vendredi 10 juillet 2009

BIBLIOGRAPHIE DE LA REVUE LE BEFFROI (4e partie)


BIBLIOGRAPHIE DE LA REVUE LE BEFFROI (4e partie)





6e série, année 1905

Fascicule 51, janvier [février] 1905
Manifeste contre la réforme de l'orthographe. Philéas Lebesgue : L'Orthographe. Francis Vielé-Griffin : La Voix des Peupliers. Franz Ansel : Les Robes qui passent. Léon Deubel : Sommeil. Paul Castiaux : Chevauchée. Jules Mouquet : O Nuit. Théo Varlet : Rêve. Francis Eon : Les Troupeaux rentrent. Emile Cornet : Incantation. Guy Lavaud : La Sagesse et la Destinée.
Les Poèmes par Léon Bocquet.

Fascicule 52, mars 1905
Charles Guérin : Vers. Floris Delattre : La Voix des ancêtres. Emile Bernard : Sur quelques points de peinture. Théo Varlet : Ionium Mare. Amédée Prouvost : Dans le Bois d'oliviers. Léon Bocquet : Un poète nouveau : Roger Allard. Louis Pergaud : La Vigne de l'Auvent. Léon Deubel : Deux sonnets. P.-M. Gahisto : Sous-bois.
Les Romans par Léon Bocquet, L'Exposition des Artistes lillois par Maurice Gossart.

Fascicule 54 (sic), avril 1905
Emile Verhaeren : Printemps. Stuart Merrill : A Emile Verhaeren. René d'Avril : Esthétique. Paul Castiaux : Siegfried. Phileas Lebesgue : L'Orthographe nouvelle.

La Réforme de l'orthographe : opinions de Paul Adam, Marcel Batilliat, Marcel Boulenger, René Boylesve, J. Ernest-Charles, Auguste Dorchain, Edouard Ducoté, Fagus, Gyp, Urbain Gohier, Nicolette Hennique, Jean de la Hire, Eugène Hollande, Emile Langlade, Sébastien-Charles Leconte, Henri Maubel, Francis de Miomandre, Florian Parmentier, Louis Payen, Georges de Peyrebrune, Joseph Rapine, Léon Riotor, Théo Varlet.

Georges Perrin : L'Invisible Amie. Emile Cornet : Des Pétales dans le silence. Edgar Malfère : Violon. J.-H. Lhotte : Deux poèmes.
Lettre sur la littérature Russe par Valère Brussov, Les Poèmes par Léon Bocquet, La Revue des Revues par Roger Allard.

Fascicule 55, mai 1905
Fernand Gregh : Poèmes. Léon Deubel : Tercets. Marie Weyrich : Les Images de la mort. Roger Allard : Sur deux poètes. Jules Mouquet : Idylle. Guy Lavaud : Le Roseau vert. Louis Pergaud : Le coucher du Coq. T. Pelleau : Dames d'automne. A. Van Bore : Le Mal de Rêve (I à IV).
Les Poèmes par Léon Bocquet, La jeune littérature en Belgique par Théo Varlet.


Fascicule 56, juin 1905
Marie Dauguet : Printemps. Henri Duhem : Une Visite chez Rodin. Amédée Prouvost : Au Soleil de midi. A. Van Borre : Le mal de Rêve (fin). Emile Bernard : Deuil. Pierre Fons : Une Epopée Philosophique.
Les Critiques par Léon Bocquet, Le Théâtre publié par Roger Allard.


fascicule 57, juillet 1905
Ctesse de Noailles : Soir en été. Henri Delisle : Odelette. Franz Ansel : Laissons entrer la nuit. Théo Varlet : Deux poètes [Paul Castiaux, Floris Delattre]. Roger Allard : Eglogue. Paule Riversdale [Renée Vivien] : La Vengeance du manteau (conte japonais). Félicien Fagus : Tempo di Rubato. Henri Gadon : Devant la plaine. Armand Dehorne : Qu'importe. Jules Mouquet : Albert Samain et son biographe.
Les Romans par Léon Bocquet

Fascicule 58, août 1905
Gustave Kahn : Devant un vieux Portrait. Ernest Gaubert : Les Roses latines. Renée Vivien : Le Jardin potager (nouvelle). Roger Frêne : Deux poèmes. Paul Drouot : Le Soir tombe. Louis Pergaud : Matin de Chasse. P.-M. Gahisto : La Crue (Nouvelle). Edgar Malfère : Le vieux Faune. Amédée Prouvost : Poèmes. Philéas Lebesgue : Littérature étrangère (traductions). Ch. Clarisse-Schmidt : Un roman Nietzschéen [Le Serpent noir de Paul Adam].
Les Poèmes par Léon Bocquet.


Fascicule 59, septembre-octobre 1905
Cécile Perrin : Je ne veux rien de plus... Pierre de Bouchaud : La Fuite. Théo Varlet : La Belle amour. S.-Ch. Leconte : Pourquoi nous sommes graves. Jules Mouquet : Idylles. Emile Bernard : Contes trouvés dans un puit. Paul Légereau : Automne. Georges Périn : Le Jardin. Guy Lavaud : Symboles. Pierre Fons : Poèmes. Léon Deubel : Le Poème du clocher. M. de Béarn : ??.
L'exposition Albert Besnard par Henri Duhem, Les Romans par Léon Bocquet.


Fascicule 60, novembre 1905.
Floris Delattre : Musique au soir tombant. Paul Castiaux : Canal Flamand. Amédée Prouvost : Poèmes. Théo Varlet : Le dernier Satyre. Louis Pergaud : Le Silence. Paul Simonnet : Poèmes de Juillet. T. Pelleau : Bal de Novembre. Gaston Geraubias : Le Berger présomptueux. Franz Hellens : Coin de Béguinage.
Critiques et Philosophes par Léon Bocquet.


Fascicule 61, décembre 1905
Jean Moréas : « Iphigénie » au Stade d'Athènes. Roger Allard : Epitre à Jules Mouquet. Théo Varlet : Sonnets. Arthur Symons : Le Dernier livre d'Oscar Wilde (traduit par Edouard et Louis Thomas). Francis Eon : Art poétique. Jules Mouquet : Deux épigrammes. Hélène Picard : Pleurs. Alexandre Arnoux : La Chambre et le Verger. Jean Martineau : Folle et mouvante mer. Pierre Lestienne : Victoire d'Âmes. Emile Bernard : Le Pays inconnu. Georges Périn : Air de Là-bas. Louis Dumont : Stoïcisme. Table.



BIBLIOGRAPHIE DE LA REVUE LE BEFFROI (1ère partie)
BIBLIOGRAPHIE DE LA REVUE LE BEFFROI (2e partie)
BIBLIOGRAPHIE DE LA REVUE LE BEFFROI (3e partie)

jeudi 9 juillet 2009

SCRIPSI N° 4-5. Remy de GOURMONT : Dialogues oubliés



SCRIPSI N° 4-5


C'est, bien entendu, dans le Mercure de France que parurent les "Dialogues des Amateurs" de Remy de Gourmont. Les discussions de M. Desmaisons et de M. Delarue, portent sur l'actualité, elles portent un regard ironique sur les "Choses du temps". Christian Buat, Amateur plus qu'averti, s'apercevant que quatre dialogues de 1909 et un de 1905 (le premier paru en revue), ont été omis lors de la publication en volume (1), les reproduit dans son Bulletin du site des Amateurs de Remy de Gourmont.
Le premier dialogue porte sur la poésie symboliste et la bibliophilie - "Quelle époque curieuse ! On en écrira des volumes, dans cinquante ans, sur ce moment de la littérature française [..]". Le suivant sur la pluie, qui non seulement "entrave la promenade des imbécile", est propice à la lecture, mais par son illogisme est un bienfait pour la pensée - "[...] elle nous enseigne l'illogisme, réparant ainsi, pour qui sait en profiter, les sotes métodes des professeurs qui vieillissent à nous apprendre la logique de la vie." C'est ensuite la Tradition et les traditionalistes qui sont malmenés, la "grande tradition", celle des nationalistes -"Le passé, solidement assis dans l'histoire, les rassure comme un lion empaillé". Le temps qu'il fait étant un sujet toujours d'actualité, après la pluie, c'est de la température, et des voyages qu'elle entraîne en été, dont s'entretiennent nos deux compères. Les "moeurs" et la police chargé de réprimander les mauvaises, donne un dialogue savoureux où Gourmont dénonce cette institution comme purement chrétienne et inquisitoriale -"Police des moeurs ! Ah ! que nous sommes bien dans un pays où il y a des millions d'anti-cléricaux et pas trois douzaines d'anti-chrétiens ! Les moeurs, ils veulent qu'il y en ait de deux sortes, des bonnes et des mauvaises, et ils savent, du premier coup, faire la distinction."
La ferveur gourmontine ne connaissant pas de frontières, grâce à Antonio Henriquez la suite de ce bulletin est toute ibérique. Avec d'abord, Eduardo Gómez de Baquero, alias Andrenio, et son dialogue entre El Sr García et El Sr González, et Andrés González-Blanco tous deux inspirés par Gourmont, puis une traduction en espagnole d'un dialogue paru dans le Mercure.
Le quatrième de couverture reproduit un article de Jules Cases sur les deux dialoguistes, extrait de Tablettes littéraires, recueil parut en 1909 chez Ollendorff.
Des inédits, des textes rares, un choix judicieux d'illustrations, et l'ex-libris de Remy de Gourmont sur feuille volante, un bon crus de plus que ce 4me et 5me Bulletin du site des Amateurs de Remy de Gourmont.

(1) Dialogues. Mercure de France, 1907. Nouveaux dialogues des Amateurs sur les choses du temps. Mercure de France, 1910.

Pour commander :

siteremydegourmont@orange.fr
http://www.remydegourmont.org/

Sur Livrenblog :

GOURMONT. NIGOND. W. C. MORROW. et les autres (Bulletin N°0)
SCRIPSI n° 1 Bulletin du site des Amateurs de Remy de Gourmont
SCRIPSI n° 2 Bulletin du site des Amateurs de Remy de GOURMONT
SCRIPSI N° 3 se présente



mercredi 8 juillet 2009

Un "figurant" de la scène littéraire : Armand Charpentier



Je donnais il y a peu un portrait littéraire de Félix Fénéon par Armand Charpentier, la lecture du chapitre de Né en 76 de Francis Jourdain (1), consacré aux « utilités », « comparses » et « figurants » gravitant autour des « premiers rôles » du Grenier Goncourt, nous renseigne un peu plus sur le laborieux Charpentier :

« Si la camaraderie explique l'accueil cordial fait, dans un milieu très fermé, au sympathique Gustave Toudouze ou à François de Nion, elle ne joua assurément pas en faveur d'Armand Charpentier dont personne ne se souciait le moins du monde ; et le malheureux était bien trop maladroit et lourd pour que l'on puisse parler d'intrigue. Sa présence au Grenier était une victoire de la force d'inertie, le résultat de la ténacité. Qui eût pu dire pourquoi et comment il se trouvait là ? Son assurance prêtait à sourire ; l'innocence de ses truismes prêtait à rire. Ses gaffes avaient l'avantage (?) de rappeler une existence que, faute d'elles, on eut oubliée. Employé de ministère comme maints écrivains, mais, lui, sans talent, Charpentier s'était, d'après quelques clichés trouvés dans de mauvais livres, tracé de l'homme de lettres une image naïve à laquelle il s'efforçait de ressembler et dont les éléments essentiels se trouvaient réunis dans le « papier » (rédigé par lui-même, sur lui-même, sous le couvert de l'anonymat) inséré dans un périodique complaisant et discret. Armand s'y montrait « portant le monocle plus par fantaisie que par myopie ». Jobard à l'allure sceptique, faisant le fendant, heureux de jouer au boulevardier, à l'habitué des salles d'armes, de rédaction et de théâtre, il était tout entier dans la fallacieuse aisance avec laquelle, d'un geste exagérément désinvolte, il faisait tourner autour de son index, le cordon du fameux monocle, emblème de son parisianisme. On n'eût trouvé dans ce coeur simple aucune trace de méchanceté, mais celle de l'amertume que provoquait une série d'insuccès. Il se consolait cependant, se rangeant au nombre des grands incompris, depuis toujours outragés par les béotiens.
Pour que ce classement fut justifié et cette consolation tout à fait efficace, quelques outrages eussent évidemment été opportuns. Hélas ! Les béotiens se taisaient. Les Athéniens aussi, d'ailleurs. Un beau jour, sous la signature de cette vieille bête de Sarcey, parut cependant un compte rendu désobligeant d'un livre de Charpentier. Enfin ! La Béotie bougeait ! Ravi, Charpentier fit circuler sur les grands boulevards un pauvre clochard à barbe grise et sale, portant sur le dos et l'estomac de petites affiches assez semblables aux pancartes d'appartements à louer. Elles portaient cette injonction motivée : « Lisez Le Roman d'un singe !... Sarcey l'a éreinté !! ». Cette trouvaille publicitaire fut sans effet. Pour rendre l'histoire plus attendrissante, Alphonse Daudet assurait que l'homme-sandwich était le propre père de l'infortuné romancier.
Il tâta de la politique. L'ayant entendu tenir des propos du plus pur individualisme anarchiste, les chers confrères s'étonnaient de voir le cher ami se présenter à la députation avec l'étiquette radicale. « Assez de ratages ! Expliquait-il ingénument ; j'ai dans ma carrière littéraire, essuyé suffisamment d'échecs pour être, en politique bien décidé à ne pas recommencer. Je ferai ce qu'il faudra pour réussir ». Il ne réussit pas, s'entêta, récidiva, ne connut que des vestes. Pourquoi ?... Il en valait bien d'autres. Et il sut aussi bien que le maître-à-penser, que l'académicien Maurice Barrès pousser avec émotion le cri cent fois répété : « Vive Neuilly-Boulogne !» ou « Vive le Premier Arrondissement !» (A vrai dire, je ne jurerais pas que ce n'ait pas été pour Billancourt ou le Troisième arrondissement que Charpentier se soit senti pris d'un subit et sincère enthousiasme.)
La fréquentation des réunions électorales donna au black-boulé l'habitude de la parole en public et une absolue confiance en ses dons oratoires. Durant l'affaire Dreyfus (n'ai-je pas dit qu'il était honnête et bien intentionné ?), il servit la cause de la Justice ; pas un banquet n'eut lieu – que ce fût pour fêter Tailhade ou pour honorer la mémoire de Balzac – sans que l'auteur du Roman d'un singe ne se levât pour prononcer un discours qu'il lardait des noms de Zola, de Picquart, de Trarieux, de Laborie, de Bernard Lazare, de toutes nos vedettes. Après chacun de ces noms, il ajoutait immanquablement : « ... Auquel vous me permettrez bien d'adresser un salut fraternel ». les applaudissements témoignaient de l'empressement avec lequel cette permission était accordée, si fréquemment qu'elle fût sollicitée. Il arrivait à Charpentier d'abuser ; à la six ou septième demande, les bravos étaient moins frénétiques, se nuançaient d'une ironie bonne enfant. Grâce à Charpentier, nous entrions en récréation ; au vestiaire, en remettant chacun son pardessus, on échangeait des sourires : « Sacré Charpentier ! » disait-on, au fond assez content du moment de détente qu'on lui devait. »


(1) Francis Jourdain : Né en 76. Editions du Pavillon, 1951
Le premier volume de souvenir de Francis Jourdain, peintre, écrivain, critique d'art, décorateur, artisan d'art, militant d'abord anarchiste, puis pour la paix, il fut proche de Romain Rolland. Son père, Frantz Jourdain, fut l'architecte de la Samaritaine, défenseur des impressionnistes, ami de Monet, batailleur, disciple de Jules Vallès, ennemi du conformisme et de l'académisme, il fréquentait le grenier des Goncourt et dirigea le Salon d'Automne, on le retrouve avec ses amis dans les souvenirs de Francis, tout comme son « oncle Gaston » peintre méconnu, mort jeune. Maurice Thomas (futur Maurice Tourneur), Maurice Cremnitz furent des camarade de Francis au lycée Condorcet. La maison de Daudet à Champrosay fut pour lui un terrain de jeu, avec pour camarade Lucien Daudet. Tout en se préparant au baccalauréat, Francis devint critique d'art à La Vie Moderne, il fréquente alors toutes les expositions avec Cremnitz, Louis Rouart et le peintre Launay. C'est en découvrant la galerie Le Barc de Bouttevile et la dernière génération des peintres modernes (Bonnard, Vuillard, Lautrec, etc) qu'il rencontre son grand ami, son frère, Léon-Paul Fargue (« Fargue... ce nom-là est le nom même de ma jeunesse »). Un chapitre est consacré aux jeunes peintres (Emile Bernard, le père Tanguy, Van Gogh, chez Le Barc de Boutteville, Ibels, Lautrec, etc), un autre au Grenier Goncourt. Francis Jourdain nous fait aussi découvrir "Ses patrons" : Carrière, Besnard, Jean de Caldain, nous emmène au Théâtre de l'Oeuvre de Lugné Poe, etc. Francis Jourdain avec ses amis Léon-Paul Fargue, Charles-Louis Philippe, Michel Yell, Marguerite Audoux ou Léon Werth, formèrent ce que l'on put appeler le groupe de Carnetin, nom d'un village proche de Paris où ils se réunissaient le dimanche.


mardi 7 juillet 2009

Une Enquête au Beffroi





La revue lilloise Le Beffroi, pour son dernier numéro de l'année 1904, lançait une enquête sur les poètes et la poésie. J'ai choisi parmi les cent deux réponses d'en donner quelques-unes.
L'idée de former une Académie de poètes fera son chemin avec la création en 1937 de l'Académie Mallarmé dont l'aventure nous est contée par SpiRitus sur le blog les Féeries intérieures.

Enquête sur les poètes et la poésie


Question :
Aux poètes et à quelques écrivains qui aiment la poésie, Le Beffroi a posé les questions suivantes :
Si, pour compléter l'Académie Goncourt et sur son modèle, un homme bien renté instituait une Académie indépendante de poètes :
1° Quels seraient, selons vous, les dix nouveaux immortels à élire ? (les femmes sont admises et aussi les poètes français de Belgique.)
2° A quel volume de vers paru cette année décerneriez-vous le prix ?
Nous avons reçu cent deux réponses
.

Christian Beck. - Voici dans l'ordre alphabétique, sept noms que j'affirmerais tout d'abord : Jammes, Kahn, Van Lerberghe, Moréas, Régnier, Verhaeren, Viélé-Griffin. Je ne saurais, pour les trois noms manquants, voter au premier tour. Entre une dizaine, j'attendrais que le sort, plutôt que moi-même, élimine. Parmi les volumes de vers parus cette année, je choisirais La Chanson d'Eve [de Charles Van-Lerberghe].

Léon Bloy. - Ma réponse à votre enquête sur les poètes est simple.
Je ne connais, à l'heure actuelle et depuis longtemps, qu'un seul poète méritant une récompense. C'est Jehan-Rictus l'auteur des Soliloques du Pauvre.
J'ai très amplement motivé ce choix dans un de mes plus récents livres, Les Dernières Colonnes de l'Eglise, qu'il vous est loisible de consulter.

Léon Bocquet. - Henri de Régnier et Jean Moréas, déjà disciplinés, seront, je suppose de l'Académie Richelieu. Le génial et tumultueux Verhaeren n'en sera point, mais il présiderait le dizain des nouveaux immortels. Dans cette improbable assemblée, j'aimerais voir éclectiquement réunis et se regarder sans rire : Charles Guérin, le plus complet peut-être et le plus complexe à coup sûr des artistes contemporains ; son ami Francis Jammes, admirable et subtil trouveur d'émotion ; Pierre Louÿs le poète d'Astarté, d'Aphrodite et de Bilitis ; Paul Fort, virtuose original des sons, des formes et des couleurs ; Léo Larguier, ce provincial aux écoutes de la grande nature ; André Rivoire, classique sentimental : Renée Vivien, âme d'une mysticité païenne et douloureuse ; la Comtesse de Noailles, au panthéisme lyrique et suggestif ; Lucie Delarue-Mardrus, écho multiple et passionné ; Jean Dominique (Marie Closset) dont l'ingénuité confidentielle est si douce.
Pour éviter même le soupçon de favoritisme, j'omets tous mes amis, sans quoi il faudrait porter à vingt au moins le nombre des élus.
Les « Quarante » auront, comme toujours, des principes et, comme quelquefois, du goût et couronneront les Poèmes de Louis Le Cardonnel en regrettant d'avoir ignoré jadis le Coeur solitaire de Guérin. Les « Dix » récompenseraient Pomme d'Anis de Jammes et le Visage émerveillé de Mme de Noailles, pour la joie des poètes et l'étonnement des cuistres qui ne savaient pas la poésie indépendante d'une disposition typographique.

Saint-Georges de Bouhélier. - Il y aurait en effet une Académie à élire ; ce serait celle des grotesques. J'aimerais choisir les poètes les plus plats, les plus faussement originaux, les plus factices, de ce temps, et – par dérision – les élever enfin au titre auquel ils aspirent. Mais, qui prendre, entre tant d'exécrables plagiaires, entre tant de contrefacteurs de l'immortelle Poésie ! En vérité, de Gregh à Rameau, ils sont trop !

Léon Deubel. - Trois classiques : Fernand Séverin, Valère Gille et Charles Guérin. Un romantique : Paul Fort. Deux Jammistes : Francis Jammes (dans ses proses) et Mme de Noailles (dans ses vers). Le passé glorieux : Henri de Régnier et Stuart Merrill. L'avenir : Mme Jean de la Hire (Marie Weyrich). Et présidant ceux-ci, Albert Giraud, le poète de Hors du Siècle et l'un des plus grands artistes de ce temps. Le livre à couronner : La Ruche (à paraître) d'Henri Delisle.

Félicien Fagus. - Je me figure au seuil les marbres de Baudelaire et Stéphane Mallarmé : dans la salle, sous les bustes de Villiers de l'Isle-Adam, Verlaine, Laforgue, Rimbaud, Emmanuel Signoret, Samain, prennent place Maurice de Faramond, Paul Fort, Francis Jammes, Maurice Maeterlinck, Jean Moréas, Péladan, Henri de Régnier, Paul Roinard, Saint-Pol-Roux, Stuart Merrill, Emile Verhaeren, Francis Viélé-Griffin. L'heureux instant où nous sommes ! Pour dix que vous demandez, d'emblée en voici douze.

Hector Fleischmann. - Emile Verhaeren, Albert Giraud, Albert Lantoine, Styart Merrill, les héroïques ; Mme de Noailles, en qui survit l'âme étonnée et attendrie de Ronsard qui célébra la Cassandre française ; Paul Fort et Léon Deubel, au coeur de qui afflue la vie innombrable et multiple ; Georges d'Esparbès, âme héroïque et tumultueuse, le plus extraordinaire poète des épopées ; Auguste Villeroy, qui écrivit « Héraklea » et « Héliogabale », deux chefs-d'oeuvre ; et François Coppée, afin que dans cette académie il serve de repoussoir à ces neuf admirables poètes.
Livres à couronner ?... Les nôtres... mais ils sont trop.

René Ghil. - Si « à l'imitation de l'Académie Goncourt », un homme de qui la famille attaquerait sûrement le testament, fondait une Académie de poètes, - quels Immortels élire ? Je suppose encore que ceux que, d'immédiate mémoire, je vais nommer, concentent à l'immortalité ainsi consacrée, - et voici : Francis Vielé-Griffin, Henri de Régnier, Emile Verhaeren, Stuart Merrill, Max Elskamp, Jean Moréas... Et ceux-ci en pourraient dire d'autres, - s'il en faut dix.
Et - « à quel volume de vers paru cette année décerner le prix » ? - Aux « Hiers bleus » de John-Antoine Nau, ex-aequo avec les Paysages Introspectifs, de T. de Visan.

Paul Léautaud. - Voici ma réponse : 1° Henri de Régnier (mais il est pour l'autre Académie !) ; Jean Moréas, Francis Jammes (celui d'avant les niaiseries d'Existences), Charles Guérin, Mme de Noailles (pour ne pas me singulariser). Je ne trouve pas les autres. Les vieux poètes parnassiens m'assomment, et les jeunes poètes maraîchers ou humanitaires qui sévissent actuellement ne m'intéressent pas. 2° Je ne donnerais le prix à aucun volume. Il faut bien que je le dise, du reste. Il n'est guère de poème écrit ces vingt dernières années qui vaille pour moi la pièce de Nietzsche intitulée Mon bonheur, dans le Gai Savoir.

F.-T. Marinetti. - Voici ma réponse à votre intéressante « Enquête sur les Poètes et la Poésie » : 1° Léon Dierx, Gustave Kahn, E. Verhaeren, L. Tailhade, H. de Régnier, F. Vielé-Griffin, Francis Jammes, Paul Fort, Pierre Quillard, Camille Mauclair. 2° Destruction (Léon Vanier, éditeur Paris), de F.-T. Marinetti !... Honni soit qui mal y pense !

Théo Varlet. - Je doute que Verlaine, Rimbaud, Mallarmé, Samain ou Laforgue se fût volontiers laissé enrôler dans une académie – voire à la Goncourt. Je ne veux non plus offenser de tel vote les rares contemporains vivants dont je chéris les oeuvres. Les versificateurs de l'espèce universitaire, à mon avis, s'honoreraient d'être académistifiés. - Je regrette de n'en pas connaître dix à vous signaler. Votre seconde question hypothétise que mon vote, pour un prix, se joindrait à ceux de l'honorable compagnie. Ma trop décimale, en ce cas, importance, m'incitera au simple bulletin blanc... D'ailleurs, 1903 date le plus récent volume de poésies, que j'admire. Il faut m'excuser : je connais mal les dernières actualités poétiques.


LE BEFFROI, Fascicule 50, décembre 1904.

Voir la bibliographie, en cours, de cette revue fondée par Léon Bocquet, Edmond Blanguernon, A.-M. Gossez et Théo Varlet qui se dissimulait sous le pseudonyme de Peters Hamer (c'est sous ce nom qu'il figure dans la première liste des collaborateurs de la revue et qu'il signe ses poèmes).


lundi 6 juillet 2009

BIBLIOGRAPHIE DE LA REVUE LE BEFFROI (3e partie)


BIBLIOGRAPHIE DE LA REVUE LE BEFFROI (1ère partie)
BIBLIOGRAPHIE DE LA REVUE LE BEFFROI (2e partie)
BIBLIOGRAPHIE DE LA REVUE LE BEFFROI (4e partie)
5e série, année 1904

Fascicule 41, Janvier-Février 1904
Lucie Delarue-Mardrus
: Pascal. Léon Bocquet : O vieux berger d'hiver. Charles Droulers : J'aimai la solitude. Philéas Lebesgue : Stances. René d'Avril : L'Impalpable. Jules Mouquet : La Rencontre de Lysippos. Amédée Prouvost : Deux sonnets. Léon Deubel : Italie. Paul Castiaux : La Glace. Théo Varlet : Petit drame cérébral. Guy Lavaud : Symbole. Emile Bernard : Les Oranges. Louis Pergaud : Départ.
Chroniques : Les anthologies régionales par Léon Bocquet.


Fascicule 42, Mars 1904
Léon Deubel
: La Fin d'un jour. Antoine Orliac : Matin d'Automne. Achille Segard : La Musique. Théo Varlet : Olympie. Floris Delattre : Brouillard londonien. Jules Mouquet : Notre petite Chambre. Paul Castiaux : Transpositions. Guy Lavaud : Angelus. Léon Bocquet : Un début.
Chroniques : Critiques et pamphlétaires par Léon Bocquet.
Illustrations de A. Kaub.


Fascicule 43 Avril 1904
Paule Riversdale [pseudo de Renée Vivien] : Charme de l'ennui. Edouard Ducoté : La Foule. S.-Ch. Leconte : La Grande Tour. Amédée Prouvost : Nuit de fièvre. Philéas Lebesgue : Traductions de poèmes grecs. Henri Delisle : La Vitesse. Théo Varlet : Messine. Guy Lavaud : Au fil de l'eau. Jules Mouquet : Sonnet. Léon Bocquet : Quelques-uns.
Les Poèmes par Léon Bocquet.
Illustrations d'André des Gachons.


Fascicule 44 Mai 1904
Jules Mouquet
: Le Pêcher. T. Pelleau : La dernière Elégie. Emile Bernard : La Vénus de Lorenzo di Credi. Guy Lavaud : Violons. Georges Raemekers : Les Tigres. Théo Varlet : Le Tonnerre de Zeus. Amédée Prouvost : Sur le portrait d'un Dauphin. Georges Thouret : Floréal. Henri Delisle : Sonnets de Dante Grabriel Rossetti.
Les Romans, par Léon Bocquet.


Fascicule 45 Juin 1904
Paul Verlaine : Agnus Dei (fragment inédit). Paul Fort : Le Printemps dans la plaine. Philéas Lebesgue : Le Vertige. Albert Mockel : Le Diamant (conte). Louis Payen : La Vieille demeure. Auguste Dorchain : Voeux aux fiancés. Roger Allard : Sérénité. Paul Castiaux : Dominical. Henri Albert : L'Amours que je te tends. Léon Deubel : Le Poème du vent. Jules Mouquet : Le Polyphème d'Albert Samain.
Les Poèmes, par Léon Bocquet
Illustrations de Marcel Lenoir.


Fascicule 46 Juillet 1904
Renée Vivien : A l'heure des mains jointes. Paul Verlaine/Gabriel Vicaire/Emmanuel Signoret/André Ibels : Sonnet à quatre (Inédit). T. Pelleau : Elégie. Armand Dehorne : Le Présent de de l'Aurore. Amédée Prouvost : Sonnet. Georges Philippe : Estampes au Soir. Francis Eon : Le Refuge. Théo Varlet : Divo Antonio Caesari. Emile Bernard : Tannhaüser. Edouard Ducoté : In Memoriam. Léon Bocquet : Quelques autres.
Revues et journaux par Léon Bocquet
Illustrations de A. Kaub.


Fascicule 47 Août 1904
Edmond Pilon
: A Francis Jammes. Léon Deubel : Variations. Roger Allard : Le Bienfait du feu. Philéas Lebesgue : L'Endymion de John Keats. Guy Lavaud : Cygnes. Hubert Fillay : En volonté ! Moynier de Villepoix : Poème. Henri Delisle : Ce soir d'été. J. P. Lafitte : Nietzsche et l'Université française.
Les Poèmes par Léon Bocquet.
Illustrations d'André des Gachons.


Fascicule 48 Septembre 1904
Amédée Prouvost : Roubaix. Armand Dehorne : Deux Sonnets. Paul Castiaux : Clair de Canal. Isi Colin : Le cycle de l'ombre. Louis Payen : Sur la route. Charles Droulers : Tryptique flamand. Philéas Lebesgue : La Source fleurie. Emile Bernard : Sur l'art. Francis Eon : Prière. A.-F. Hennequin : Paysage du Nord. René d'Avril : Adagio.
Les Critiques par Léon Bocquet
Illustrations de Marcel Lenoir.


Fascicule 49 Octobre 1904
Marie Weyrich : Soir unique. Sébastien-Charles Leconte : Le Titan. Théo Varlet : Dominical. Emile Bernard : La langue française en Orient. Léon Bocquet : Tristesse de Septembre. Roger Allard : La Bonne route. Paul Legereau : La Madone. Philéas Lebesgue : L' « Endymion » de John Keats. T. Pelleau : Renoncement. Guy Lavaud : Retour.
Illustrations par A. des Gachons et A. Kaub.
Chronique, Romans par Léon Bocquet.


Fascicule 50 Novembre – Décembre 1904
Enquête sur les poètes et la poésie, cent deux réponses.

BIBLIOGRAPHIE DE LA REVUE LE BEFFROI (4e partie)

jeudi 2 juillet 2009

Autographes



Il est des pièces-jointes que l'on ne tarde pas à ouvrir, celle de William Théry contient une nouvelle liste d'autographes et c'est un régal.

Signalons :

- de Marguerite Audoux, une lettre, datée de Saint-Raphaël, 1936, à un ami, "Francis", dont on doit célébrer les soixante ans dans le journal l'Humanité. Georges Sadoul a demandé à Marguerite de participer à l'hommage, ce qu'elle ne peut faire "il m'est impossible d'écrire quoi que ce soit sur les êtres vivants que j'aime". Cet ami pourrait-être Francis Jourdain, né en 1876, grand ami de Marguerite Audoux et de Léon Werth dont Marguerite demande des nouvelles.


- 1 lettre de Barrès à Péladan.


- Dans une lettre d'Elémir Bourges au peintre Louis Anquetin, on apprend que l'auteur du Crépuscule des Dieux à particulièrement apprécié le portrait de Roinard, dans l'exposition visitée.


- Rare lettre de Robert Caze à son "cher Grand", sans doute John Grand-Carteret.


- Le manuscrit (120 pages !) d'une conférence de Robert Guiette sur son ami Blaise Cendrars, Un poète d'aujourd'hui : monsieur Blaise Cendrars.


- "vous êtes le seul peintre connaissant pratiquement, et pouvant enseigner la technique des grands maîtres" peut-on lire dans une lettre de Jean-Louis Forain à Anquetin.


- Ecole Romane : 2 lettres de Raymond de La Tailhède à Ernest Raynaud.


- On sait que Léo Malet fit parti du groupe surréaliste qu'il écrivit des poèmes et réalisa des collages, c'est à propos de l'un de ses collages surréalistes, "... une petite fantaisie dans le goût de des publications populaires...", qu'il écrit à son éditeur Alfred Eibel.


- On sait la facilité de Pierre Louÿs à composer des poèmes satyriques, J.-C. Mardrus, traducteur des Mille et une nuits se souvient de l'un de, "impromptu" égratignant quelques traducteurs, dans une lettre où il demande un rendez-vous à l'auteur d'Aphrodite.


- 1 mot de New York signé de Stuart-Merrill.


- Quelques objections de Jean Paulhan à la publication du Sabbat de Maurice Sach, dans une lettre dactylographiée du premier au second.


- Anonyme mais intéressant document sur un banquet offert à Han Ryner, où le discours de Georges Pioch semble ne pas avoir été aprécié par tous.


- Maurice Sachs, rembourse une partie de ses dettes auprès de Pierre Béarn.


- 1 programme du Théâtre Libre, illustré par Willette, avec un poème autographe de Rodolphe Darzens, dont la pièce, L'Amante du Christ, figure au programme.


- Willy avait l'habitude de faire représenter sur carte postale avec ses compagnes, pour celle-ci il est photographié avec Meg Villars. Il demande à son correspondant un rôle pour sa nouvelle amie.


Il ne vous reste plus qu'à demander à recevoir la liste...


Librairie William Théry
1 bis, Place du Donjon 28800 Alluyes.
Tél : 02 37 47 35 63
e-mail : williamtheryATwanadoo.fr
Liste parvenue par courriel.


LE PIERROT, bibliographie illustrée, du N° 5 de 1889 au dernier n° de 1891

Bibliographie illustrée du Pierrot 4me partie

1re partie : LE PIERROT, bibliographie illustrée, les dix premiers

2me partie : LE PIERROT, bibliographie illustrée, N° 11 à 20

3me partie : LE PIERROT, bibliographie illustrée, du N° 21 à 4, 2e année


2e année, n° 5, 1er février 1889. Dessins de Willette en 1re et 3me page.
Poèmes : Ronde des petits mimes de Louis Gaillard, Les Fantômes de Fernand Mazade, Paraphrase de Maurice Guillemot. Articles, Chroniques, Nouvelles : De la Karikature de A. Willette, Aux Champs-Elysées de Liber, Sur le vif de Henri Papin, 1 note sur le Cirque Fernando.




2e année, n° 6, 8 février 1889. Dessins de Willette en 1re et 3me page. Poèmes : L'Infernale de Louis Gaillard, L'Île de Fernand Mazade, Bergamasque de Adolphe Ribaux. Articles, Chroniques, Nouvelles : Chronique de A. Willette, Histoire ancienne (dictionnaire Bouilhet) [notice humoristique sur Antoine-Boulanger, César-Grévy, Brutus-Ferry, etc], Cris de la Butte, Le Marché de Montmartre de Roedel, L'Amante du Christ (extrait de la préface d'Eugène Ledrain à la scéne évangélique en vers de Rodolphe Darzens), Notes sur : le Cirque Fernando, Au 2e sur la Tour à la Cigale.


2e année, n° 7, 22 février 1889. Dessins de Willette en 1re et 3me page.
Poèmes : Semeur ! À Ed. Desca de Louis Gaillard, Ferrouillade de Corbulon, Rondeau de Al. Bert. Articles, Chroniques, Nouvelles : Le Cogne de A. Willette, Compte-rendu de la 11e Chambre de Police correctionnelle « affaire Willette » contre des libraires pour contrefaçon. 4e page : Publicité illustrée par Willette pour le Chlorol-Marye (un antiseptique).





2e année, n° 8, 1er février (sic, pour mars) 1889. Dessins de Willette en 1re et 3me page. Poèmes : Réplique de Louis Gaillard, Choses de Là-haut d'Henri d'Erville, Dialogue des morts (au Père Lachaise) de Lussien. 4e page : Publicité illustrée par Willette pour le Chlorol-Marye (un antiseptique).




2e année, n° 9, 18 mars 1889. Dessins de Willette en 1re et 3me page.
Poèmes : Huitains de Pimpinelli, Pécheresses de Fernand Mazade, Amours des choses de Henry Ducasse, Intimités de Maurice Guillemot. Articles, Chroniques, Nouvelles : Memento, Homo !... de Louis Gaillard, Sur le vif, III de Henri Papin, 1 note de Willette (il y précise qu'il est le seul fondateur et propriétaire du Pierrot, et que son « camarade » Emile Goudeau n'était pas son associé).




2e année, n° 10, 15 mars 1889. Dessins de Willette en 1re et 3me page.
Poèmes : Soleil du soir de Louis Gaillard, La Glaneuse de Fernand Mazade, Intérieur de Maurice Guillemot, Paysage de C. Lux, Deux amants d'Hippolyte Buffenoir. Articles, Chroniques, Nouvelles : De l'éducation judiciaire de A. Willette, Avis : le Pierrot compte donne une fête, un bal blanc, la semaine prochaine, A l'Ecole des Beaux-Arts de Willette (1 note sur la nomination, souhaité par Willette, de Puvis de Chavannes à la direction de l'école), La Vitrine du Libraire : Le Député Rouquerolle par Hippolyte Buffenoir, L'Homme de joie de Dubut Laforest, La Semaine de Mai de Camille Pelletan, par A. W., 1 note sur le Cirque Fernando signée La Gigue.



2e année, n° 11, 22 mars 1889. Dessins de Willette en 1re et 3me page.
Poèmes : Simple chansons, à J.-L. Forain de Pimpinelli, Les Saisons de l'étoile de Louis Gaillard, L'Eglise de Fernand Lefranc, Rondeau pour une fête de Al. Bert. 1 note sur Fisseux, fabricant de cadre et... de béquilles pour les membres de l'Institut.



2e année, n° 12, 29 mars 1889. Dessins de Willette en 1re et 3me page.
Annonce de Willette : « Le bal des Pierrots et des Pierrettes aura lieu le 6 avril prochain au Palais d'Hiver, 65 rue Rochechouart ». Poèmes : Glose sur quatre vers de Teodor Aubanel de Fernand Mazade, XIVe – XIXe de Eustache Morel dit Deschamps, Ecrit au dos d'une invitation [pour le bal du Pierrot] de Maurice Guillemot. Articles, Chroniques, Nouvelles : Le Bon Romané de Louis Gaillard, une note pour la sortie d'un recueil de vers de Henry de Braisne, Vesprées, et de La Lyre comique d'Emile Bergerat-Ariel-Caliban. 4e page : Publicité illustrée par Willette pour le Chlorol-Marye (un antiseptique).




2e année, n° 13, 5 avril 1889. Dessins de Willette en 1re et 3me page.
« Demain ! Demain c'est le bal ! ». Poèmes : Confetti de Louis Gaillard, Le Sphinx de Fernand Mazade, Pile et face, à Louis Gaillard de Fernand Lefranc, Le Chevalier Printemps, à Willette de H. Delorme, Feuilles mortes de Henri Lesserteur, Le Fils du garde de Henri Gaillard, L'Epreuve de Henri Papin. Articles, Chroniques, Nouvelles : Le Petit Théâtre [sur le théâtre de marionnettes de Signoret, avec la participation de Jean Richepin] par L.G., une note sur l'ouverture prochaine d'une attraction nouvelle « Le Pays des fées, jardin enchanté de la porte Rapp ». Publicité (entre autres) pour Le Fifre, journal de Jean-Louis Forain.



2e année, n° 14, 12 avril 1889. Dessins de Willette en 1re et 3me page.
[après le bal] « Pierrot remercie de tout son coeur les Pierrettes et les Pierrots qui ont répondu à son appel ». Poèmes : Au Buis de Louis Gaillard, Les Doubles suicides de Maurice Mac-Nab, Pierrot au bal de Léon Sozie, Le Diadème de Fernand Mazade, De ma fenêtre, Grand Hôtel, St-Raphaël de Maurice Guillemot, Rameaux wilsoniens, Souvenirs de l'an 1888, A l'ami Desca de Fernand Lefranc, Chanson de Pierrot, à Fernand Mazade de Paul Gigou.




2e année, n° 15, 19 avril 1889. Dessins de Willette en 1re et 3me page.
Poèmes : Dans l'train (air de l'Amant d'Amanda) de Maurice Mac-Nab, Moissons de Printemps de Louis Gaillard, Ecrit dans l'ombre de Fernand Mazade, Impressions, à Emile Ratez de Henri Papin, Réalité, à Alfred Poussin de Fernand Lefranc, Le Mariage de Pierrot de Léon Sazie, Lèvres roses, à mon très cher Fernand Mazade de Georges de Lys. Articles, Chroniques, Nouvelles : Vendredi Saint de Jacques Dzing, Avis important signé Willette appelant libraires et marchands d'estampes à se méfier d'une « aventurière » tentant de vendre des dessins faussement attribué à Willette. La Vitrine du Libraire : Corruptrice, nouveau roman d'Emile Goudeau, Causes criminelles et mondaines par Albert Bataille, la Bibliothèque miniature de Marpon et Flammarion, Berlioz intime par Edmond Hippeau, annonces diverses dont l'une pour le Théâtre de marionnettes de la Galerie Vivienne : « Les Oiseaux d'Aristophane [...] Les choeurs et le prologue sont de M. Maurice Bouchor et on été dits par l'auteur etpar Raoul Ponchon, l'adorable poète du bonheur », une autre sur le dîner des « Fourneaux » chez Tomascher le patron de l'auberge Au Clou et la fondation, au même endroit, par un autre groupe de « vide-bouteilles » du dîner des « Tuyaux ».




2e année, n° 16, 26 avril 1889. Dessins de Willette en 1re et 3me page.
Note de Willette : « Il n'y a jamais eu de secrétaire du Pierrot, et M. Gaillard a cessé d'appartenir à la rédaction de ce journal ». Poèmes : Le Voyageur de Maurice Mac-Nab, Si l'éditeur paie... de Pimpinelli, Dilettante, à Willette de V. Barrucand, Passe-Temps de José-Tailha-Vignar, Chanson des âmes de Fernand Mazade, Les Bossus de L. Lacroix, La Mort de Pierrot, à Pierrot-Willette de Albert Dupuy. Articles, Chroniques, Nouvelles : Les Lettres et les Arts de Sorel, sur le Théâtre de la Galerie Vivienne où s'est joué Maîtresse et Fiancée une comédie en un acte et en prose d'Hippolyte Buffenoir. Sur le Vif, IV, Champs-de-geules, de Henri Papin.




2e année, n° 17, 3 mai 1889. Dessins de Willette en 1re et 3me page.
Poèmes : Le Souvenir de Fernand Mazade, La Mort de Pierrot, à Willette de Rémy Broustaille, Mors est Vita, à Sully-Prudhomme de Fernand Lefranc, Pour Phoebe de Georges Grolleau, Ivresse de P. Marius André, Frères Laids de Joseph Hecey. Articles, Chroniques, Nouvelles : L'Oklahoma de Willette [à propos d'un article du Matin, sur « l'envahissement des territoires indiens par les européens », Willette prend position pour la défense des Indiens], Le Concert des fleurs [« Un nouveau et charmant petit temple du plaisir »] par La Gigue.



2e année, n° 18, 9 août 1889. Dessins de Willette en 1re et 3me page.
1 note de Willette à ses abonnés et lecteurs sur l'interruption de 3 mois du Pierrot. Poèmes : Rose effeuillée de Attiva, L'Omnibus de la préfecture de Maurice Mac-Nab, La Folie de Pierrot, à Willette de Henri Lesserteur, La Ronde de l'exposition, Air : Auprès de ma blonde, à Mac-Nab de Henry d'Erville. Articles, Chroniques, Nouvelles : Les Petits cadeaux de Henri Papin, A propos du Congrès d'hypnotisme par De Bliou.




2e année, n° 19, 16 août 1889. Dessins de Willette en 1re et 3me page [illustration pour un poème d'Attiva]
Poèmes : Ce que les six méchantes fées ont prédit à Pierrot d'Attiva, 30 juillet d'Attiva. Articles, Chroniques, Nouvelles : A 276 mètres de Henri Papin [La Tour Eiffel], A propos de « l'Angelus » par De Bliou.
2e année, n° 21, 30 août 1889. Dessins de Willette en 1re et 3me page.
Poèmes : Hypocrisie d'Attiva, Les Bois de Fernand Mazade. Articles, Chroniques, Nouvelles : Une rencontre de A..., Sur le vif, V, Anatole Dupressoir dit le plus grand ivrogne de son temps d'Henri Papin, 1 note annonce que la revue Le Coup de feu va changer de titre et se transformer en Revue Européenne, socialiste, littéraire et artistique, directeur Eugène Chatelain, La Vitrine du Libraire : Chansons d'hier et d'aujourd'hui de Victor Meusy, illustré par Eugène Rapp, Les Propos du père Larape.



2e année, n° 20, 23 août 1889. Dessins de Willette en 1re et 3me page.
Une note de Willette sur la mort de Villiers de l'Isle-Adam. Poèmes : Pierrot sur la Tour Eiffel d'Attiva, Glose sur un quatrain de Théodore de Banville de Fernand Mazade, Figuier Paien, à Marcellin Desboutin de Pimpinelli, Les Yeux et les lèvres d'Emile Antoine. Articles, Chroniques, Nouvelles : Soleil couchant de Stéphane, Les Propos du Père Laprade [par Willette], Tribunaux, Beaux-Arts d'Hortense Delavigne.



2e année, n° 21, 30 août 1889. Dessins de Willette en 1re et 3me page.
Poèmes : Hypocrisie d'Attiva, Les Bois de Fernand Mazade. Articles, Chroniques, Nouvelles : Une rencontre de A..., Sur le vif, V, Anatole Dupressoir dit le plus grand ivrogne de son temps d'Henri Papin, 1 note annonce que la revue Le Coup de feu va changer de titre et se transformer en Revue Européenne, socialiste, littéraire et artistique, directeur Eugène Chatelain, La Vitrine du Libraire : Chansons d'hier et d'aujourd'hui de Victor Meusy, illustré par Eugène Rapp, Les Propos du père Larape.



2e année, n° 22, 13 septembre 1889. Dessin de Willette en 1re page.
1 note de Willette, malade, s'excusant de son absence dans le numéro précédent. Poèmes : Cris de la rue d'Attiva, Scénario de pantomime de Pimpinelli, A Fontainebleau de Maurice Mac-Nab (reproduction autographe, musique et texte), Chute de rêve de Fernand Lefranc. Articles, Chroniques, Nouvelles : Lacrymabiliter de A. Willette, Le Respect de la vieillesse par De Bliou, Chez les Indépendants par Spartacus, 1 note pour le restaurant de Madame Rosine à l'Isle-Adam, l'annonce pour les élections législatives du 22 septembre 1889 de la candidature pour le 18e arrondissement d' « Adolphe Willette, directeur du Pierrot, Candidat antisémitique ». Théâtre : des nouvelles de Daubray, fils par Lagigue.



2e année, n° 23, 20 septembre 1889. Dessin de Willette en 1re et 3e pages.
Poèmes : Le Poète d'Attiva, Aurore de Fernand Mazade, ? d'Attiva. Articles, Chroniques, Nouvelles : Charles Cros et M. Edison [extrait du Chat Noir] par Alphonse Allais, Aux élections de Montmartre : la campagne antijuive à Paris [extrait du programme] de A.-E. Badaire, L'Absolu, à Edmond Toulet de Henri Papin. Le dessin de 3e page propose un bulletin de vote à découper pour le candidat Adolphe Willette aux législatives du 23 septembre 1889.


3e année, n° 1, 20 mars 1891. Directeur Rupert Carabin. Dessinateur A. Willette. Dessin de Willette en 1re et 3e pages.
Une lettre (reproduction autographe) de Willette à Théodore de Banville (qui vient de mourir), le dessin de 3e page, dont le verso est laissé volontairement vierge, est un hommage à Banville.



3e année, 5 mars 1891. Numéro spécial. Dessinateur A. Willette. Dessin de Willette en 1re et 3e pages, numéro complètement autographié.
1 lettre de Willette à « Monsieur et cher abonné », où le « dessinateur » du Pierrot présente le nouveau directeur du journal qu'il a fondé, mais dont il a perdu le titre, racheté par Ruppert Carabin, sculpteur. Willette rappelle da collaboration au Chat Noir et au Courrier Français, l'exploitation que firent de son talent selon lui, les directeurs des dits journaux, il se plaint de même d'avoir été trompé par Ch. Decaux à propos de la publicité pour le désinfectant Chlorol Marye, pour laquelle le graveur lui aurait fait signé un dédit l'empêchant de dessiner pour d'autres publicités. Ce numéro spécial est le dernier numéro du Pierrot.

Quelques collaborateurs du Pierrot, pour lesquels nous avons quelques informations, d'autres viendront peut-être :

Paul-Marius André : voir L'Oeil Bleu N° 8.
Hippolyte Buffenoir : voir la notice qui lui est consacré sur Les Commérages de Tybalt
Rodolphe Darzens : Poète, lutteur, marchand de bicyclettes, coureur automobile, secrétaire du Théâtre Antoine, directeur de théâtre, traducteur d'Ibsen, amateur de duel, il restera comme l'éditeur d'oeuvres inédites de Rimbaud en 1891 (Le Reliquaire) et comme le premier à avoir mené des recherches sur « l'homme aux semelles de vent », recherches dont la famille Rimbaud empêcha la publication. Illustrés par Willette il publia Nuits à Paris (1889, réed. Viviane Hamy 2000) et Poèmes d'amour (1895).
Emile Goudeau : voir Adieu à Charles Cros par Emile Goudeau
Jules Jouy : voir Jules Jouy Chansons de Bataille
Mac-Nab : voir Le petit Mac-Nab illustré
Pimpinelli : pseudonyme de Léopold Dauphin, musicien et poète il sera le beaux-père du poète amorphe et librettiste, Franc-Nohain et se trouve ainsi être le grand-père du parolier et animateur Jean Nohain et de l'acteur Claude Dauphin.
Paul Pradet : voir Paul Pradet : "Fils Adoptif" de Louis-Pilate de Brinn'gaubast
Alfred Poussin : voir sur l'Alamblog Recensions des Versiculets d'Alfred Poussin.
Gabriel Randon : Avant de devenir Jehan-Rictus et de connaître le succès avec ses récitations au cabaret des Quat'z'Arts en 1895 avec ses Soliloques du Pauvres, Gabriel Randon menait une carrière de poète et fréquenté les milieux de la jeune littérature (Albert Samain, Rodolphe Darzens, P.-N. Roinard, Paul Roux...) il fit parti du groupe de La Butte, et du groupe fondateur du Mercure de France (son impécuniosité l'empêcha de participer à la création de la société). Dans le même temps, la poésie ne nourrissant pas son homme, Randon occupa quelques emplois de bureau, et tâta même du journalisme. Voir : Jehan-Rictus, iconographie. Albert Samain par Jehan-Rictus Iconographie (II).
[Auguste] Roedel : Dessinateur et affichiste montmartrois, ami de Willette, né en 1859 mort en 1900.

De Willette nous dirons simplement qu'il collabora au Chat Noir, au Courrier Français, au Triboulet, ou au Rire, qu'il fonda plusieurs journaux, Le Pierrot (1888-91), La Vache Enragée (1896-97), Le Pied de Nez (1901), Les Humoristes (avec Steinlen en 1901).