mardi 30 octobre 2007

MARIE KRYSINSKA CABARETS ARTISTIQUES

Aujourd’hui une dame, il y en eu peu dans ce blog, il fallait rectifier le tir.

Poète, musicienne, compositrice, romancière même, Marie Krysinska est surtout connue pour avoir revendiqué « l’invention » du vers libre, et pour la polémique qui l’opposa à Gustave Kahn, autre postulant à l’invention.
Nous ne trancherons pas ici cette question, d’un byzantinisme tout à fait « fin de siècle », et qui par-là même ne peut-être résolue sans une étude préalable de l’histoire de la prosodie au XIXe siècle, ce que je me garderais bien de tenter.
Marie Krysinska fréquentait le Montmartre des années 1880, elle fut de tous les cercles artistiques, seule femme à fréquenter Hirsutes, Hydropathes, Zutistes et autres Jemenfoutiste, elle récitera ses poèmes au Chat Noir, les publiant dans la revue du même nom.
J.-H. Rosny (encore lui), dans sa préface aux Rythmes Pittoresques, en 1890, rappelait : « Madame Krysinska publiait en effet, en 1882 et 1883, époque où la rupture des moules n’avait pas encore de partisans, des morceaux tels que Symphonie en gris, Balade, Les Bijoux Faux, Symphonie des Parfums, Chansons D’Automne, Berceuse Macabre, Le Hibou, morceaux qui offrent la technique des vers libres préconisés en ces derniers temps, par les détails de cadence, de modulation et même de typographie qui caractérisent les essais des groupes rénovateurs ou pseudo-rénovateurs contemporains ».


Les critiques feront de Marie Krysinska une novatrice, ses vers annonçant dès 1882 le vers-librisme symboliste, ou comme Mendès (1) et Rachilde (2) une expérimentatrice par erreur ou paresse. Marie Krysinska est l’auteur de trois recueils de poèmes, Rythmes pittoresques (Lemerre, 1890), Joies errantes : Nouveaux Rythmes pittoresques (Lemerre, 1894), Intermèdes : Nouveaux Rythmes pittoresques. (Vanier, 1904), de deux romans publiés, Folle de son corps (Victor-Havard, 1896), La Force du désir (Mercure de France, 1905), et de nombreuses collaborations à des revues et journaux, voir d’un roman-feuilleton Juliette Cordelin publié dans L'Eclair : Supplément littéraire illustré (du 22 janvier au 12 mars 1895). Depuis quelques années, grâce aux travaux de Seth Whidden (3) le nom de Marie Krysinska apparaît plus souvent dans les études littéraires. Je donne ci-dessous un extrait de La Force du désir, tiré du chapitre intitulé Dans les cabarets artistiques, Marie Krysinska qui a bien connu la grande époque des « Mac-Nab et des Jules Jouy », n’y est pas tendre pour la nouvelle génération de chansonniers et pour le public des cabarets de 1905.

(1) « la jeune Polonaise faisait-elle bien exprès, tout à fait, de s'exprimer en cette forme ? » Catulle Mendès Rapport sur le mouvement poétique français (1902)

(2) « Le vers libre est un charmant non-sens, un bégayement délicieux et baroque convenant merveilleusement aux femmes poètes dont la paresse instinctive est souvent synonyme de génie » Rachilde, Mercure de France (août 1894)

(3) "Le corps féminin comme objet en mouvement : Arthur Rimbaud et Marie Krysinska." Poétiques de l'objet en France. Ed. François Rouget and John Stout. Marie Krysinska : A Bibliography." Bulletin of Bibliography 58. 1 (March 2001) "Marie Kryinska's Prefaces and Letters : Not d'un Voyant, but d'une Défiante." Lloyd and Nelson 180-193. Subversions in Figure and Form : The Post-Parnassian Women and Versification of Arthur Rimbaud and Marie Krysinska." Diss. Brown U, 2000.


Envoi à Roger Miles auteur d'un ouvrage intitulé Le 18e Siecle. Regence-Louis XV. Voitures et chaises a porteur - Les metaux precieux - Le Bois...

La couverture d'Intermèdes est illustré par le peintre Georges Bellenger marié avec Marie Krysinska depuis 1885.

Dans les cabarets artistiques

La Force du désir,

Mercure de France, 1905

Luce, de son côté, joue et chante un peu partout.
Du bout de ses jolies quenottes rieuses, elle détailles les chansons populaires du temps jadis.
[…]
Entre ses tours de chansons, qui alternent avec des numéros de chansonniers, Mlle Luce observe ses camarades.
C’est une consternante collection.
Des faciès recrutés parmi ces jeux de massacres qui font la joie des baraques foraines, - façonnés évidemment de main de chourineurs ; des corps malingres, évadés, dirait-on, des bocaux de naturalistes, ou flatulents et boursouflés de sédentaires – s’affublent de vestons négligés.
Voilà pour le régal des yeux.
Des néants de voix, élimées et rocailleuses, des voix perforatrices comme des vilebrequins, des prononciations bafouillardes qui desservent des textes désolants de banalité, de grossièreté morne.
Voici pour la jubilation de l’esprit.
D’aucuns, auteurs compositeurs sans connaître une syllabe de musique et guère plus de littérature – s’accompagnent eux-mêmes au piano en braillant leur improvisation (la même pendant trois ans) et cela produit l’effet d’une fin de noce de province où le cousin de la mariée, complètement saoul, se serait dit :
- Il se peut que je sache jouer du piano, après tout, je n’ai jamais essayé.
Sur ce, il met ses coudes sur l’ivoire.
Voici justement M. Xavier Broiegravas, poète-musicien selon la formule ci-dessus.
Il est grand et de corpulence bien servie ; l’aspect d’un chef de cuisine, brigadier de gendarmerie à ses heures.
Aussi, le clavier battu comme plâtre, lapidé par ces mains pesantes de deux rudimentaires et invariables accords, fournit-il un fracas assourdissant, discordant et assassin d’oreilles.
De ce désagréable vacarme émerge péniblement une intention mélodique banale et amorphe, mais glapie avec un toupet d’une voix détimbrée et d’une articulation bredouillonne.
Le public ?
Oh ! Le public est d’une patience d’ange.
Empilé, comme dans un wagon les bestiaux, coudes aux côtes et genoux pressés, parmi une atmosphère empestée de fumée – il écoute, embêté mais respectueux, à sa place payée deux francs.
Or, il n’est point douteux que si, dans la maison qu’il habite, le sort ennemi lui avait donné en voisinage quelques virtuose de cette force il ne flanquât congé avec fracas.
Si même sa tante, riche et célibataire, avait la rage d’exhiber pareille attraction à ses thés du dimanche, il n’y mettrait jamais les pieds – le plumcake fût-il frais et l’héritage considérable.
C’est le tour du poète rosse, André Labarde.
Il n’est pas beau à voir, et son veston est pelliculeux.
Il psalmodie d’un air vanné des turpitudes en strophes dénuées d’esprit et de vérité, autant, pour le moins, chargées en laideur que le sont en joliesses les plus fades couplets d’opéra-comique. Art – si toutefois on ose ce blasphème – Art aussi faux et plus vilain.
Mais, une outrecuidance et un inamovible contentement de soi, luisent sur la face, plutôt patibulaire du poéte-rosse, vernissent de sueur le front déprimé, travaillent d’un sourire répugnant sa bouche de maître en vogue.
Car, il a du succès, le monstre !
Et, Luce Fauvet, en train de boire un grog américain, se demande si ce public de bourgeois et de boutiquiers ne goûte point, dans ces exhibitions devenues à la mode, le rare et mauvais plaisir de voir déshonorée, abaissée et avilie devant lui, l’effigie de l’Art, et bafoué le simulacre de la Pensée orgueilleuse et féconde – ces gêneurs de sa médiocrité. Mais, voici le benjamin des dames, le ténor-poéte Edmond Julep.
Celui-ci, tiré à quatre épingles, l’air d’une chromo ; le smoking parementé de velours – une invention a lui.
C’est d’ailleurs la seule invention
Dont il se soit avisé pendant sa carrière de ténor-poéte.
Car, ses vers sont d’une platitude à écoeurer le cochon doué du plus solide estomac.
Le petit filet de voix au glucose fait néanmoins pâmer lorsqu’il sussurre les infortunes d’un amant trompé et pas content – une trouvaille – et la fougue des amours espagnoles – qu’il distille en dormant.
Trois ou quatre fantaisistes de valeur se sont pourtant mêlés à cette cohue de nullités – alléchés par le gain facile et le succès immédiat.
Hyspa – anglo-méridional, pince-sans-rire, fait partager son attendrissement farceur sur le destin du Ver solitaire qui, élégiaque, se plaint – avec accent :

Je n’ai jamais connu mon père ni ma mère.

Dominique Bonnaud, spirituel et virtuose de la rime funambulesque, dans son Expansion coloniale, dit avec brio très personnel mille drôleries sur ce sujet plus apte à inspirer des réflexions amères.

Ferny héritier – non sans originalité – des Mac-Nab et des Jouy – désopile avec La visite présidentielle.
La blague d’actualité politique a amené dans cette arène de nombreux bureaucrates, employés de ministères, qui majorent ainsi, en cabotinant, leurs faibles honoraires ; point gênés de leur médiocrité – ni le public non plus d’ailleurs.
Ce public, par moments, est bousculé sans vergogne par le garçon porteur de bocks qu’il fait circuler quand même et en passant sur le corps des consommateurs, leur en renversant quelques-uns dans la nuque.
Pendant ce temps le débit d’un chansonnier va son train, comme il peut. Mais celui de la consommation, pensez donc !
Voilà l’important et le vraiment sérieux.


jeudi 25 octobre 2007

H.-G. IBELS et LA REVUE MERIDIONALE

H.-G. Ibels et La Revue Méridionale.

En 1905 de passage à Carcassonne pour une conférence, le peintre et dessinateur Ibels, fait la connaissance de Achille Rouquet (1) et de la revue qu’il dirigeait. Achille Rouquet, clerc de notaire, puis commerçant (2), est aussi auteur de recueils de poèmes. Après avoir créé une bibliothèque, il fonde en 1886 La Revue de L’Aude, qui deviendra en 1889 La Revue Méridionale, qui perdurera jusqu’en 1916. Achille Rouquet et ses enfants pratiquent la gravure sur bois, c’est après l’avoir vu travailler qu’Ibels aurait réalisé ses premières gravures. Dans le N° 2-3 Achille Astre (3), collectionneur, secrétaire de Gustave Geffroy, présente H.-G. Ibels aux lecteurs de la revue, l’article est illustré de gravures et dessins. Dans le N° 5-6 de mai – juin 1905, Ibels donne un article sur le Salon des Indépendant et en profite pour y défendre ses idées sur la caricature, séparant les caricaturistes des caractéristes. Je reproduis le tout ci-dessous.

(1) Pour un aperçu de la vie et de la carrière d’Achille Rouquet voir le Site officielle de la ville de Carcassonne
(2) Une publicité pour la Maison Ramondenq Rouquet, appareils, plaques, papiers, et autres fournitures photographiques […] Leçons gratuites à tous les acheteurs, figure au quatrième de couverture de la revue.
(3) Achille Astre est l’auteur, entre autres de Souvenirs d’art et de littérature. Gustave Geffroy, Louis Legrand, George de Feure, Achille Laugé. Paris, Éditions du Cygne, 1930. Dessins et bois par Achille Rouquet, George de Feure, Félix Vallotton, Achille Laugé et Auguste Rouquet. Et d’un Toulouse-Lautrec aux éditions Nilsson.

H. G. IBELS par A. ASTRE Revue Meridionale,
Février-Mars 1905, 20e année.


Parmi les peintres qui exposaient au salon des Indépendants en 1891, 1892, un des plus jeunes et non moins personnels, était H. G. Ibels dont le numéro précédent reproduisait la première gravure sur bois.
En décembre dernier, de passage à Carcassonne, l’Artiste qui donna un une conférence si intéressante à la Mairie sur les origines du Théâtre moderne, fut très amusé en voyant Achille Rouquet graver le bois ; il résolut à son tour de tailler la dure substance et assura la primeur de son essai à la Revue Méridionale. Nous avons éprouvé une joie intense en recevant cette planche suivie aussitôt de deux contenues dans ce numéro, parce que ce sont des débuts dans un art de la gravure, d’un Artiste, que j’estimai depuis longtemps alors qu’il se faisait remarquer par des œuvres vraiment originales, en peinture, dessin, lithographie, eau-forte, montrant l’ouvrier, la fille, les forains sous leurs aspects miséreux et si vrais.


J’ai encore présents à mon souvenir, parmi ses premières lithographies, la belle affiche de Mévisto, ayant au premier plan le chanteur qui observe sous un ciel gris qu’enfument des cheminées d’usine, un travailleur de terre dans un champ, courbé par le labeur, un militaire endimanché promenant sur la route qui borde le champ, un ouvrier fumant sa pipe, assis dans l’herbe des fortifs; ensuite ce dessin du Messager français représentant une grosse fille en chemise dans sa chambre aidant un troubade à ceinturer sa capote « j’ai un fils comme toi soldat ! » dit-elle avec amour; enfin ce pastel où une femme du peuple pressant son enfant contre le sein veut lui donner tout ce qu’il peut contenir.

Ces œuvres d’une belle simplicité, prises au hasard parmi les plus anciennes, témoignaient d’un ami de l’humanité et d’un grand artiste : Je désirais le connaître dans son intimité, tout en recherchant avec un intérêt croissant ce qu’il produisait. J’appris que son père était hollandais, sa mère de Toulouse, qu’il avait adopté Paris pour se livrer aux Beaux-Arts, suivant les cours de l’Académie Julian d’où il était parti après un stage de quelques mois, travailler dans un atelier privé avec quelques camarades qu’il adorait : Daumier, Guys, Degas ; en observation continuelle devant la vie des rues, celles des champs, très rapide à en saisir les manifestations synthétiques.
Banni comme la plupart des artistes créateurs des salons officiels, il envoya au Salon des Indépendants, chez le regretté Le Barc de Boutteville, à des expositions particulières, des pages fort expressives.


Une de ses peintures eut un succès colossal parmi les amateurs délicats et les ânes qui braient de joie lorsqu’ils passent devant une œuvre (1) ; elle faisait voir un gros hercule soulevant une énorme haltère dans une baraque en toile, avec pour admirateurs, les habituels spectateurs des deux sexes y compris les militaires ahuris, un pitre sec au maillot trop large donnant le signal des bravos, une femme à la poitrine débordante, en tutu jaune, tapant le tambour.
Cette interprétation du monde forain, la plus étonnante qu’il m’ait été donné de contempler, réunissant des types aux aspects brute et sentimental, animés par un dessin chercheur d’une audace et d’une énergie rares, au coloris brillant des notes plus vives, justes et harmonieuses, consacrait la renommée de l’artiste.

Suivirent plusieurs études de bateleurs en pastel ou peinture ; j’en acquis quelques uns que des amis trouvèrent comme moi d’une vérité criante, à tel point que lorsqu’il nous arrivait d’apercevoir au champ de foire une parade de ces nomades, nous étions d’accord pour dire, voilà des Ibels ! et cela ne s’est point perdu dans mon entourage.
Avec autant de maîtrise, Ibels fit défiler sous nos yeux les vedettes des cafés-concerts ; c’était Yvette Guilbert, c’était Jeanne Bloch dans les postures, avec les gestes que leurs nombreuses imitatrices ont fini par rendre si agaçants ; puis Kamhill, Irène Henry, la plantureuse Anna Thibaud, Camille Stéfani, Paulus, etc ; tous d’une parfaite ressemblance.
Le Théâtre Libre fut quelques temps l’objet de toute l’attention d’Ibels ; nous y avons gagné des silhouettes fort intéressantes de Gémier et Antoine dans leurs principaux rôles ; les programmes qu’il a illustrés pour certaines pièces datent de cette époque.


Par la façon dont il est campé dans ses poses familières, l’ouvrier a une importance considérable dans l’œuvre d’Ibels ; peu l’ont construit aussi solidement, et si n’a imité personne en le faisant vivre dans ses divers milieux, beaucoup l’ont pastiché dans sa forme, essayant vainement de le faire tenir debout avec du vide.
Des bouges où il a pénétré pour se documenter sont sortis des tableaux remarquables par la composition, une science exacte de coloris qui le classent parmi les meilleurs peintres, la trouvaille de cette atmosphère où se meut la fille qui fait profession d’amour : L’Invitation à Cythère ou une Vénus aux formes croulantes, mûre pour la retraite, déploie toute l’artillerie de ses séductions devant le Saint-Antoine, qui n’est autre qu’un jeune soldat résistant sans s’appuyer sur la vertu, est, entre tous, un drame triste.


Plusieurs hebdomadaires contiennent des dessins d’Ibels ; le Messager français, l’Echo de Paris illustré, l’Escarmouche dont il annonça la parution avec une affiche curieuse, l’Echo de la semaine, le Père Peinard insolent, mais libre, aux dessins pleins d’envergures.
Le Sifflet, réponse au Pstt, l’Assiette au Beurre, Le Cri de Paris, un livre, Les Demi-cabots tous les dessins de lui, une édition de La Terre de Zola en contenant des plus remarquables. Si vous feuilletez ce qu’il a produit jusqu’ici vous reconnaîtrez aisément que ce qui intéresse, préoccupe surtout ce maître du geste, c’est le vaincu.
Sa frappe d’apparence quelquefois grossière, ne l’empêche pas de se faire ressortir en d’exquises délicatesses et les colombines et certaines modernes, telles Jane Debary, Irène Henry, etc.


Je laisse cette étude incomplète, forcément, puisque Ibels, plein de santé à 36 ans, est en pleine possession de son art ; ses brillantes facultés d’observation devaient réveiller en lui de précieux dons d’auteur dramatique ; le Vaudeville a joué il y a deux ans avec un certain succès la Neige, et l’année dernière la Gaieté attira dans son immense salle, un public avide de connaître la Montansier, aussi intéressante à la lecture, qu’à la représentation.


Enfin Ibels s’est préoccupé du sort de l’artiste qui méconnu à ses débuts cède pour peu de chose, ses premières œuvres, alors que plus tard ou après sa mort des marchands ou amateurs se les disputent à de très gros prix ; ainsi Millet dont la Bergère, l’Angélus trouvèrent péniblement preneurs à quelques centaines de francs et qui ont atteint plus tard la première 1.200.000 francs, la deuxième 800.000. Il a fait présenter un projet qui a été adopté par le Conseil municipal de Paris ; et qui, codifié par le Parlement, réparera, pour les artistes et dans unecertaine mesure, les injustices de la destinée [I].


Achille Astre.



(1) Je les regardai au dernier salon d’automne, accompagnés de leurs dames, en extase devant ces Lautrec qui, dix ans auparavant, les faisaient rire aux larmes ; maintenant c’était les Cézanne qu’ils ne connaissaient pas encore, provoquant chez eux des manifestations hilares comme des pétarades de jument.

[I] Ce projet se trouve dans Une enquête sur le droit de l'artiste, publiée par Jean Ajalbert, Stock, 1905.


LE SALON DES INDEPENDANTS par H. G. IBELS
dans la Revue Méridionale de mai – juin 1905, N° 5-6, vingtième année.


Chaque année, cette manifestation artistique est une des plus importantes. Quelle jeunesse, quel enthousiasme, quel beau mépris des conventions dans la ruée vers tous les idéaux ! Sauf de très rare exceptions, toutes les œuvres exposées sont intéressantes, toutes témoignent d’un effort réel, et le succès des Artistes Indépendants est définitif. Trop définitif même, puisque nous voyons s’étaler, au bas de certaines œuvres, la mention : Acquis par l’Etat, donnant à ce salon une note officielle en désaccord avec sa belle devise : Pas de jury ! Pas de récompense ! Que l’on vende à l’Etats ou aux particuliers, c’est fort bien, et j’en suis heureux pour les artistes et pour la Société ; mais qu’on n’essaie pas de raccrocher les regards du public, en plaçant sur les cadres un écriteau quelconque, Acquis par l’Etat ou Vendu, semblant établir des distinctions entre les œuvres exposées.
Ceci dit, je manifeste librement ma joie d’avoir visité plusieurs fois cet intéressant salon.
L’exposition rétrospective des œuvres de Vincent Van Gogh était nécessaire, je ne la trouve pas assez complète.
Cet artiste extraordinaire, dont le génie confine souvent à la folie, restera un merveilleux dessinateur de paysages ; on peut citer son nom avec ceux de Claude Gelée et de Rembrandt. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder les dessins faits à Avernes-sur-Oise (sic) en 1889, les Glaneurs, les Moissonneurs.
Une autre exposition rétrospective ; celle des œuvres de Georges Seurat est d’un enseignement salutaire, et prouve qu’une large conception ne peut pas être asservie à un petit procédé, que les mathématiques et les théories physiques n’ont rien à faire avec l’Art, et que peindre la lumière, en décomposant les tons, est une erreur quand on obtient comme résultat une décoloration de la nature ainsi exprimée.
M. Marquet ébauche heureusement des paysages parisiens. M. Stephanicz nous transporte dans de beaux décors de parcs et de jardins.
Quelques dessinateurs, et principalement des caricaturistes étrangers triomphent en ce Salon.
Je ne connais pas d’art plus méconnus, plus incompris que celui de la caricature, que l’on confond toujours avec l’art caractériste, justement défini par Raffaelli.
Je tâcherais d’être bref et concis.
Nous n’avons pas de caricaturistes en France : Forain, Steinlen, Hermann Paul, Louis Legrand sont des caractéristes.
Willette est un délicieux poète de la palette et du crayon.
Léandre réussit superbement la charge, son art est peuple, celui de Sem est bourgeois, et celui de Cappiello est aristocrate. Caran d’Ache est un merveilleux journaliste et dessine des chroniques fort amusantes.
Mais cherchez un caricaturiste pur, c'est-à-dire un artiste dont le dessin, sans légende, par la seule valeur comique du trait, et non du sujet, provoque le rire spontanément, tel Hokousaï au Japon, Busch en Allemagne ?
J’en ai trouvé au Salon des Indépendants, ce sont des étrangers : M. Blix, suédois d’origine et de nationalité, descend directement de Busch par le talent. Je salue en lui un caricaturiste pur dont les œuvres pleines d’esprit sont exprimées nettement, définitivement. Son compatriote, M. Arosénius, est aussi très amusant en ses œuvres, moins personnelles cependant que celle de M. Blix. M. Matthes, allemand, joint à une observation comique très puissante, une exécution très finie, très soignée, qui fera rechercher ses œuvres.
A côté de ces trois caricaturistes, il y a quelques caractéristes dont le talent s’impose.
Le lecteur a droit à deux définitions, par comparaison, je vais les lui donner :
Le caricaruriste réalise complètement son art par la valeur comique du trait, je ne trouve pas d’autre expression, avec ou sans déformation.
Le caractériste est un observateur de la vie, dont il saisit le côté caractéristique, qu’il accentue, déforme, par le dessin et explique par la légende.
Le dessin d’un caractériste peut être gai, triste, suivant le sujet, il n’est jamais comique par lui-même, et se passe difficilement de légende.
Le dessin du caricaturiste est comique par lui-même, se passe souvent de sujet et toujours de légende explicative.
Le caricaturiste s’exprime drôlement. Le caractériste exprime des choses drôles… ou tristes le plus souvent, puisqu’il est observateur né des mœurs de son époque, et que je ne connais pas d’époque gaie !
Je termine cette comparaison en me servant d’une formule souvent employée, pour permettre de saisir les nuances qui différentient deux choses semblables extérieurement :
« on nait caricaturiste… on devient caractériste »
Je signale maintenant les caractéristes dont les œuvres m’ont particulièrement attiré dans ce Salon.
M. Naudin est un admirateur de Callot, et son admiration ne l’empêche pas d’avoir une vision et une exécution très personnelle dans ses eaux fortes les Affligés.
Mlle Kollurtz est digne d’illustrer les œuvres de son compatriote Gérard-Hauptmann – l’auteur des Tisserands – La danse autour de la guillotine est une des plus fortes œuvres que je sache.
Le hollandais Van Dongen est loin d’être un inconnu. Ses dessins dans L’Assiette au Beurre l’ont de suite placé, de plus un chercheur, sa Descente aux enfers de la déesse Istar est une composition des plus curieuses, ses tableaux décèlent un effort incessant.
M. Dufresne, dans ses dessins et ses pastels, exprime heureusement des Paradis et des Chanteuses.
M. Noblet expose des croquis qui promettent un dessinateur puissant : et M. Schutzemberger enlève des silhouettes à la pointe du pinceau, avec une rare maëstria.
Je me suis efforcé d’écrire mes impressions, spécialement pour tenir les lecteurs de la Revue Méridionale au courant du mouvement artistique qu’on peut enregistrer, surtout au Salon des Indépendants. Qu’ils me pardonnent les répétitions de mots, tels que valeur, coloris, dessin, vision, harmonie, composition, ils constituent notre répertoire d’artiste, ils résument toutes nos recherches et l’on est encore un bel artiste quand on a satisfait aux exigences d’un seul d’entre eux.

H.–G. IBELS.

Le Dîner du PIERROT (bis)

UN DOCUMENT
Je citais dans un billet précédant deux articles extraits du journal de Willette Le Pierrot, articles consacrés au premier dîner du Pierrot, l'auteur signant "Echo" y décrivait le menu imprimé par G. Poirel et Cie, aujourd'hui, surprise en fouillant dans une pile de Pierrot, je tombe sur ce menu, l'exemplaire au nom de Gabriel Randon, futur Jehan-Rictus, poète-collaborateur du journal. Je ne pouvais faire moins que de le reproduire ici.

"L'encadrement du menu, formé de la collection du Pierrot déployé en éventail, était dû à l'imagination de MM. Poirel et Cie. Il était tiré d'une façon soignée. Ce n'est pas le moindre souvenir durable de ce banquet."

mercredi 24 octobre 2007

PONCHON GOURMONT

Un blog à visiter : Celui consacré à Raoul Ponchon (1848 - 1937), on y retrouve des centaines de gazettes rimées du prolixe chroniqueur en vers du Courrier Français.

Une parution : Rémy (sic) de Gourmont : L'Idéalisme. Précédé de Celui qui ne comprend pas. Stalker éditeur, Collection Dumping, 64 pages. (5 euros). Réunion de textes sur l'idéalisme et le Symbolisme.
Sous une très belle couverture, dans une collection à bon marché, un choix judicieux de textes, même si je persiste à regretter le "saucissonnage" de l'oeuvre gourmontienne, ces textes essentiels et peu connu sur le Symbolisme méritaient cette réédition. Maintenat venons en aux critiques : il est dommage, qu'aujourd'hui encore - malgré les efforts d'une cohorte "d'amateurs" fervents et sérieux (1) pour faire connaître la vie et l'oeuvre de Gourmont - l'on soit encore obligé de rappeler que Rémy de Gourmont à pour nom de plume Remy de Gourmont, cet accent n'est peut-être qu'un détail, mais l'auteur l'a voulu ainsi, et les tous les éditeurs, du Mercure de France aux plus récents, ont respecté cette orthographe.

Extrait du site de l'éditeur : "Car, ainsi que l’explique Rémy de Gourmont, les deux s’étaient mariés… pour le meilleur de l’Art et de la Littérature et pour le pire… de la tranquilté de la populace d’alors." Curieux hommage à l'auteur de l'Esthétique de la langue française.

(1) Voir : Le titanesque travail de Christian Buat, sur le site remydegourmont.org, l'étude de Charles Dantzig, les publications de Thierry Gillyboeuf, celles de Henri Bordillon, le colloque de Cerisy, les articles et préfaces d'Hubert Juin, l'excellente thèse de Karl D. Uitti, d'autres que j'oublie.

mardi 23 octobre 2007

LES PETITS RIENS DE LIVRENBLOG

Continuant son exploration de la littérature des à cotés, de la note de bas de page au compte-rendus de lectures des revues, des légendes d'illustrations aux prière d'insérer, le blogueur dilettante, toujours aussi fâché avec le tri plonge dans son fouillis pour en pêcher quelques infos infimes et détails indispensables le tout illustrés d' images.

Relévé sur la page de dédicace de Les Plaisirs de l'enfer de Sylvain Bonmariage, roman précédé d'un essai sur l'Erotisme dans l'art, aux éditions Raoul Sailland :

A / Madeleine de Swarte / Subtil et courageux auteur / de / Les Caprices d'Odette / Mady Ecolière / Les Fourberies de Papa / Les Mignons / qui excusera ce livre / parce qu'elle a écrit / aussi / à l'école de Willy.

Madeleine de Swarte (1887-1952) fut la secrétaire-maîtresse de Willy à partir de 1906, et restera près de lui jusqu'à sa mort. En plus de la liste ci-dessus elle est aussi l'auteur de La Femme sans regard ou L'Enterrement d'une vie de jeune fille. Mady écolière, était présenté comme "écrit en collaboration avec Willy", plus intéressant que ce "Claudine à Genève", ses Fouberies de Papa nous font mieux connaitre le personnage de Willy, celui qu'il voulait bien laisser transparaître. Après la mort de Willy, Madeleine de Swarte épousera Sylvain Bonmariage (auteur d'un Willy, Colette et moi, et d'un volume de souvenirs Mémoires fermés) qui fut lui aussi un secrétaire-collaborateur de Willy.

Lu dans Le Pierrot de Willette :
Le Dîner de Pierrot
Le titre dit dîner, l'écho répond baptême

C'est en effet le baptême du Pierrot qui a eu lieu samedi dernier à l'auberge du Clou. Pierrot a atteint son sixième mois, ses dents le font bien encore un peu souffrir, cependant il commence à mordre.
Willette l'a tenu sur les fonts baptismaux, assisté de la société suivante :
La Rédaction et ses amis :
Mélandri, Pimpinelli, Fernand Mazade, Louis Gaillard, Gabriel Randon, Rodolphe Darzens, Henri Papin, Auguste Roedel, Desca, Charles Chincholle, Decaux, de Bliou, le directeur Willette, Léopold Dauphin, Henri Derville, Ribeyrol, Dupérelle, Delarue, Ogier, Poirel, Georges Roch, Fernand Pelez, Eugène Bessin.
L'encadrement du menu, formé de la collection du Pierrot déployé en éventail, était dû à l'imagination de MM. Poirel et Cie. Il était tiré d'une façon soignée. Ce n'est pas le moindre souvenir durable de ce banquet.
Quant au menu lui-même, l'éloge du patron de l'auberge du Clou n'est plus à faire ; M. Paul Tomaschet a officié d'une façon divine au baptême de Pierrot.

ECHO

Dans sa rubrique Cris de la Butte, Roedel, à propos de ce dîner précise : "j'avais à ma droite le long, l'Eiffelleux, le chevelu, le chouette poète Darzens [...] nous nous sommes tous cuités bons amis"

Rodolphe Darzens (pour en savoir plus sur le poète symboliste, futur biographe de Rimbaud, secrétaire du théâtre Antoine, marchand de bicyclettes et coureur automobile, voir Jean-Jacques Lefrère : Les saisons littéraires de Rodolphe Darzens Fayard), Gabriel Randon (futur Jehan-Rictus), Léopold Dauphin (alias Pimpinelli, musicien et poète, futur beau-père de Franc-Nohain), mais aussi Emile Goudeau (rédacteur en chef jusqu'au numéro 11), Alfred Poussin, Jules Bois, seront des collaborateurs de ce journal dont Willette écrira dans le numéro 1 "Enfin nous voici chez nous, et nos dix ans de bohème sont enterrés".
Puisqu'il est question de Pierrot, personnage récurrent dans une fin de siècle ou renaît la pantomime (voir Pierrot Fin-de-siècle par Jean de Pallacio, Séguier, 1990) à noter deux piécettes peu connues avec un Pierrot pour héros.

Revers (Henry) La Mort de Pierrot. Pantomime en un acte. Brunot & Grohmann, Londres, 1904, in-12, agrafé, 22 pp., illustré de dix croquis de l'auteur posés par le Mime Séverin.
Un Pierrot qui se refuse à jouer un Pierrot moderne et cynique.

Marthold (Jules de) : Pierrot Municipal. Comédie en un acte, en vers. Bibliothèque de La Plume, 1896, petit in-12, broché, 44 pp., édition tirée sur papier vergé.
Représenté pour la première fois au Théâtre du Gymnase le 14 février 1896.
Pierrot est ici le maire tyrannique d'un village. Profitant de son pouvoir, il tente de séduire Colombine qui amoureuse d'un Arlequin-poète se refuse à lui.

Et quelques Pierrots de plus :

dimanche 21 octobre 2007

LA MOISSON CONTINUE P. FORT P. IRIBE BOUHELIER

Trouvé cette semaine

"On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans", Paul Fort ne le fut sans doute ni plus ni moins que d'autres, mais une flamme l'animait, l'amour de la poésie et du théâtre, entendant Alfred Vallette déclarer à Samain et Dumur " Ce qui manque à cette école, c'est un théâtre", il décide de créer ce théâtre et d'en être le directeur. Nous sommes en 1888, ce théâtre sera le Théâtre d'Art, Paul Fort "sèche" les cours de Louis-le-Grand, et monte les pièces de Pierre Quillard, Charles Van Lerberghe, Remy de Gourmont, Rachilde, Villiers de l'Isle-Adam, Charles Morice, Maurice Maeterlinck, des Chansons de Geste, un poème de Mallarmé et Le Corbeau d'Edgar Poe, le tout dans des décors peints par Gauguin, Vuillard, Bonnard, Bernard, Sérusier... Avec son Théâtre d'Art il ouvrira la voie à Lugné-Poe et au Théâtre de l'Oeuvre. Dans ses Mémoires il montre la fascination exercé sur lui et quelques uns de ses camarades, la nouvelle génération de poètes et écrivains et narre sa première visite au Café-Voltaire, afin d'y rencontrer les poètes nouveaux, on constatera que le jeune homme, à peine dix-sept ans, fut surtout marquer par l'allure et la mise des gendelettres.

"Il existait à cette époque - en 1888 : j'avais dix-sept ans à peine - une école littéraire audacieuse et tout idéaliste, le Symbolisme, fourmillante de beaux esprits et de poétes que nous admirions sans les connaitre : de Stéphane Mallarmé à Paul Verlaine, ceux-là des dieux, de Verhaeren et Henri de Régnier à Stuart Merrill, de Saint-Pol-Roux-le-Magnifique au tout modeste Albert Samain voir du grand mage de la Rose-Croix, Joséphin Péladan, que nous imaginions chapeauté d'un haut bonnet étoilé, à Téodore de Wyzewa [...]

Il continue par un instantané du Café Voltaire en 1888 :

"Nous apprîmes que derrière l'Odéon une grande partie de ce beau monde se réunissait chaque jour à l'apéritif ou dans la soirée, en un certain illustre Café Voltaire. timidement, nous y fûmes, et c'était, je crois, autant que pour nous initier aux mystéres de la poésie, pour admirer de près l'éclatante beauté de Madame Rachilde, le monocle hautain de Régnier, le flegme de Vielé-Griffin, la magnificence de Saint-Pol-Roux, l'impeccable veston noisette du chevalier du Plessys de Linan, le gilet à Chasse-à-courre de Dujardin, la barbe assyrienne de Fontainas, la cravache de Laurent Tailhade, l'allure de page de Merrill, le bidon rabelaisien du cher Demolder et - en outre ! - les moustaches impériales et bleu corbeau, de Jean Moréas."
Fort (Paul) : Mes Mémoires. Toute la vie d'un poète 1872-1944. Flammarion, 1944, in-12, 230 pp.

Dans L'Assiette au Beurre N° 108, 25 avril 1903

Un clin d'oeil à Saint-Georges de Bouhélier et au Naturisme

"Je suis un peu comme M. Saint-Georges de Bouhélier... J'aime la nature."

Esthétes ! numéro entiérement illustré par Paul Iribe.

MOISSON DE LA SEMAINE : MIRBEAU GODOY RACHILDE

Trouvé cette semaine :

L'Assiette au Beurre N° 61 - 31 mai 1902 Têtes de Turcs rédigé par Octave Mirbeau, illustrations de Léopold Braun. L'occasion de signaler le blog de Pierre Michel, le site des Cahiers Octave Mirbeau, et le site de Pierre Michel où l'on retrouvera la liste de ses préfaces et articles disponibles en ligne. Que de travaux publiés, de rééditions, de colloques, depuis l'excellente biographie L'Imprécateur au coeur fidèle, il est vrai qu'Octave méritait bien un tel défenseur de son oeuvre.

Têtes de Turcs - Extraits :

Henri Rochefort : "lorsqu'on le rencontre, on peut se demander, au relent qu'il laisse derrière soi, si c'est son estomac ou sa méchanceté qui font qu'il pue !"

Boni de Castellane : "Le môme Frisé."

Brieux : "le Brieux est l'ennemi du bien."

Jules Lemaitre : "il est tombé, pour longtemps, de la poudre de riz du dilletantisme, dans la boue gluante du mensonge."

Paul Bourget : "Sachant qu'elle tenterait peu d'éditeurs, dans l'avenir, a commencé la publication de ses oeuvres complètes in-octavo. Et, de ce fait, Il est entré vivant dans la mortatlité"

François Coppée : "C'était un tout petit rimeur des Batignolles..."



MEDITERRANEA, revue mensuelle, dirigée par Paul Castéla, 3e année, N° 27, Mars 1929, numéro consacré à Armand Godoy, le poète du Musicisme. En voici le sommaire, un vrai Bottin.

Jean Royère : Lettre. Saint-Paul (sic) -Roux (1) : Lecture vivante dans ma solitude. Marcel Prévost (de l'Académie Française). Louis Barthou (de l'Académie Française) : Lettre. Ch.-M. Widor (de l'Académie des Beaux-Arts) : Armand Godoy. Paul Fort : Armand Godoy : autographe. Charles-Adolphe Cantacuzène : Lettre. Maurice-Pierre Boye : Armand Godoy et l'amour de la poésie. F. Beltrand-Masses : Portrait d'Armand Godoy (Hors-Texte). Francis Jammes : Pour Armand godoy, poème (autographe). Paul Gsell : Armand Godoy. Edmond Joly : Pour Armand Godoy. Robert de la Vaissière : Sur le poéte Armand Godoy. Georges Migot : Armand Godoy. Victorio Macho : Dessin. Camille Mauclair : Hommage à Armand Godoy (autographe). O. V. de L. Milosz : Lettre. F. Beltrand-Massé : Dessin (Hors-Texte). Francis de Miomandre : Armand Godoy. Valery Larbaud : Lettre. Charles Tillac : Lettre. Rachilde : Pour Armand Godoy. Fernand Divoire : Hommage à Armand godoy (autographe). Robert Randau : Lettre. René Lalou : Un grand souffle d'amour. Emmanuel-A. Marin : Lectures dans l'oeuvre d'Armand Godoy. Pierre Lagarde : Armand Godoy. André Sinet : Dessin (Hors-Texte). Yves Gandon : La Technique poétique d'Armand Godoy. Louis de Gonzague-Frick : Armand Godoy. Jane Catulle-Mendès : Armand Godoy. René de Brimont : Armand Godoy. Hélène Vacaresco. Claire et Yvan Goll : Hommage à Armand Godoy. Claude Farrère : Le poète curieux de tout. Emile Alder : Dessin. Henri de Régnier (de l'Académie-Française) : Armand Godoy (autographe). Charles-André Grouas : Ut musica poesis. Mariette Lydis : Eau-forte (Hors-Texte). Robert Chabrie : Les réminiscences Créoles d'Armand Godoy. André Mora : L'évasion mystique en poésie. Marcel Batilliat : armand Godoy poète de la musique. Armand Godoy : Rondo de Ph. E. Bach (Hosanna sur le Sistre). Jean Carrère : Le Drame de la Passion, par Armand Godoy. Théo Varlet : Le Sacre d'Armand Godoy (poème). René Verrier : La création rythmique de la beauté. Hrand Nazariantz : A Armand Godoy (poème). Portrait d'Armand Godoy avec son fils Jean-Charles (Hors-Texte). Emmanuel Lochac : Armand Godoy. Emile Alder : Bois gravé. Ernest Raynaud : Armand Godoy. Jean Dorsenne : Armand Godoy. José Vial : Adoption de la France. Alfred Poizat : Lettre. Renée Dunan : Armand Godoy. Phileas Lebesgue : En l'honneur d'Armand Godoy. Prince du Musicisme verbal (poème). Lugne-Poe : Lettre. Gabriela Mistral : El caso Armand Godoy. Yves-Gérard Le Dantec : Au commencement était le rythme. Portrait d'Armand Godoy à Cuba (Hors-Texte). Tristan Klingsor : A propos du Carnaval de Schumann. Manuel Ponce : Preludio Cubano (manuscrit musical). Vincent d'Indy : Lettre (autographe). Franz Toussaint : Lettre. René Dumesnil : Armand Godoy et la musique. F. Casadesus : Je suis amoureux d'une femme (manuscrit musical). Rhené-Baton : Lettre (autographe). Joaquin Nin Culmell : Et la nuit lumineuse où pleure le palmier (manuscrit musical). Léon-Marie Brest : Armand Godoy et Paul Valéry. Florent Odero : Danses cubaines (manuscrit musical). Adolphe de Falgairolle : Armand Godoy et la syncope en poésie. Paul Prist : Armand Godoy et la polyrythmie. Malcolm Mac Laren : Hommage au grand poéte Armand Godoy (poème). Jules Mayor : Armand Godoy. Nicolaï Dontchev : Armand Godoy. Edmond Spalikowski : Pour Armand Godoy. Pierre Chanlaine : Armand Godoy. Gabriel Boissy : Armand Godoy. F. Beltran-Masses : Dessins (Hors-Texte). Charles Tenroc : Armand Godoy. André Payer : Considérations sur l'art d'Armand Godoy. Victor-Emile Michelet. Paul Gaultier. Pierre Paraf : Armand Godoy. Armand Got : Armand Godoy. Frédéric Lachèvre. Giuseppe Cartella-Gelardi : Elogio della poesia di Armand Godoy. Armand Godoy : Prélude de Chopin, Hosanna sur le Sistre (autographe). Louis Thomas. U. V. Chatelain : Edgar Poe et Armand Godoy. Gabriel Brunet : Armand Godoy, poète baudelairien. René Chalupt : Hommage à Armand Godoy. Paul Jamati : L'Inspiration d'Armand Godoy. Edmond Pilon : Godoy, quand les mouettes... (poème). Maria Atherton : Armand Godoy : a brief appreciation. Eduardo Aviles Ramirez : Lettre suivie d'un poème en espagnol. Portrait d'Armand Godoy à sa table de travail (Hors-texte). Francis de Miomandre : Et sesquipedalia verba... (poème autographe). G. Govone : Hommage à Armand Godoy. Gaston Picard : Les Trésors manuscrits d'une bibliothèque. Georges Jamati : Armand Godoy. Jean Tortel : Ferveur d'un jeune. Jules Mouquet : Un poète du sentiment. André Cadou : Havane (manuscrit musical). René Richard : Les deux Méditerranées. Joseph Rivière : Armand Godoy. Armand Godoy, Mme Armand Godoy, leur fils et leur fille ainès à Cuba (Hors-texte). Paul Petiot : Armand Godoy, prince du rythme. Jacques Patin : Armand Godoy. P. R. Wolf : Armand Godoy. Pierre Mornand : Armand Godoy. Le R. P. Marcel Jousse (autographe). Léon Frapié Lettre. Ventura Garcia Calderon : Lettre. André Coeuroy : Lettre. Habib Benglia : Lettre. Léon Gosset : Armand Godoy. Joaquin de Luna : En el Homenaje a Armand Godoy. J. J. Rabearivelo : Lettre. Fac-similé du journal d'écoliers publié à Lima, contenant le premier poème imprimé d'Armand Godoy (Hors-texte). Georges Normandy : Armand Godoy intime (avec une page autographe d'Armand Godoy). Paul Castela : Estampe primitive sur bois. Armand Godoy : Le Brasier Mystique, poème inédit (fragment) 2me partie. Bibliographie. Armand Godoy et l'Opinion Universelle.

(1) Dans l'article Saint-Pol-Roux retrouve son pseudo correctement orthographié.

"En ce temps-là l'esprit de la littérature soufflait sur les bocks du cabaret de la Mère Clarisse, appelé famillèrement ainsi par ses habitués. Un cabaret dit alsacien, où la bière de Strasbourg venait de Strasbourg même ! Petit coin de la rue Jacob, un peu sombre, tranquille, n'accrochant pas le regard par des tons violents, selement orné de bons tableaux du peintre Feyen-Perrin, barques de pêche et vues du large sans trop de houle pour les promenades berceuses de la rêverie.
Se réunissant là, autour de cinq ou six tables, des hommes faits pour s'entendre à mi-voix : Van Muyden, graveur de talent, qui esquissait les têtes de ses amis sur un album, malheureusement perdu, Charles Cros, Beauclair, Montaigu, le peintre Alfred Poussin, Paul Morisse, Albert Samain, Georges Lorin, Marsolleau, Paul Arène, Metcalff, Willam Vogt, Edouard Dubus, Louis Denise, Ratez, Raoul dumon, Bonheur, l'ami et conseiller d'Albert Samain, Alfred Vallette..."

C'est ainsi que commence Portraits d'Hommes de Rachilde, ces réunions se tenaient vers 1884-1885 et rappellent celles décritent par Riotor dans ses souvenirs sur Montmartre donnés dans un billet précédent.

Rachilde : Portrait d'Hommes. Mercure de France, 1930, in-12, portrait frontispice par Nel Aroun.
Alfred Vallette. Maurice Barrès. Willy. Jules Renard. Jean Lorrain. Albert Samain. Paul Verlaine. Jean de Tinan. Laurent Tailhade. Jean Moréas. Léon Bloy. Louis Dumur. Remy de Gourmont. Paul Léautaud. Léon Delafosse.

vendredi 19 octobre 2007

Léon RIOTOR

Après la reproduction des Phalanstériens de Montmartre, il m’a semblé nécessaire d’en présenter l’auteur. Lyonnais, Léon Riotor est né en 1865 et mort à Paris en 1946. Léon Frapié dans un numéro du Sagittaire, revue de F.-A. Cazals, se charge de tracer le portrait de l’auteur des Raisons de Pascalin. Ne donnant jamais son avis sur les œuvres de son confrère, il se contente de dresser la liste de ses collaborations aux journaux et revues, de donner une liste de ses ouvrages, et un florilège de comptes-rendus piochés dans la presse. Afin de compléter un peu ce portrait, il faut signaler qu’en plus d’une carrière bien remplie dans les lettres, Riotor mena une carrière politique au Conseil Municipal de Paris. A propos de la période héroïque de Montmartre dont il est question dans le billet précédant, Riotor y reviendra en 1926 dans un roman à clef La Colle. Récit du temps de Montmartre, publié chez Fasquelle. Un roman qui se déroule entre le Chat Noir (Le Cloporte dans le roman), le Rat Mort, le Divan Japonais, etc. Les personnages y apparaissent pour beaucoup d’entres-eux sous leurs véritables noms : Emile Goudeau, Jules Jouy, Léon Bloy, Alphonse Allais, Paul Delmet, Aristide Bruant, Charles de Sivry, d'autre comme Rodolphe Salis (détesté par Riotor) ou Jehan Sarrazin, sont cachés sous des patronymes transparents. Un témoignage vivant, comme la description de La Vachalcade, inséré dans un récit assez classique sur le "collage" d'un sculpteur plein d'avenir avec une fille légère. Un témoignage sur les moeurs de la Butte et de la vie de bohème qui sera suivi d’un autre dans le même esprit (qu’il me faut encore trouver), Les Taches d’encre, publié en 1929.

Nos Collaborateurs

Léon RIOTOR

Par Léon Frapié

Le Sagittaire N° 4, septembre 1900

Je suis heureux de saluer Léon Riotor : il y a tant de gens qui s’affublent effrontément du titre d’homme de lettres pour avoir produit cinquante lignes de réclame ou de niaiserie sentimentale !
« Depuis qu’âgé de quatorze ans, il donnait ses premiers vers au supplément littéraire du Petit Lyonnais, Léon Riotor n’a jamais cessé de produire. »
Voici, en effet (d’après la Revue biographique contemporaine) la liste des publications auxquelles il a succintement (sic) collaboré : a la Réforme dernier journal de Gambetta ; le Réveil, le Mot d’Ordre, l’Evénement, l’Echo de Paris (1884-1886), le Figaro (1890-1892), le Journal (1892), la Nation et le Courrier du Soir (1890-1893), et toutes nos revues, parmi les quelles la Plume, le Mercure de France, la France Scolaire, la Revue Encyclopédique, etc. Il a publié divers Salons et étudié les artistes de ce temps dans l’Artiste, la Plume, la Revue populaire des Beaux-Arts, l’Album des Musées. Il a donné des nouvelles à la Revue Critique, à la Vie Populaire, à la Revue Illustrée, au Supplément de la Lanterne, au Soleil du Dimanche, au Gil blas illustré, au Bon Journal, à la Revue de l’Evolution, à la Revue des Journaux et des Livres, au Musée des Familles, à la Revue de France, etc., des romans à la Cocarde, au Petit National, à la Nation, à la France Nouvelle, à l’Ecolier Illustré, à la Lanterne.
Certes, dira-t-on, voici des références notables, et quelqu’un peut, avec elles, s’honorer du titre d’homme de lettres…
Et bien tout cela ne compte pas et ne vaut pas la peine qu’on en parle, vous dira modestement Riotor. Il y a une énumération plus sérieuse à faire, celle des ouvrages en librairie. Je la trouve sur la couverture d’une étude consacrée à Auguste Rodin, statuaire,publiée en quatre langues et mise en vente à l’occasion de son Exposition, et la voici :


OUVRAGES
de Léon RIOTOR

Poèmes légendaires

Le Pécheur d’anguilles.

Le Sage Empereur.

Fidelia.

Jeanne de Beauvais


ROMANS


Agnès.

L’Ami inconnu.

Le Pressentiment.

Le Pays de la Fortune.

La Vocation merveilleuse du célèbre cacique Piédouche.

Les Raisons de Pascalin.

THEATRE


L’Excuse, 1 acte (avec Felice Cavalotti).

Noce bourgeoise, 1 acte (avec Ernest Raynaud).

ESSAIS


Les Enfers bouddhiques.

Le Parabolain. – Le Sceptique loyal.

Sur deux Nomarques de Lettres.

Des Bases classiques allemandes.

Essai sur Puvis de Chavannes.

La Mode et le Mannequin.

Les Arts et les Lettres.


Il conviendrait d’ajouter un mot sur cette œuvre considérable, si je craignais qu’on attribue trop de complaisance à mon amitié pour Riotor. Je me bornerais donc à cueillir, dans un monceau de publications diverses, un bouquet d’appréciations sur quelques-uns des ouvrages énumérés ci-dessus.
De M. Edgar Base, dans la Fédération Artistique de Bruxelles, sur Jeanne de Beauvais :
« … Un poème théâtral, destiné au peuple, au plein air, comme les mystères de jadis et dont la portée archéologique et pittoresque s’allie (sic) curieusement à une prosodie brusque et vivante qui a dû tenter certes un jeune compositeur. La mise en scène de cette œuvre lyrique et l’envolée patriotique est réglée minutieusement, et l’œuvre serait certes vouée à un succès populaire. Elle se compose de quatre épisodes scéniques mouvementés et d’un caractère frappant. La coupe des vers rappelle parfois la sonore énergie du Sage Empereur, et le sentiment du drame y est élevé à une expression intense… »

Sur le Sage Empereur, ces quelques lignes d’une étude critique publiée dans la Réforme :
« C’est là, réellement, un beau poème légendaire, conçu en des idées riches de force et de paix, poème écrit en une poétique affranchie de la métrique conventionnelle « mais sobrement affranchie » ce qui me séduit au lieu de me déplaire… Le Sage Empereur est un livre à méditer par les princes de la terre. Cette œuvre est une page énorme de l’histoire du passé et une page claire et sobre pour l’histoire de l’avenir. »
Dans le même article, il est parlé de l’Ami inconnu « doux et joli roman. C’est l’amour qui se montre frivole et qui trompe longtemps pour enfin donner à la jeune vierge qui trépasse brisée, presque son illusion seule, car le baiser premier et suprême est si court au seuil de la fin des choses et des rêves humains… »
Au sujet du Sage Empereur, de M. Paul Dupray, dans l’Indépendance Belge : « C’est là un évangile versifié à l’usage du Souverain, un manuel ironique et philosophique et qui fut encore précurseur. Comment douter en effet que le Sage Empereur soit autre que Nicolas II ? Pourtant ce livre a, de quelque temps, précédé la circulaire du comte Mourawieff. Nul soupçon entre Riotor et ce ministre, de quelque connivence… (1) De M. J. –S. Barès dans le Réformiste : « quant à la forme, l’auteur a voulu briser la règle de Malherbe et de Boileau, devenue banale dans son cadre étroit, et ne se prêtant plus guère aux vivacités de formes et d’images qu’on peut espérer d’une philosophie plus libre dans une rhétorique plus ample. Il ne répudie pas absolument la règle, mais il s’en sert sans contrainte… ».

La vocation merveilleuse du célèbre cacique Piédouche, nous dit Camille de Sainte-Croix, dans la Petite République « est un bon roman de satire littéraire, dont maint pédant allégoriste gardera les marques ». « C’est une amusante et pétulante satire des mœurs méridionales. » (Mémorial de la Librairie.)
« On sent que M. Riotor a connu beaucoup de ces encombrants personnages. Quelques-uns semblent même être reconnaissables, aussi bien que la ville de Grabidous où se déroule la jeunesse de Piédouche et la Tanflique sur laquelle il navigue, n’est-ce pas Toulousain ? » (G. de Kéromen, Revue populaire des Beaux-Arts).
« On aurait tort d’y rechercher un recueil de philosophie transcendantale, en dépit des considérations et des réflexions comitantes qui suivent chaque chapitres, auquel les relie un fil assurément bien ténu. Mais quelle fantaisie piquante et quelle verve railleuse dans ces réflexions ! » (Eug. Gilbert, Revue Générale.)
« Le célèbre cacique Piédouche a pour aïeux Don quichotte, Pantagruel et Gulliver. Il ne fait pas mauvaise figure auprès de ses illustres prédécesseurs. » (Paul Aubriot, la Revue de France.)
« Cette œuvre est l’étincelante fantaisie d’un maître ironiste, la flagellante satire des Cénacles et des Petites chapelles. La raison y revêt des oripeaux de carnaval dont elle s’accommode joliment pour railler à son aise. Je ne connais pas de prose plus amusante, plus captivante, de gaîté plus folle et plus franche. » (Charles Grolleau, le Rappel.)
La place me manque pour donner sur les autres ouvrages de Léon Riotor et sur l’homme lui-même, les appréciations jadis publiées de Francisque Sarcey, Fernand Xau, Paul Alexis, Georges Auriol, Henri de Camboulives, Henri de Braisnes, Alphonse Boubert, J.-L. Croze, Edmond Lepelletier (Echo de Paris), Philippe Gille (Figaro), Louis Lumet, Charles Fainel, Georges Dessoinville, etc., etc.
D’ailleurs, il convient de laisser les lecteurs de cette revue se faire eux-mêmes leur opinion sur l’œuvre de Léon Riotor, et si, comme je le pense, cet écrivain est un artiste consciencieux, érudit et vibrant, ils en jugeront aussi bien que moi.


Léon Frapié


(1) Peu de temps après la publication de cet article, l’Evènement annonçait que la censure venait d’interdire l’introduction en Russie du poème le Sage Empereur.


Léon Riotor sur Livrenblog : Léon RIOTOR par Fernand CLERGET et Louis LUMET. Les Phalanstériens de Montmartre.

mercredi 17 octobre 2007

BIBLIOGRAPHIES DE BIOGRAPHIES


Après Les Célébrités Contemporaines aux éditions de La Nouvelle Revue Critique, la bibliographie, non exhaustive, d’une autre collection de biographies, Les Célébrités d'aujourd’hui, commençée en 1903 à la Bibliothèque international d’édition, cette collection sera poursuivie sous la marque d’E. Sansot. La collection est publiée sous la direction de E. Sansot-Orland, Roger Le Brun et Ad. Van Bever, avec des ornementations typographiques de Manuel Orazi.

Il existe aussi chez Sansot, Chiberre une collection intitulée Les Célébrités dramatiques et lyriques de la scène française.

[Adam] Batilliat, Marcel : Paul Adam. biographie illustrée de portraits, caricatures, autographes ; suivie de divers fragments de critique et d'un essai de bibliographie, portrait-frontispice de Jacques Blanche, têtes de pages, lettres ornées et culs-de-lampe d'Orazi. Bibliothèque internationale d'édition, 1903, 35 p.-[2] f. de pl. Les Célébrités d'aujourd'hui

[Barthoud] Bertaud, Jules : Louis Barthou. biographie critique... suivie d'opinions et d'une bibliographie. Sansot, s.d., 52 pp. Les Célébrités d'aujourd'hui

[Baudrillard] Habloville (Claude d') : Mgr. Baudrillard. biographie critique, suivie d'opinions, d'un autographe et d'une bibliographie… Paris, E. Sansot, 1921, 40 pp. Les Célébrités d'aujourd'hui

[Bazin] Bersaucourt, Albert de : René Bazin. Biographie critique, suivie d'opinions et d'une bibliographie. Paris, E. Sansot, s.d., 63 p., portrait et fac-similé, in-16. Les Célébrités d'aujourd'hui.

[Bourget] Grappe, Georges : Paul Bourget. Biographie precedee d'un portrait frontispice illustrée de divers dessins et d'un autographe suivie d'opinions et d'une bibliographie. Ornements typographiques d'Orazi. Sansot. 1904, 39 p. Les Célébrités d'aujourd'hui.

[Brieux] Bertrand, Adrien : E. Brieux. biographie critique suivie d'opinions, d'un autographe et d'une bibliographie... Paris : E. Sansot, 1910, 64 p., portrait, in-16. Les Célébrités d'aujourd'hui

[Brunetière] Richard, L. R. : Ferdinand Brunetière. biographie critique... suivie d'opinions et d'une bibliographie Sansot, 1905, 72 pages. Les Célébrités d'aujourd'hui

[Burnat-Provins] Malo, Henri : Marguerite Burnat-Provins. Biographie critique illustrée d'un portrait frontispice et d'un autographe, suivie d'opinions et d'une bibliographie. Paris, Sansot, 1920, in 12 broché, 40 pages. Les Célébrités d'Aujourd'hui

[Capus] Quet, Édouard : Alfred Capus. Biographie précédée d'un portrait frontispice, illustrée de divers dessins et d'un autographe, suivie d'opinions et d'une bibliographie. Ornements typographiques d'Orazi. Paris : E. Sansot, 1904, 43 p., in-12. Les Célébrités d'aujourd'hui

[Claretie] Durel, Petrus : Leo Claretie. Biographie critique illustrée d'un portrait frontispice et d'un autographe, suivie d'opinions et d'une bibliographie. Paris, Sansot, 1906, in 12 broché, 68 pages. Les Célébrités d'Aujourd'hui.

[Clémenceau] Le Blond, Maurice : Georges Clémenceau
. biographie critique illustrée d'un portrait-frontispice et d'un autographe, suivie d'opinions et d'une bibliographie. Paris, E. Sansot, 1906, in-18, 56 p. Les Célébrités d'aujourd'hui

[Coppée] Gaubert, Ernest : François Coppée. biographie critique illustrée d'un portrait frontispice et d'un autographe, suivie d'opinions et d'une bibliographie. Paris, E. Sansot, 1906 In-18, 70 p. Les Célébrités d'aujourd'hui.

[Curel] Le Brun, Roger : F. de Curel. biographie critique illustrée d'un portrait frontispice et d'un autographe, suivie d'opinions et d'une bibliographie… Paris, E. Sansot, 1905, 84 p. Les Célébrités d'aujourd'hui.

[Delarue-Mardrus] Sirieyx de Villers, Emilie : Lucie Delarue-Mardrus. biographie critique... suivie d'opinions et d'une bibliographie Paris, Éditions Sansot, 1923, 40 p., portrait, autographe, in-16. Les célébrités d'aujourd'hui

[Déroulède] Matter, Florent : Paul Déroulède. Biographie biographie critique illustrée d'un portrait frontispice et d'un autographe, suivie d'opinions et d'une bibliographie… Paris, E. Sansot et Cie, 1909, in-16, 64 p. Les Célébrités d'aujourd'hui.

[Descaves] Moselly, Émile : Lucien Descaves. Biographie critique illustrée d'un portrait frontispice et d'un autographe, suivie d'opinions et d'une bibliographie. Paris, Sansot, 1905, 49 pp. Les Célébrités d'Aujourd'hui.

[Donnay] Le Brun, Roger : Maurice Donnay. biographie illustrée de portraits, dessins, autographes, suivie d'opinions, de documents et d'une bibliographie... Paris, Bibliothèque internationale d'édition, 1903, in-12, 46 p. Les Célébrités d'aujourd'hui

[Dorchain] Sorel, Alber-Emile : Auguste Dorchain. Biographie critique illustrée d'un portrait frontispice et d'un autographe, suivie d'opinions et d'une bibliographie. Paris, Sansot, 1908, in-12, 53 pp. Les Célébrités d'Aujourd'hui.

[Doumic] Beaufils, Edouard : René Doumic. biographie critique illustrée d'un portrait-frontispice et d'un autographe, suivie d'opinions et d'une bibliographie. Paris, E. Sansot, 1909, in-16, 55 p. Les Célébrités d'aujourd'hui

[Duchesne] Habloville, Claude d' : Mgr Duchesne. biographie critique, suivie d'un autographe, d'opinions et d'une bibliographie... Paris : E. Sansot, 191 1, in-18, 72 p. Les Célébrités d'aujourd'hui.

[Faure] Dujet, A. : Gabriel Faure. Biographie critique illustrée d'un portrait frontispice et d'un autographe, suivie d'opinions et d'une bibliographie. Paris, Sansot, 1921, in 12 broché, 40 pages. Les Célébrités d'Aujourd'hui

[France] Le Brun, Roger : Anatole France. Biographie critique, suivie d'opinions, d'un autographe et d'une bibliographie Ornements typographiques d’Orazi. Paris, E. Sansot, 1904, 52 p., portrait et fac-similé, in-16. Les célébrités d'aujourd'hui

[Gautier] Gourmont, Remy de : Judith Gautier. Portrait-frontispice de John Sargent. Biographie illustrée de portraits et d'autographes, suivie d'opinions, de documents et d'une bibliographie. Ornements typographiques d'Orazi. Paris, Bibliothèque internationale d'édition, 1904, in-12, 34 p. Les célébrités d'aujourd'hui

[Gourmont] Querlon, Pierre de : Remy de Gourmont. Portrait-frontispice de F. Maillaud. Biographie. Paris, Bibliothèque internationale d'édition, 1903, in-12, 44 p. Les célébrités d'aujourd'hui.
[Pierre de Querlon est le pseudonyme de Pierre Des Gachons]

[Hervieu] Malherbe, Henry : Paul Hervieu
. Biographie critique illustrée d'un portrait frontispice et d'un autographe, suivie d'opinions et d'une bibliographie. Paris, Sansot, 1913, in 12 broché, 60 pages. Les Célébrités d'Aujourd'hui.

[Hirsch] Carco, Francis : Charles-Henry Hirsch. Biographie précédée d'un portrait-frontispice illustrée de divers dessins et d'un autographe suivie d'opinions et d'une bibliographie Ornements typographiques d'Orazi. Bibliothèque Internationale d'Edition Sansot, 1914, in-12, 62 p. Les Célébrités d'aujourd'hui.

[Houssaye] Sonolet, Louis : Henry Houssaye. Biographie critique illustrée d'un portrait frontispice et d'un autographe, suivie d'opinions et d'une bibliographie. Paris, Sansot, 1905, in 12 broché, 72 pages. Les Célébrités d'Aujourd'hui.

[Lacour] Harlor : Léopold Lacour. biographie critique, suivie d'opinions, d'un autographe et d'une bibliographie… Paris, E. Sansot, s.d., 54 p., portrait et fac-similé, in-16. Les Célébrités d'aujourd'hui.

[Lebesgue] Gossez M.-C. : Phileas Lebesgue. Biographie critique illustrée d'un portrait frontispice et d'un autographe, suivie d'opinions et d'une bibliographie. Paris, Sansot, 1924, in-12, 40 pp. Les Célébrités d'Aujourd'hui.

[Lemaitre] Sansot-Orland : Jules Lemaitre. biographie critique... suivie d'opinions et d'une bibliographie. Sansot, 1903, 36 pp. Les Célébrités d'aujourd'hui

[Lemonnier] Bazalgette, Léon : Camille Lemonnier. biographie précédée d'un portrait-frontispice, illustrée de divers portraits, de dessins et d'un autographe, suivie d'opinions, de documents et d'une bibliographie, ornements typographiques d'Orazi. Paris, Sansot, 1904, 71 p., portrait, fac-similé, in-12. Les célébrités d'aujourd'hui

[Lorrain] Gaubert, Ernest : Jean Lorrain. biographie critique illustrée d'un portrait-frontispice et d'un autographe, suivie d'opinions et d'une bibliographie. Paris, E. Sansot, 1905, In-12, 71 p. Les Célébrités d'aujourd'hui. Les Célébrités d'aujourd'hui. Nouvelle série. N° 3. Mars 1905

[Loti] Mariel, Jean : Pierre Loti
. Biographie critique illustrée d'un portrait-frontispice et d'un autographe suivie d'opinions et d'une bibliographie. Sansot, 1909, in-12, 54 p. Célébrités d'aujourd'hui.

[Louÿs] Gaubert, Ernest : Pierre Louÿs. Biographie précédée d'un portrait-frontispice illustrée de divers dessins et d'un autographe suivie d'opinions et d'une bibliographie Ornements typographiques d'Orazi. Bibliothèque Internationale d'Edition Sansot, 1904, in-12, 42 p. Les Célébrités d'aujourd'hui.

[Maeterlinck] Van Bever, Adolphe : Maurice Maeterlinck. biographie suivie d'opinions [de Remy de Gourmont et d'Octave Uzanne] et d'une bibliographie. Ornements typographiques d'Orazi. 2e édition, Paris, E. Sansot, 1904, in-16, 44 p. Les Célébrités d'aujourd'hui.

[Margueritte] Pilon, Edmond : Paul et Victor Margueritte. Biographie critique, illustrée d'un portrait-frontispice d'Henry Nocq et d'un autographe, suivie d'opinions et d'une bibliographie. Paris : E. Sansot, 1905, in-18, 72 p. Célébrités d'aujourd'hui

[Mauclair] Jean-Aubry, G. : Camille Mauclair. biographie critique illustrée d'un portrait-frontispice et d'un autographe, suivie d'opinions et d'une bibliographie. Paris, E. Sansot, 1905, 59 p., portrait, fac-similé, in-16. Les Célébrités d'aujourd'hui. Bibliographie et iconographie de Camille Mauclair par Adolphe Van Bever

[Mendès] Bertrand, Adrien : Catulle Mendès. biographie critique, suivie d'opinions, d'un autographe et d'une bibliographie... Paris, E. Sansot, 1908, in-16, 63 p. Les Célébrités d'aujourd'hui

[Mirbeau] Pilon, Edmond : Octave Mirbeau. Portrait-frontispice de Henry Bataille. Biographie illustrée de portraits, caricatures, autographes, suivie d'opinions, de documents et d'une bibliographie. Ornements typographiques d'Orazi. Paris, Bibliothèque internationale d'édition, 1903, in-12, 47 p. Les Célébrités d'aujourd'hui

[Moréas] Gourmont, Jean de : Jean Moréas. Biographie critique, suivie d'opinions et d'une bibliographie. Paris, E. Sansot, 1905, 71 p., portrait et fac-similé. Les Célébrités d'aujourd'hui.

[Nietzsche] Albert, Henri : Frédéric Nietzsche. Portrait-frontispice, d'après Stoeving. Biographie illustrée de portraits, vues et autographes suivie d'opinions, de documents et d'une bibliographie, ornements typographiques d'Orazi. Paris, Bibliothèque internationale d'édition, 1903, in-16, 36 p. Les célébrités d'aujourd'hui.

[Noailles] Gillouin (René) : La Comtesse Mathieu de Noailles. Biographie critique, suivie d'opinions et d'une bibliographie. Paris, E. Sansot, 1908, 71 p., portrait et fac-similé, in-16. Les Célébrités d'aujourd'hui.

[Péladan] Aubrun, René-Georges : Péladan. biographie précédée d'un portrait frontispice, illustrée de divers dessins et d'un autographe, suivie d'opinions et d'une bibliographie. Ornements typographiques d'Orazi, Paris, E. Sansot, 1904, in-12, 50 p. Les célébrités d'aujourd'hui

[Pilon] Gahisto, Manoel : Edmond Pilon. Biographie critique illustree d'un portrait frontispice et d'un autographe, suivie d'une bibliographie. E. Sansot. 1921, 40pp.Les célébrités d'aujourd'hui.

[Poincaré] Maisne, (Gabriel) : Raymond Poincaré. Biographie critique illustrée d'un portrait frontispice et d'un autographe, suivie d'opinions et d'une bibliographie. Paris, Sansot, 1914, in 12 broché, 40 pages. Les Célébrités d'Aujourd'hui.

[Porto-Riche] Marx, Claude R. : G. de Porto-Riche. Biographie biographie critique illustrée d'un portrait frontispice et d'un autographe, suivie d'opinions et d'une bibliographie… Paris , E. Sansot, 1912, 72 p. Les Célébrités d'aujourd'hui.

[Prévost] Bertaut, Jules : Marcel Prévost. biographie précédée d'un portrait-frontispice, illustrée de divers dessins et d'un autographe, suivie d'opinions et d'une bibliographie. Ornements typographiques d'Orazi. Paris, E. Sansot, 1904, in-16, 37 p. Les Célébrités d'Aujourd'hui

[Rachilde] Gaubert, Ernest : Rachilde. biographie critique, illustrée d'un portrait-frontispice et d'un autographe, suivie d'opinions et d'une bibliographie. Paris, E. Sansot, 1907, In-18, 62 p. Les Célébrités d'aujourd'hui

[Régnier] Léautaud, Paul : Henri de Régnier. Biographie, suivie d'opinions et d'une bibliographie. Paris, E. Sansot, 1904, 47 p. Les Célébrités d'aujourd'hui.

[Rod] Roz, Firmin : Édouard Rod. biographie critique, illustrée d'un portrait-frontispice et d'un autographe, suivie d'opinions et d'une bibliographie. Paris : E. Sansot, 1906, 71 p., portrait, fac-similé, in-18. Les célébrités d'aujourd'hui

[Rosny] Casella, Georges : J.-H. Rosny. biographie critique illustrée d'un portrait-frontispice et d'un autographe, suivie d'opinions et d'une bibliographie. Paris, E. Sansot, 1907, 62 p., portrait et fac-similé, in-18. Les célébrités d'aujourd'hui

[Rostand] Haugmard (Louis) : Edmond Rostand. Biographie critique, suivie d'opinions et d'une bibliographie. Paris, E. Sansot, s.d., 64 p., portrait et fac-similé, in-16. Les Célébrités d'aujourd'hui.

[Saint-Georges de Bouhélier] Le Blond, Maurice : Saint-Georges de Bouhélier. biographie critique illustrée d'un portrait frontispice et d'un autographe, suivie d'opinions et d'une bibliographie. Paris, E. Sansot, 1909, in-16, 47 p. Les Célébrités d'aujourd'hui.

[Séché] Jean-Desthieu F. : Alphonse Séché. biographie critique illustrées d'un portrait frontispice et d'un autographe suivie d'opinions et d'une bibliographie. Sansot. Paris, 1923, 44 pp. Les Célébrités d'aujourd'hui

[Sully Prudhomme] Fons Pierre : Sully Prudhomme. Biographie critique illustrée d'un portrait-frontispice et d'un autographe suivie d'opinions et d'une bibliographie. Sansot, 1907, in-12, 46 p. Célébrités d'aujourd'hui

[Tinayre] Martin-Mamy, Eugène : Marcelle Tinayre. Biographie critique, suivie d'opinions, d'un autographe et d'une bibliographie… Paris, E. Sansot, 1909, 45 p., portrait et fac-similé, in-16. Les célébrités d'aujourd'hui

[Verhaeren] Bazalgette, Léon : Emile Verhaeren. biographie critique... suivie d'opinions et d'une bibliographie Paris, E. Sansot, 1907, 72 p., portrait et fac-similé, In-18. Les Célébrités d'aujourd'hui

[Willy] Albert, Henri : Willy. biographie précédée d'un portrait-frontispice, illustrée de divers dessins et d'un autographe, suivie d'opinions et d'une bibliographie..., Ornements typographiques d'Orazi. Paris : E. Sansot, 1904, 47 p., 48 portraits, fig. et fac-similé, in-16. Les célébrités d'aujourd'hui

Quelques références d’une autre collection de biographies, Les Hommes et les idées, à la Société du Mercure de France, puis au Mercure de France. Je ne retiens de cette collection que les titres concernant un auteur, écrivain, dramaturge, journaliste, ou mouvement littéraire, les autres titres sont consacrés à des sujets philosophiques, scientifiques ou d’actualité.

[Barrès] Massis, Henri : La Pensée de Maurice Barrès. Paris, Mercure de France, 1909, in-16, 84 p., fac-similé. Les Hommes et les idées, n° 11.

[Baudelaire] Raynaud (Ernest) : Baudelaire et la Religion du Dandysme. Mercure de France, 1918, in 12 broché, 80 pages, bibliographie, iconographie. Les Hommes et les Idées, n° 28.

[Coppée] Ferrières, Gauthier : François Coppée et son oeuvre. Paris, Société du Mercure de France, 1908. In-16, 80 p., portrait et fac-similé d'autographe. Les Hommes et les idées, n° 4 [Bibliographie et iconographie, signé Ad. Van Bever.]

[Dante] Gourmont, Remy de : Dante, Béatrice et la poésie amoureuse, essai sur l'idéal féminin en Italie à la fin du XIIIe siècle. Paris, Société du 3 Mercure de France3 , 1908, In-16, 79 p., gravures sur bois. Les Hommes et les idées, n° 2.

[Dujardin] Dujardin, Édouard : Les Premiers poètes du vers libre. Paris, Mercure de France, 1922, 74 p. Les Hommes et les idées.

[Gaultier] Palante, Georges : La philosophie du bovarysme, Jules de Gaultier. Paris, Mercure de France, 1912, 92 p., portrait et fac-similé, in-16. Les hommes et les idées, n° 23

[Gourmont] [Escoube, Paul] Delior, Paul : Remy de Gourmont et son œuvre. Paris, Mercure de France, 1909, 96 p.-[2] f. de pl., portrait et un autographe, in-16. Les hommes et les idées, n° 13 [Réédité en 1921 sous le vrai nom de l’auteur].

[Homère] Van Gennep, Arnold : La Question d'Homère, les poèmes homériques, l'archéologie et la poésie populaire. Suivi d'une bibliographie critique par A.-J. Reinach. Paris, 3 Mercure de France3 , 1909, in-16, 86 p., fig. Les Hommes et les idées, n° 10

[Jammes] Pilon, Edmond : Francis Jammes et le sentiment de la nature. Société du 3 Mercure de France3 , 1908, in-16, 79 p., portrait et fac-similé, Bibliographie et iconographie par Ad Van Bever. Les Hommes et les idées, n° 8.

[Maeterlinck] Esch (M.) : L'oeuvre de Maurice Maeterlinck. Mercure de France, 1912, in-12, broché, 84 pp., portrait frontispice, fac-similé d'autographe. Les Hommes et les Idées.

[Pergaud] Rocher Edmond : Louis Pergaud, conteur rustique. Paris, Mercure de France, 1922, in-12, 76 pages, portrait en frontispice, un autre in-texte. Les Hommes et les Idées.

[Régnier] Gourmont, Jean de : Henri de Régnier et son œuvre. [bibliographie et iconographie par Ad. Van Bever] Paris : Société du Mercure de France, 1908, 75 p., portrait et autographe, in-16. Les hommes et les idées, n° 1

[Renard] Bachelin (Henri) : Jules Renard et son œuvre. Avec un portrait et un autographe. Mercure de France, 1909, in-16 de 76 pp. Les hommes et les idées, n° 15.

[Tellier] Charasson (Henriette) : Jules Tellier. Mercure de France, 1922, in-12, broché, 78 pp., portrait frontispice. Les Hommes et les idées

[Verhaeren] Buisseret, Georges : L'Évolution idéologique d'Emile Verhaeren. Paris, Mercure de France, 1910, in-16, 96 p., portrait et fac-similé, portrait, fac-similé, in-16, . Les Hommes et les idées, n° 18. [bibliographie et iconographie par Ad. Van Bever]

mardi 16 octobre 2007

Bibliographie des Célébrités Contemporaines.

Les collections bio-bibliographiques


Comme je trouve bien pratiques et utiles les collections de monographies, petits volumes contenant une bibliographie, une biographie, un portrait et parfois un fac-similé d’autographe, j’ai tenté d’établir les bibliographies (non exhaustives) de trois d’entres elles.

Commençons par les collections des Célébrités contemporaines et Célébrités d’aujourd’hui aux éditions de La Nouvelle Revue Critique.

La première série intitulée, Célébrités Contemporaines, commence en 1928 et comprend 12 volumes jusqu’en 1930, la deuxième séries, 12 autres, de 1930 à 1933 et la troisième série de 1933 à 1936 comprend 5 volumes. Là où les choses se compliquent, c’est qu’il existe une collection, pareille à l’autre, intitulée Célébrités contemporaines dont la deuxième série commence en 1924 (difficile de connaître la première date de parution de la 1ère série), pour obscurcir un peu plus le tableau, il existe aussi une série intitulée Célébrités d'Hier, de plus, les premières publications, même format, même présentation, commence en 1919 sous le titre de Collection du ″Carnet critique″, aux éditions du Carnet Critique. Il semble plus simple de donner par ordre alphabétique tous les titres collecter de ces différentes collections.

[Apollinaire] Fabureau, Hubert : Guillaume Apollinaire, son œuvre. Document pour l'histoire de la littérature française, Paris : Ed. de la nouvelle revue critique, 1932, portrait et autographe, in-8, 96 p. Collection des célébrités contemporaines. 2e série, n° 9

[Barbusse] Hertz, Henri : Henri Barbusse, son œuvre. Etude critique, document pour l'histoire de la littérature française. Paris, édition du Carnet-Critique, 1919. In-16, 62 p., portrait, autographe. Collection du ″Carnet critique″. Première série. N° 1

[Barrès] Faure-Biguet, Jacques-Napoléon : Maurice Barrès. Son oeuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, éditions de La Nouvelle revue critique, 1924. In-8, 79 p., portrait, fac-sim. d'autographe

[Bataille] Blanchart, Paul : Henry Bataille, son oeuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, Éditions du Carnet critique, 1922. In-8, 8 p., portrait. Collection du Carnet critique. 1re série, N° 6

[Baudelaire] Kahn, Gustave : Charles Baudelaire, son œuvre. Document pour l'histoire de la Littérature française. Paris, Nouvelle Revue critique, 1928, in-8, 92 p., portrait et fac-similé d’autographe. Collection critique. Célébrités d'hier. 1re série, n° 9

[Becque] Blanchart, Paul : Henri Becque son œuvre. Document pour l'Histoire de la littérature française. Paris, Ed. de la nouvelle revue critique, 1930, 128 p., in-8., portrait et autographe. Collection des célébrités contemporaines. 2e série, n° 2

[Bergson] Maire, Gilbert : Henri Bergson, son oeuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, éditions de la Nouvelle revue critique, 1926, In-8, 72 p., portrait, fac-similé. Collection critique. Célébrités d'aujourd'hui. 2e série, n° 8

[Bernard] Blanchart, Paul : Tristan Bernard son œuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, Ed. de la nouvelle revue critique, 1932, 85-[11] p., in-8, portrait et autographe. Collection des célébrités contemporaines. 2e série, n° 6

[Bernstein] Bathille, Pierre : Henry Bernstein son œuvre. Document pour servir à l'histoire de la littérature française. Paris : Ed. de la nouvelle revue critique, 1931, 96 p., in-8., portrait et autographe. Collection des célébrités contemporaines. 2e série, n° 3

[Bloy] Mas, Édouard : Léon Bloy, son oeuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris : Éditions de la Nouvelle revue critique, 1927, In-16, 64 p., portrait, autographe. Collection critique. Célébrités d'hier. 1re série. N° 12

[Bordeaux] Bertaut, Jules : Henry Bordeaux, son oeuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, la Nouvelle revue critique, 1930, In-8, 72 p., portrait et fac.-similé. Collection critique. Célébrités d'aujourd'hui, 2e série, n° 5

[Bourget] Jean-Desthieux, François : Paul Bourget, son oeuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, Editions du Carnet critique, 1922. In-8, 6 p., portrait et fac-similé. Collection du ″Carnet critique″. 1re série. N° 7

[Claudel] Truc, Gonzague : Paul Claudel. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris : la Nouvelle Revue critique, 1925, 64 p., portrait et fac-similé d’autographe, in-8. Collection critique. Célébrités d'aujourd'hui. 2ème série, n° 7

[Colette] Keller, Fernand et Lautier, André : Colette (Colette Willy), son oeuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, Éditions de la Nouvelle revue critique, 1923, In-16, 63 p., portrait et fac-similé. Collection critique. 1re série. N° 10

[Courteline] Turpin, François : Georges Courteline, son oeuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, Éditions de la Nouvelle Revue critique, 1928, In-16, 79 p., portrait, fac-similé. Collection critique. Célébrités d'aujourd'hui. 2e série, n° 6

[Curel] Blanchart, Paul : François de Curel, son oeuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, La Nouvelle Revue Critique, 1924. In-8, 64 p., portrait, fac-similé. Collection critique. 1re série. No 14

[Daudet] Mas, Édouard : Léon Daudet, son oeuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris : éditions de la ″Nouvelle revue critique″, 1928, In-8, 91 p., portrait, fac-similé d'autographe. Collection ″Célébrités d'aujourd'hui″. 2e série. N° 12

[Daumier] Rim, Carlo : Honoré Daumier son œuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, Ed. de la nouvelle revue critique, 1929, 47 p., portrait et autographe, In-8. Célébrités contemporaines. 1re série, n° 5

[Desbordes-Valmore] Zweig, Stefan : Marceline Desbordes-Valmore, son œuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Trad. par Alzir Hella et O. Bournac. Paris, Ed. de la Nouvelle Revue Critique, 1928, 79 p., portrait et fac-similé d’autographe, in-8. Collection critique. Célébrités contemporaines. 1re série, n° 2

[Donnay] Bathille, Pierre : Maurice Donnay, son œuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, Ed. de la nouvelle revue critique, 1931, 98 p., in-8, portrait et autographe. Collection des célébrités contemporaines. 2e série, n° 5

[Dorgelès] Dubeux, Albert : Roland Dorgelès son œuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, Ed. de la nouvelle revue critique, 1930, 77 p., in-8, portrait et autographe. Collection des célébrités contemporaines. 1re série, n° 11

[Duhamel] Humbourg, Pierre : Georges Duhamel, son œuvre. Document pour l'histoire de la littérature française Ed. de la nouvelle revue critique, 1930, 64 p., portrait et autographe, in-8. Célébrités contemporaines. 1re série, n° 7.

[Dumur] Contreras, Francisco : Louis Dumur son œuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, Ed. de la nouvelle revue critique, 1933, 91 p., portrait et autographe, in-8. Collection des célébrités contemporaines. 2e série, n° 10

[Farrère] Revon, Maxime : Claude Farrère, son oeuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris : la Nouvelle revue critique, 1924, In-8, 56 p., portrait, fac-similé. Collection critique. Célébrités d'aujourd'hui, 2e série, n° 1

[Flaubert] Le Sidaner, Louis : Gustave Flaubert, son œuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, Ed. de la nouvelle revue critique, 1930, 63 p., in-8, portrait et autographe. Collection critique. Célébrités contemporaines. 1re série, n° 12.

[Fort] Masson, Georges-Armand : Paul Fort, son oeuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, éditions du ″Carnet critique″, In-8, 60 p., portr. et fac-similé. Collection du Carnet critique. 1re série, n° 5

[Gide] Gabory, Georges : André Gide. Son oeuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, éditions de la Nouvelle Revue critique, 1924. In-16, 54 p., portrait, fac-similé d'autographe. Le Carnet critique, II, 3 [En appendice, lettre d'Albert Samain.]

[Giraudoux] Bourdet, Maurice : Jean Giraudoux son œuvre. Paris, Ed. de la Nouvelle revue critique, [ca 1927], 61 p. Collection des célébrités contemporaines

[Godin] Nyse, Berthe de : André Godin, sa vie, son œuvre. Paris, Édition du Carnet critique, 1918, in-16, 48 p.

[Goncourt] Sauvage, Marcel : Jules et Edmond de Goncourt leur œuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, Ed. de la nouvelle revue critique, 1932, 96 p., in-8., portraits et autographes. Collection des célébrités contemporaines. 2e série, n° 7

[Gourmont] Legrand-Chabrier : Remy de Gourmont. Son oeuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, éditions de la Nouvelle revue critique (ancien Carnet critique), 1928, In-8, 64 p., Portrait et autographe. Collection critique. Célébrités d'hier. 1re série

[Hermant] Peltier, Roger : Abel Hermant, son oeuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris : Éditions de la Nouvelle Revue critique, 1924, In-16, 63 p. Collection critique. 1re série. N° 13

[Huysmans] Thérive, André : J.-K. Huysmans, son oeuvre. Document pour l'histoire de la littérature française Paris, Nouvelle revue critique, 1924, In-8, 76 p., portrait et fac-similé d’autographe. Collection critique. Célébrités d'hier, 1re série, n° 6

[Jacob] Fabureau, Hubert : Max Jacob son oeuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris : Éd. de la nouvelle revue critique, 1935, 96 p., portrait et fac-similé, in-8. Collection des célébrités contemporaines. 3e série, n° 3

[Jarry] Lot, Fernand : Alfred Jarry, son œuvre. Document pour l'histoire de la littérature française, Éd. de la nouvelle revue critique, 1934, 80 p., portrait et autographe, in-8. Collection des célébrités contemporaines. 3e série, n° 2

[Larbaud] Contreras, Francisco : Valéry Larbaud son œuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, Ed. de la nouvelle revue critique, 1930, 82 p., portrait et autographe, in-8. Collection des célébrités contemporaines. 1re série, n° 12

[Loti] Mallet, Frédéric : Pierre Loti, son œuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, éditions de la Nouvelle revue critique, 1923, In-8, 59 p., portrait et autographe. Collection critique. 1re série. N° 11

[Maeterlinck] Le Sidaner, Louis : Maurice Maeterlinck son oeuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, Ed. de la nouvelle revue critique, 1929, 64 p., portrait et autographe, in-8. Célébrités contemporaines. 1re série, n° 4

[Mallarmé] Fabureau, Hubert : Stéphane Mallarmé son œuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, Ed. de la nouvelle revue critique, 1933, 97 p., in-8 , portrait et autographe. Collection des célébrités contemporaines. 3e série, n° 1

[Margueritte] Guirec, Jean : Victor Margueritte son œuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, Ed. de la nouvelle revue critique, 1929, 71-[8] p. : portrait et autographe, in-8. Célébrités contemporaines. 1re série, n° 6

[Maupassant] Gérard de Lacaze-Duthiers : Guy de Maupassant, son oeuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Editions de la Nouvelle revue critique (ancien Carnet critique), 1926, In-8, 93 p., Portrait et autographe. Collection critique. Célébrités d'hier. 1re série. N° 11

[Michelet] Chabaud, Alfred : Jules Michelet, son œuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, Ed. de la nouvelle revue critique, 1929, 87-[7] p., in-8, portrait et autographe. Collection des célébrités contemporaines. 1re série, n° 8

[Mirbeau] Revon, Maxime : Octave Mirbeau, son œuvre. Paris, Ed. de la Nouvelle revue critique, 1924, 82 p.

[Mistral] Jean-Desthieux, François : Frédéric Mistral, son œuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, Ed. du Carnet critique, 1922, 51 p. : portrait h. t. ; in-8. Carnet critique. 2ème série. N° 1

[Montherlant] Mériel, E. : Henry de Montherlant son oeuvre. Document pour servir à l'histoire de la littérature française. Paris, Éd. de la nouvelle revue critique, 1936, 79 p., portrait et fac-similé h.-t., in-8. Collection des célébrités contemporaines. 3e série, n° 5

[Nerval] Strentz, Henri : Gérard de Nerval, son œuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, Ed. de la nouvelle revue critique, 1933, 89-[4] p., portrait et fac-similé d’autographe, in-8. Collection des célébrités contemporaines. 2e série, n° 11

[Noailles] Masson, Georges-Armand : La Comtesse de Noailles, son oeuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, éditions du Carnet critique, 1922, In-8, 52 p., portrait. Collection du Carnet critique. 1re série, n° 8


[Philippe] Bachelin (Henri) Charles-Louis Philippe Son Oeuvre. Document pour l’histoire de la littérature française. Editions de la Nouvelle Revue Critique, 1929, in-8, broché, 80 pp., portrait frontispice, fac-similé d'autographe, bibliographie. Célébrités, contemporaines, 1re série, n° 9

[Porto-Riche] Marx, Henry : Georges de Porto-Riche, son oeuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, la Nouvelle revue critique, 1924. In-8, 56 p., portrait Collection critique, Célébrités d'aujourd'hui, 2e série, 4

[Proust] Jacob, Jean : Marcel Proust, son oeuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, éditions de la ″Nouvelle Revue critique″, 2 juillet 1929, In-8, 59 p. avec portrait et fac-similé autographe. Collection critique Célébrités d'aujourd'hui. 2e série. N° 11

[Rachilde] David, André : Rachilde, homme de lettres, son oeuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. 3e édition. Paris, Editions de ″la Nouvelle Revue critique″, 1924, in-8, 88 p., portrait et fac-similé. Collection critique. 1re série. N° 15

[Régnier] Honnert, Robert : Henri de Régnier, son œuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, Éditions de ″la Nouvelle Revue critique″, 1923. In-16, 51 p., portrait. Collection critique. 1re série. N° 12

[Renard] Bachelin, Henri : Jules Renard 1864-1910, son œuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris : Ed. de la nouvelle revue critique, 1930, 91-[5] p., in-8., portrait et autographe. Collection des célébrités contemporaines. 1re série, n° 10

[Rictus] Ferdière, Gaston : Jehan-Rictus, son oeuvre. Document pour servir à l'histoire de la littérature française. Paris : Éd. de la nouvelle revue critique, 1935, 77 p., portrait et fac-similé h.-t., in-8. Collection des célébrités contemporaines. 3e série, n° 4

[Rimbaud] Strentz, Henri : Arthur Rimbaud, son œuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris : Ed. de la nouvelle revue critique, 1927, 77 p. portrait et autographe, in-8. Collection critique. Célébrités contemporaines. 1re série, n° 1

[Rolland] Bonnerot, Jean : Romain Rolland, sa vie, son œuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Edition du Carnet critique, 1921, 143 p., portrait et fac-similé d'autographe, in-8, Collection du Carnet critique. Première série. No 3

[Rollinat] Zévaès, Alexandre : Rollinat, son oeuvre. document pour l'histoire de la littérature française. Paris, Ed. de la nouvelle revue critique, 1933, 93-[3] p., portrait, fac-similé, in-8. Collection des célébrités contemporaines. 2e série, n° 12

[Rostand] Lautier, André - Keller, Fernand : Edmond Rostand, son œuvre. Paris, Ed. de la Nouvelle revue critique, 1924, VIII-111 p.

[Saint-Georges de Bouhélier] Blanchart, Paul : Saint-Georges de Bouhélier, son œuvre. Etude critique. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, Éditions du Carnet critique, 1920. In-16, 64 p., portrait, fac-similé. Collection du Carnet critique. 1re série. No 2

[Samain] Bersaucourt, Albert de : Albert Samain, son oeuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, La Nouvelle revue critique, 1930, In-8, 52 p., portrait. Collection critique. Célébrités d'hier. 1re série, n° 7

[Stendhal] David, Maurice (inspecteur général de l'instruction publique) : Stendhal sa vie, son œuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris : Ed. de la nouvelle revue critique, 1931, 77 p., portrait et autographe. Collection des célébrités contemporaines. 2e série, n° 4

[Tailhade] Kolney, Fernand : Laurent Tailhade, son oeuvre, étude critique, document pour l'histoire de la littérature française, Paris, Carnet-Critique, 1922, 76 p., in-16. Collection du Carnet-Critique. 1re série, n° 4

[Taine] Jean-Desthieux, François : Taine, son oeuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, éditions de la ″Nouvelle Revue critique″, 1923. In-16, 52 p. Portrait et autographe.

[Tharaud] Jean Bonnerot : Jérôme et Jean Tharaud. Leur oeuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, éditions de la Nouvelle Revue critique, 1927, In-8, 80 p., portrait et autographe. Collection critique. Célébrités d'aujourd'hui. 2e série. N° 9

[Valéry] Guéguen, Pierre : Paul Valéry son œuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, Ed. de la nouvelle revue critique, 1928, 61 p., portrait et autographe, in-8. Célébrités contemporaines. 1re série, n° 3

[Vallès] Zévaès, Alexandre : Jules Vallès son œuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, Ed. de la Nouvelle revue critique, 1932, 91-[5] p., in-8, portrait et autographe. Collection critique. Célébrités contemporaines. 2e série, n° 8

[Verhaeren] Bersaucourt, Albert de : Emile Verhaeren, son oeuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, la Nouvelle revue critique, 1924. In-8, 84 p., portrait et fac-similé Collection critique. Célébrités d'hier, n° 5

[Verlaine (Paul)] Strentz (Henri) Paul Verlaine, son oeuvre. Editions de la Nouvelle Revue Critique, 1925, petit in-8, broché, 80 pp., portrait et autographe, bibliographie. 9

Et un Hors série : Courthion, Pierre : Gabriele d'Annunzio. Son œuvre, portrait et autographe, document pour l'histoire de la littérature étrangère. Paris, Ed. de la nouvelle revue critique, 1925, 64 p. Hors Série A

Prochains billets consacrés à la collection Les célébrités d'aujourd'hui aux éditions E. Sansot et Les Hommes et les idées au Mercure de France.

lundi 8 octobre 2007

Claudel Jourdain Vaillant Schwob Retté Soffici

De Tout un Peu ou Les petits riens de Livrenblog.


Tête d’or de M. Chudel ou Cludel - La Jeune Belgique, janvier 1891, Les Livres.

Tête d’or sans nom d’auteur, curieuse édition de la librairie de l’Art indépendant, Paris. – Bien certainement la lecture de la Princesse Maleine a rendu fiévreux M. Chudel ou Cludel ; il fait tour à tour délirer dans les champs, dans un palais, aux confins de l’Europe, des paysans, un empereur, cinq soldats, une Princesse, un Messager, Tous, Tête d’or, quelqu’un, un autre, etc. Des expressions comme celle-ci : « Le bouilli était las d’être mangé en rond ; ils sont morts ». « Le néant morose », etc., pour décrire une bataille victorieuse voici :
« Bougre !
« Des vieillards avec leurs chétifs membres de bois ont fait fuir des centaines d’hommes et des enfant sans barbe ont soufflé au cul des chevaux de guerre. »
L’auteur devait haleter en écrivant son drame, car à tout instant, sans rime ni raison, il interrompt sa phrase et court à la ligne ; signe évident d’une agitation des plus graves. Quant à l’édition, elle est en rapport avec le reste ; figurez-vous des épreuves en placard, repliées, tant bien que mal et renfermées dans un carton d’emballage.
Comme original, c’est original.

Sobrement signé V.G. ce compte-rendu est de Valère Gille.


Tête d’or parut sans nom d’auteur, à la librairie de l’Art Indépendant en 1890, le tirage en était limité à 100 exemplaires, Claudel avait alors 22 ans, il s’agissait de sa première pièce. Certain exemplaire était revêtu de sa signature, sans doute Valère Gille eut-il du mal à déchiffrer celle-ci.

Le vieil homme se souvient – Francis Jourdain Jours d’alarme. Corrêa, 1954.

Le vieil homme s’étonne de ne plus retrouver le mastroquet dans l’arrière boutique déserte et mal éclairée duquel Sidonie Vaillant lui avait, un soir, parlé de son père. Elle avait dit le drame de sa petite enfance, la noire misère de l’ouvrier poursuivi par la malchance. Elle avait conté l’horrible décision prise de tuer le chat pour le manger, la chasse dans le taudis, l’affolement de la bête traquée et se dérobant, l’affolement de l’homme crispé, haletant, sa maladresse, sa pâleur, son tremblement, les hurlements de l’enfant épouvantée, enfin la taloche, la seule taloche qu’elle ait jamais reçue d’un père doux, soudain parvenu au comble de la rage, au comble de la honte…

Sidonie Vaillant était la fille de l’anarchiste qui le 9 décembre 1893 avait lâché une bombe à la Chambre des députés, provoquant quelques blessés, Vaillant ayant été guillotiné le 5 février 1894, Sébastien Faure devient le tuteur de Sidonie. Il faudra un jour que je revienne sur Francis Jourdain, dont il faut lire les volumes de souvenirs : Né en 76 aux éditions du Pavillon, Sans remords ni rancune, chez Corrêa tout comme Jours d’alarme où le "vieil homme" c'est ainsi qu'il se nomme lui-même, se promène dans Paris occupé. Les rues lui rappellent des souvenirs, souvenirs d'amis, Gaston Gallimard, rue Saint-Lazare, souvenirs, rue Ballu, du Théâtre de Marionnettes de Claude Terrasse, Randon, Franc-Nohain, Jarry, souvenirs de Vuillard. Plus loin, des peintres encore, Montmartre, les ateliers, celui de Carrière, le Divan japonais, les planches de zinc achetées avec Jacques Villon, l'atelier du graveur, les modèles, puis la rue Lepic, la rue de Fargue, Léon-Paul Fargue, le grand ami, le frère sur qui les souvenirs abondent.


Sidonie, toujours - Marcel Schwob dans ses Lettres Parisiennes à la date du16 janvier 1894

On s'intéresse beaucoup à la fille de Vaillant, la petite Sidonie. Il est assez naturel, que le compagnon Sébastien Faure désire l'adopter ou que la Maison du Peuple de Paris offre de la faire élever. Mais on est plus surpris de lire de nombreuses propositions qui émanent de philanthropes improvisés. C'est Mme la duchesse d'Uzès qui ouvre la série. Elle réclame la fille de Vaillant au nom du souvenir de son fils. J'avoue ne pas bien saisir la liaison. Le jeune duc d'Uzès est mort en Afrique pour l'amour de la patrie et de la société que Vaillant a essayé de détruire. Mais Mme d'Uzès a d'autres opinions là-dessus. Et comme elle a le sens très net des castes, elle a décidé que la petite Sidonie serait élevée comme une ouvrière, suivant le système d'éducation qui convient à sa condition. La charité serait peut-être plus grande de ne pas offrir d'adopter dès à présent une petite fille, qui, après tout, a encore son père, et de ne pas l'arracher, sous prétexte d'humanité, aux gens qui l'aiment et qui l'entourent. On aurait sans doute songé à faire parvenir de l'argent à la compagne de Vaillant, afin qu'elle puisse élever la petite Sidonie : mais cette compagne n'est unie à Vaillant que par le mariage libre. Et voilà pourquoi la petite Sidonie trouve tant de protecteurs.



Trouvé cette semaine – Adolphe Retté : La Seule nuit. Editions de La Plume, Bibliothèque Artistique et Littéraire, 1899. Ce volume est orné d’une couverture en couleurs de Soffici, la même qui servi pour des exemplaires invendus, d’une nouvelle édition des Cantilénes de Jean Moréas à la même Bibliothèque Artistique et Littéraire en 1896.


Il existe des exemplaires des Cantilènes sous une couverture imprimée, je n’en connais pas de La Seule nuit, mais il semble bien que la couverture illustrée de la collection à 2 francs, servit à « relancer » la vente de certains volumes des éditions de La Plume. En effet l’illustrateur Ardengo Soffici ne vint à Paris que vers 1902/1903, on peut d’ailleurs lire sous la signature de l’illustrateur les chiffres 902, qui pourraient bien signifier 1902. Ardengo Sofficci, peintre, illustrateur et écrivain, à Paris, travaillera surtout comme illustrateur, grâce à sa fréquentation de la revue La Plume il rencontrera Guillaume Apollinaire, Max Jacob ou Picasso. Retourné en Italie en 1907 Soffici collabore à la revue Voce de ses amis Giovanni Papini et Giuseppe Prezzolini, il fondera en 1913, toujours avec Papini, la revue Lacerba. Retenons qu’il est l’auteur en 1911, d’une des premières biographies sur Rimbaud parues en Italie.

Mauclair Mallarmé et les Ballets Russes

Camille Mauclair

Karsavina et Mallarmé

La création d’un art total, utilisant la danse, le théâtre, la poésie, la musique, les arts plastiques dans un même spectacle, les symbolistes en ont vus les prémisses dans les opéras de Wagner, ils tentèrent avec naïvetés et gaucheries d’en approcher avec le Théâtre d’Art de Paul Fort et avec l’Oeuvre de Lugné-Poe et Mauclair, ces tentatives n’ont alors obtenues du public et des critiques que moqueries et hués. Camille Mauclair, dans un article intitulé Karsavina et Mallarmé repris dans Les Héros de l’orchestre en 1919, considèrent que la réalisation du rêve de la fusion des arts a été réalisé par les Ballets Russes, mieux, il voit dans le spectacle de Bakst, Karsavina et Nijinsky la réalisation des idées de son maître Mallarmé « tout ce qui constitue l’armature secrète de cette féerie incomparable a été annoncé par lui », « Lui seul, […] avait composé mentalement ce spectacle de rêve, auprès duquel la fusion wagnérienne elle-même n’est qu’une gaucherie barbare […] Qu’on relise Pages, et on y trouvera la conception précise de la décoration scénique de Bakst, cette correspondance subtile de la symphonie colorée à la symphonie orchestrale : la conception, aussi, d’une action lyrique toute entière consacrée à la peinture d’un mouvement de l’âme, comme l’est le Spectre de la Rose ; la conception, enfin, de la Féerie idéologique du Spectacle oubliant la vie et inventant un monde nouveau. » Au-delà de l’art total, Mauclair, voit dans les Ballets Russes la réalisation du rêve symboliste, un spectacle mettant en scène les sensations de l’âme, la création d’un monde hors de la vie.
Mauclair s’est montré un adversaire violent des tentatives nouvelles en art, Fauvisme, Cubisme ou Futurisme. Il le rappelle ici : « Que sont les fameuses « hardiesses » dont nos fauves et nos cubistes font l’honorable pseudonyme de leurs petites horreurs, auprès des décors d’un Bakst qui oublie éperdument le vraisemblable », à une époque où Satie, Picasso et Cocteau monte Parade (1917), où Edouard et Louise Autant-Lara, créent Art et Liberté puis Art et Action "laboratoire de théâtre pour l'affirmation et la défense d'oeuvres modernes" mettant en scène, notamment, Couleurs du Temps (1919) d’Apollinaire dans des décors de Vlaminck, où Les Ballets Suédois de Rolf de Maré vont arriver, en 1920, au théâtre des Champs-Elysées, mettant scène La Création du Monde de Cendrars dans des décors de Fernand Léger, avec une musique de Darius Milhaud, mais aussi des livrets de Cocteau, ou Picabia, des musiques de Satie, Poulenc ou Auric, dans une époque donc, où les artistes les plus modernes de la poésie, de la musique et de la danse révolutionnent l’art du ballet pour en faire un art total, Mauclair, se réfugie dans sa jeunesse, s’arc-boute sur des conceptions esthétiques figées et ne veut voir qu’une « Farce » dans l’art moderne, ajoutant à son refus de la nouveauté une idéologie raciste et xénophobe (1).
Mauclair comprend bien qu’ils furent, lui et ses amis les précurseurs de ces transformations, mais sa lecture reste celle d’un symboliste de 1890. La démonstration faisant du symbolisme la source des transformations qui feront que « tôt ou tard, c’en sera fini de notre malheureuse chorégraphie, […] autant que de notre décor […] », semble tout à fait juste, en effet si le décor n’est plus « fait, non pour rebâtir avec du carton la vraie vie, mais pour en créer une qui, supérieure, la fasse oublier » si la danse est désormais « faite pour animer des idées et des sentiments et donner son plus haut sens au chiffre mystérieux qu’est le corps humain » c’est un peu grâce aux jeunes symbolistes des années 1890, qui en avaient rêvés. Mauclair s’empare de la figure et de la pensée de Mallarmé pour défendre ses propres idées esthétiques, rétrécissant le message du symbolisme à un refus du monde réel, ne comprenant l’artiste que dans sa célèbre « tour d’ivoire » créant un monde nouveau et féerique.
Pour en finir avec cet article il faut encore signaler le beau portrait de Mallarmé qui y est tracé, « un petit homme grisonnant, à la barbe courte et pointue, aux oreilles faunesques, au nez impérieux, une face qu’on eut dite sensuelle s’il elle n’avait été idéalisée par deux magnifiques yeux veloutés et pleins de rêves, deux yeux de caprice et de génie. ». Son vieux maître, Mauclair « le sentait là » lors des représentations « et tout ce qui se déroulait sur la scène avait été prévu dans son cerveau. »


(1) Mauclair (Camille) : La Farce de l’art vivant. La Nouvelle Revue Critique

mardi 2 octobre 2007

Jules Jouy CHANSONS DE BATAILLE

L’histoire en chansons


A la fin du dix-neuvième siècle, les chansonniers-poètes foisonnent, du cabaret des Quat Z’arts, au Chat Noir, du Mirliton, au Divan Japonais, ou au Rat Mort, tous les soirs ils attirent à Montmartre un public nombreux. Bruant, Fursy, Montoya, Mac-Nab, Jules Jouy, Gaston Couté, Léon Xanrof, F.-A. Cazals, chacun a son style, son personnage, beaucoup interprètent eux-mêmes leurs œuvres, tous publient leurs chansons en petits formats, dans les revues, puis en recueil. Outre la chanson de Caf’Conc, certain de ces auteurs n’hésite pas à se lancer dans la chanson d’actualité, historico-politique, ces chansons sont aujourd’hui des documents que nous devrions consulter plus souvent.

Quel meilleur exemple pourrions-nous donner que celui de Jules Jouy ?

Jules Jouy (1855-1897) est sans doute le plus politique des chansonniers, marqué par la Commune, anticléricale et républicain virulent, il est souvent violent, toujours frondeur, avec un goût marqué pour le macabre. Il fut des cercles Hydropathes et Hirsutes. Jouy collabora à l’Anti-Concierge de l’illustre Sapeck, au Tintamarre, participa à la fondation du Sans-Culotte. En 1882 il publie le numéro unique du Journal des merdeux dont il est l’unique rédacteur. Il est l’auteur de milliers de chansons, de monologues, de pièces. Durant les quatre ans de la crise boulangiste il mènera une véritable campagne contre « l’infâme à barbe » général Boulanger. Quelques unes de ces chansons sont reprises en volume dans Les Chansons de l’année 1887 (1888) et Chansons de Bataille (1889). Abus d’absinthe, misère, antécédents ? La santé mentale de Jules Jouy se dégrade, il sera interné dans un asile psychiatrique au mois de mai 1895, il y meurt le 17 mars 1897.

Avant la publication du livre de Patrick Biau, Jules Jouy, 1855-1897, Le poète chourineur, en 1997, Jules Jouy était surtout connu pour être l’auteur de La Veuve chanson sur la peine de mort et la guillotine reprise par Damia en 1935, ou, avec Octave Pradels, de La Marche Lorraine.
Ce livre est le résultat d’un travail formidable reprenant de nombreux textes de Jouy, il met en lumière l’importance de son œuvre et apporte de nombreux éléments biographiques peu ou pas connus. Pour en savoir plus et commander le livre (il doit en rester), rendez-vous vite sur les pages de présentation du personnage et du livre par le même Patrick Biau. http://perso.orange.fr/label.de.cadisc/jouy1.html (il existe aussi un double CD).
Pour rester dans le domaine littéraire, une chanson de Jules Jouy, extraite des Chansons de l’année 1887, sur le Manifeste des Cinq, protestation de cinq jeunes naturalistes contre la publication de La Terre d’Emile Zola.

À MON AMI JULES LEMAITRE

LES CINQ

(À propos de l'affaire Zola - Bonnetain, Rosny,
Descaves, P. Marguerit[t]e, G. Guiches).

AIR de la Légende de Saint-Nicolas.

Dans un beau pays, très lointain,
Où c'est la nuit, quand c'est matin
Partirent cinq frêles marmots,
Pour tuer les grands animaux.

Il était cinq petits enfants
Qui chassaient les gros éléphants.

Un jour, n'en croyant pas leurs yeux,
Ils en aperçurent un vieux.
Sur la plaine il était si grand,
Qu'il masquait le soleil levant.

Il était cinq petits enfants
Qui chassaient les gros éléphants.

Afin de lui faire du mal,
Ils rampèrent vers l'animal ;
Puis s'assirent sur leur séant,
Autour de l'énorme géant.

Il était cinq petits enfants
Qui chassaient les gros éléphants.

Ils avaient pris sur les chemins,
Des cailloux trop lourds pour leurs mains,
Qu'ils jetèrent, le jour durant,
Sur le colosse indifférent.

Il était cinq petits enfants
Qui chassaient les gros éléphants.

Voyant qu'il ne se bougeait point,
Les gosses, lui montrant le poing,
S'en approchèrent pas à pas,
Afin d'achever son trépas.

Il était cinq petits enfants
Qui chassaient les gros éléphants.

Tous les cinq, l'un l'autre s'aidant,
À grand' peine, sans accident,
Pour prendre leur gibier trop gros;
Ils lui montèrent sur le dos.

Il était cinq petits enfants
Qui chassaient les gros éléphants.

Soudain, le géant remua ;
Chaque petit enfant tomba ;
Et le colosse était si grand
Qu'ils se tuèrent en tombant.

L'éléphant mange, sans remords ;
Et les petits enfants sont morts.

21 août 1887