviendra jamais.
- S'il ne revient jamais,
Je garderai ma main
O joli rosier blanc,
- S'il ne revient jamais,
Je garderai ma main.
- Vous m'aimerez aussi,
Moi je suis bien plus riche,
O joli rosier blanc,
Vous m'aimerez aussi,
Moi je suis bien plus riche.
- Vous êtes bien plus riche,
Il est bien plus joli,
O joli rosier blanc,
Vous êtes bien plus riche,
Il est bien plus joli. »
Arrive un messager
Au galop de son cheval,
O joli rosier blanc,
Arrive un messager
Au galop de son cheval.
« Madame, madame, pleurez
Celui que vous aimez,
O joli rosier blanc,
Madame, madame, pleurez
Celui que vous aimez.
« Pleurez, car il est mort,
Est mort et trépassé,
O joli rosier blanc,
Pleurez, car il est mort,
Est mort et trépassé. »
La belle aux cheveux blonds
Est sortie en pleurant,
O joli rosier blanc,
La belle aux cheveux blonds
Est sortie en pleurant,
S'en va dans le jardin
Tout fleuri de jasmins,
O joli rosier blanc,
S'en va dans le jardin
Tout fleuri de jasmins.
Tout fleuri de jasmins.
De jasmins et de roses,
O joli rosier blanc,
Tout fleuri de jasmins,
De jasmins et de roses.
Par ses beaux cheveux blonds
Le chevalier l'a prise,
O joli rosier blanc,
Par ses beaux cheveux blonds
Le chevalier l'a prise.
Par ses cheveux l'attache
Au pommeau de la selle,
O joli rosier blanc,
Par ses cheveux l'attache
Au pommeau de la selle.
Elle a beau se défendre,
L'emporte au grand galop,
O joli rosier blanc,
Elle a beau se défendre,
L'emporte au grand galop.
Mais voilà que ses frères
Se mettent à sa poursuite,
O joli rosier blanc,
Mais voilà que ses frères
Se mettent à sa poursuite,
Tout le long de la forêt
Ont retrouvé ses traces,
O joli rosier blanc,
Tout le long de la forêt
Ont retrouvé ses traces.
Les cailloux du chemin
Sont tout tachés de sang,
O joli rosier blanc,
Les cailloux du chemin
Sont tout tachés de sang.
Les cailloux du chemin,
La mousse et l'herbe aussi,
O joli rosier blanc,
Les cailloux du chemin,
La mousse et l'herbe aussi.
Ils entendent ses plaintes :Remy de Gourmont dans Livrenblog : Réponse à l'enquête de La Critique. Remy de Gourmont occultiste ? Francis Poictevin par Félix Fénéon et Remy de Gourmont . Mécislas Golberg contre Remy de Gourmont : Orthodoxie Symboliste. La Force des choses de Paul Margueritte par Remy de Gourmont et Jules Renard. Leurs Rêves : Remy de Gourmont, Rachilde. Remy de Gourmont : Sur Rimbaud.Remy de Gourmont : Sur Lautréamont. L'Art d'écrire : Gourmont / Albalat. Fagus : Remy de Gourmont critique. Remy de Gourmont dans la Revue Biblio-Iconographique : Première partie : 1896 et 1897. Deuxième partie : 1898. Troisième partie : 1899. Quatrième partie : 1900.Cinquième partie :1901. Sixième partie : 1902. Septième partie : 1903. Huitième partie : 1904. Neuvième partie : 1905, 1906 et 1907. Simone, illustrée par d'Espagnat. Mélodie, sur des vers de Verlaine.
« Frères, mon heure est venue !
O joli rosier blanc,
Ils entendent ses plaintes :
« Frères, mon heure est venue !
Courez sur vos chevaux,
Faites-moi venir un prêtre,
O joli rosier blanc,
Courez sur vos chevaux,
Faites-moi venir un prêtre.
Et quand je serai morte,
Bien morte et trépassée,
O joli rosier blanc,
Et quand je serai morte,
Bien morte et trépassée,
Coupez mes cheveux blonds,
Qu'ils n'aillent pas en terre,
O joli rosier blanc,
Coupez mes cheveux blonds,
Qu'ils n'aillent pas en terre,
Voir La Tradition du 15 février. - Le thème de cette ballade est pris du suédois.Remy de GourmontLa Tradition, N° 11, 15 novembre 1888 (pp. 348 à 350)Ballade des trois têtes
Il y avait trois jolies filles,
Qui s'en allaient en robe fine,
Trois jolies filles en robe fine.
Quand vint le soir, ont dormi seules,
On dormi seules dessous la feuille,
Trois jolies filles seules sous la feuille.
Sur trois chevaux tout blancs montées,
Dire leurs pêchés s'en sont allées,
Trois jolies filles, dire leurs péchés.
Trois hommes passèrent : Soyez nos femmes,
Ou vous perdrez vos jeunes âmes,
Trois jolies filles, trois jeunes âmes.
Las ! Nous perdrons nos jeunes âmes,
Nous ne serons pas vos trois femmes,
Trois jolies filles, trois jolies femmes.
Tomba d'abord la plus jeunette,
Trois coups de sabre pour les trois têtes,
Trois jolies filles, trois jolies têtes.
Sous l'herbe où les trois têtes tombèrent,
Bientôt coulèrent trois sources claires,
Trois jolies filles, trois sources claires.Remy de GourmontLa Tradition, N° 26, 15 mai 1889 (pp. 151)
mardi 29 mars 2011
R. de Gourmont : Mélodie, sur des vers de Verlaine.

Mercure Musical, N° 4, 15 février 1906 (pp. 150)
dimanche 27 mars 2011
Remy de Gourmont Simone, poème champêtre. Illustrations de Georges d'Espagnat
Simone, poème champêtre de Remy de Gourmont illustré de compositions inédites de Georges d'Espagnat dans le Mercure Musical :
I. Les Cheveux (N° 9, 1er Mai 1906)
II. L'Aubépine (N° 10, 15 Mai 1906)
III. Le Houx (N° 11, 1er juin)
IV. Le Brouillard (N° 12, 15 juin 1906)
V. La Neige (N° 13, 1er juillet 1906)
VI. Les Feuilles mortes (N° 14, 15 juillet 1906)
VII. La Rivière (N° 15-16, 15 août 1906)
VIII. Le Verger (N° 17-18, 15 septembre 1906)
IX. Le Jardin (N° 19-20, 15 octobre 1906)
X. Le Moulin (N° 21-22, 15 novembre 1906)
XI. L'Eglise. (N° 23-24, 15 décembre 1906)
Au Lecteur
Musique est soeur de Poésie. Aussi jugeons-nous équitable de proposer à l 'admiration des musiciens, et, peut-être, à leur inspiration aussi, les plus beaux rythmes de nos poètes. Nous devons une particulière reconnaissance à l'écrivain illustre qui nous a confié Simone, rare et précieuse plaquette aujourd'hui introuvable, et qui s'orne ici de compositions inédites de Georges d'Espagnat.
Annonce dans le numéro du 15 juin 1907 page 676 :
Vient de paraître :
Simone, poème champêtre de Remy de Gourmont (publié par le Mercure Musical en 1906) ; 11 compositions de Georges d'Espagnat, fleurons, culs-de-lampe. Un vol. in-4° tiré à 200 ex. sur papier d'alfa : 3.50 ; et à 10 ex. sur chine : 8 fr. Paris, librairie du Mercure de France, 26, rue de Condé.
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