vendredi 19 octobre 2007

Léon RIOTOR

Après la reproduction des Phalanstériens de Montmartre, il m’a semblé nécessaire d’en présenter l’auteur. Lyonnais, Léon Riotor est né en 1865 et mort à Paris en 1946. Léon Frapié dans un numéro du Sagittaire, revue de F.-A. Cazals, se charge de tracer le portrait de l’auteur des Raisons de Pascalin. Ne donnant jamais son avis sur les œuvres de son confrère, il se contente de dresser la liste de ses collaborations aux journaux et revues, de donner une liste de ses ouvrages, et un florilège de comptes-rendus piochés dans la presse. Afin de compléter un peu ce portrait, il faut signaler qu’en plus d’une carrière bien remplie dans les lettres, Riotor mena une carrière politique au Conseil Municipal de Paris. A propos de la période héroïque de Montmartre dont il est question dans le billet précédant, Riotor y reviendra en 1926 dans un roman à clef La Colle. Récit du temps de Montmartre, publié chez Fasquelle. Un roman qui se déroule entre le Chat Noir (Le Cloporte dans le roman), le Rat Mort, le Divan Japonais, etc. Les personnages y apparaissent pour beaucoup d’entres-eux sous leurs véritables noms : Emile Goudeau, Jules Jouy, Léon Bloy, Alphonse Allais, Paul Delmet, Aristide Bruant, Charles de Sivry, d'autre comme Rodolphe Salis (détesté par Riotor) ou Jehan Sarrazin, sont cachés sous des patronymes transparents. Un témoignage vivant, comme la description de La Vachalcade, inséré dans un récit assez classique sur le "collage" d'un sculpteur plein d'avenir avec une fille légère. Un témoignage sur les mœurs de la Butte et de la vie de bohème qui sera suivi d’un autre dans le même esprit (qu’il me faut encore trouver), Les Taches d’encre, publié en 1929.

Nos Collaborateurs

Léon RIOTOR

Par Léon Frapié

Le Sagittaire N° 4, septembre 1900

Je suis heureux de saluer Léon Riotor : il y a tant de gens qui s’affublent effrontément du titre d’homme de lettres pour avoir produit cinquante lignes de réclame ou de niaiserie sentimentale !
« Depuis qu’âgé de quatorze ans, il donnait ses premiers vers au supplément littéraire du Petit Lyonnais, Léon Riotor n’a jamais cessé de produire. »
Voici, en effet (d’après la Revue biographique contemporaine) la liste des publications auxquelles il a succintement (sic) collaboré : a la Réforme dernier journal de Gambetta ; le Réveil, le Mot d’Ordre, l’Evénement, l’Echo de Paris (1884-1886), le Figaro (1890-1892), le Journal (1892), la Nation et le Courrier du Soir (1890-1893), et toutes nos revues, parmi les quelles la Plume, le Mercure de France, la France Scolaire, la Revue Encyclopédique, etc. Il a publié divers Salons et étudié les artistes de ce temps dans l’Artiste, la Plume, la Revue populaire des Beaux-Arts, l’Album des Musées. Il a donné des nouvelles à la Revue Critique, à la Vie Populaire, à la Revue Illustrée, au Supplément de la Lanterne, au Soleil du Dimanche, au Gil blas illustré, au Bon Journal, à la Revue de l’Evolution, à la Revue des Journaux et des Livres, au Musée des Familles, à la Revue de France, etc., des romans à la Cocarde, au Petit National, à la Nation, à la France Nouvelle, à l’Ecolier Illustré, à la Lanterne.
Certes, dira-t-on, voici des références notables, et quelqu’un peut, avec elles, s’honorer du titre d’homme de lettres…
Et bien tout cela ne compte pas et ne vaut pas la peine qu’on en parle, vous dira modestement Riotor. Il y a une énumération plus sérieuse à faire, celle des ouvrages en librairie. Je la trouve sur la couverture d’une étude consacrée à Auguste Rodin, statuaire,publiée en quatre langues et mise en vente à l’occasion de son Exposition, et la voici :

OUVRAGES
de Léon RIOTOR

Poèmes légendaires

Le Pécheur d’anguilles.

Le Sage Empereur.

Fidelia.

Jeanne de Beauvais

ROMANS

Agnès.

L’Ami inconnu.

Le Pressentiment.

Le Pays de la Fortune.

La Vocation merveilleuse du célèbre cacique Piédouche.

Les Raisons de Pascalin.

THEATRE


L’Excuse, 1 acte (avec Felice Cavalotti).

Noce bourgeoise, 1 acte (avec Ernest Raynaud).

ESSAIS

Les Enfers bouddhiques.


Le Parabolain. – Le Sceptique loyal.

Sur deux Nomarques de Lettres.

Des Bases classiques allemandes.

Essai sur Puvis de Chavannes.

La Mode et le Mannequin.

Les Arts et les Lettres.

Il conviendrait d’ajouter un mot sur cette œuvre considérable, si je craignais qu’on attribue trop de complaisance à mon amitié pour Riotor. Je me bornerais donc à cueillir, dans un monceau de publications diverses, un bouquet d’appréciations sur quelques-uns des ouvrages énumérés ci-dessus.
De M. Edgar Base, dans la Fédération Artistique de Bruxelles, sur Jeanne de Beauvais :
« … Un poème théâtral, destiné au peuple, au plein air, comme les mystères de jadis et dont la portée archéologique et pittoresque s’allie (sic) curieusement à une prosodie brusque et vivante qui a dû tenter certes un jeune compositeur. La mise en scène de cette œuvre lyrique et l’envolée patriotique est réglée minutieusement, et l’œuvre serait certes vouée à un succès populaire. Elle se compose de quatre épisodes scéniques mouvementés et d’un caractère frappant. La coupe des vers rappelle parfois la sonore énergie du Sage Empereur, et le sentiment du drame y est élevé à une expression intense… »

Sur le Sage Empereur, ces quelques lignes d’une étude critique publiée dans la Réforme :
« C’est là, réellement, un beau poème légendaire, conçu en des idées riches de force et de paix, poème écrit en une poétique affranchie de la métrique conventionnelle « mais sobrement affranchie » ce qui me séduit au lieu de me déplaire… Le Sage Empereur est un livre à méditer par les princes de la terre. Cette œuvre est une page énorme de l’histoire du passé et une page claire et sobre pour l’histoire de l’avenir. »
Dans le même article, il est parlé de l’Ami inconnu « doux et joli roman. C’est l’amour qui se montre frivole et qui trompe longtemps pour enfin donner à la jeune vierge qui trépasse brisée, presque son illusion seule, car le baiser premier et suprême est si court au seuil de la fin des choses et des rêves humains… »
Au sujet du Sage Empereur, de M. Paul Dupray, dans l’Indépendance Belge : « C’est là un évangile versifié à l’usage du Souverain, un manuel ironique et philosophique et qui fut encore précurseur. Comment douter en effet que le Sage Empereur soit autre que Nicolas II ? Pourtant ce livre a, de quelque temps, précédé la circulaire du comte Mourawieff. Nul soupçon entre Riotor et ce ministre, de quelque connivence… (1) De M. J. –S. Barès dans le Réformiste : « quant à la forme, l’auteur a voulu briser la règle de Malherbe et de Boileau, devenue banale dans son cadre étroit, et ne se prêtant plus guère aux vivacités de formes et d’images qu’on peut espérer d’une philosophie plus libre dans une rhétorique plus ample. Il ne répudie pas absolument la règle, mais il s’en sert sans contrainte… ».

La vocation merveilleuse du célèbre cacique Piédouche, nous dit Camille de Sainte-Croix, dans la Petite République « est un bon roman de satire littéraire, dont maint pédant allégoriste gardera les marques ». « C’est une amusante et pétulante satire des mœurs méridionales. » (Mémorial de la Librairie.)
« On sent que M. Riotor a connu beaucoup de ces encombrants personnages. Quelques-uns semblent même être reconnaissables, aussi bien que la ville de Grabidous où se déroule la jeunesse de Piédouche et la Tanflique sur laquelle il navigue, n’est-ce pas Toulousain ? » (G. de Kéromen, Revue populaire des Beaux-Arts).
« On aurait tort d’y rechercher un recueil de philosophie transcendantale, en dépit des considérations et des réflexions comitantes qui suivent chaque chapitres, auquel les relie un fil assurément bien ténu. Mais quelle fantaisie piquante et quelle verve railleuse dans ces réflexions ! » (Eug. Gilbert, Revue Générale.)
« Le célèbre cacique Piédouche a pour aïeux Don quichotte, Pantagruel et Gulliver. Il ne fait pas mauvaise figure auprès de ses illustres prédécesseurs. » (Paul Aubriot, la Revue de France.)
« Cette œuvre est l’étincelante fantaisie d’un maître ironiste, la flagellante satire des Cénacles et des Petites chapelles. La raison y revêt des oripeaux de carnaval dont elle s’accommode joliment pour railler à son aise. Je ne connais pas de prose plus amusante, plus captivante, de gaîté plus folle et plus franche. » (Charles Grolleau, le Rappel.)
La place me manque pour donner sur les autres ouvrages de Léon Riotor et sur l’homme lui-même, les appréciations jadis publiées de Francisque Sarcey, Fernand Xau, Paul Alexis, Georges Auriol, Henri de Camboulives, Henri de Braisnes, Alphonse Boubert, J.-L. Croze, Edmond Lepelletier (Echo de Paris), Philippe Gille (Figaro), Louis Lumet, Charles Fainel, Georges Dessoinville, etc., etc.
D’ailleurs, il convient de laisser les lecteurs de cette revue se faire eux-mêmes leur opinion sur l’œuvre de Léon Riotor, et si, comme je le pense, cet écrivain est un artiste consciencieux, érudit et vibrant, ils en jugeront aussi bien que moi.

Léon Frapié


(1) Peu de temps après la publication de cet article, l’Evènement annonçait que la censure venait d’interdire l’introduction en Russie du poème le Sage Empereur.


Léon Riotor sur Livrenblog : Léon Riotor par Fernand Clerget et Louis Lumet. Les Phalanstériens de Montmartre. Léon Riotor dans La Poésie Moderne.

Les Phalanstériens de Montmartre par Léon RIOTOR



Leurs Débuts


Dans un volume intitulé Les Arts et les Lettres, publié chez Lemerre, en 1901 (I), Léon Riotor, publie ce qu’il appelle des « notes » de 1883-1884 sur ses débuts littéraires à Montmartre. Ses souvenirs se présentent en sept parties, de la première intitulée Les Jeunes, sur la situation de la littérature en 1883, nous ne retiendrons que la note de bas de page qui explique ce qu’était ce cénacle.
Concurremment avec les Hydropathes, les Hirsutes, Nous Autres, il y eut un cénacle intitulé les Jeunes. Il se réunissait dans une salle au coin de la rue de Tournon et de la rue des Quatre-Vents, et disparut en 1884. Là venait Georges Montorgueil, Ernest d’Orllanges, Georges Auriol, Victor Margueritte, Georges d’Esparbès, Louis Denise, Térence Cros, Paul Morisse, Démétrius Zambacco, Argyriadès, Jean Blaize, et bien d’autres que j’oublie.
Je reproduis ci-dessous la seconde partie, A Montmartre, où l’on retrouve à leurs débuts quelques littérateurs, peintres ou musiciens, comme Willette, Samain, Vallette, Auriol, Victor Margueritte, Louis Denise, Le Cardonnel, ou Charles de Sivry et beaucoup d’autre moins connus.

Les Phalanstériens de Montmartre

II. A Montmartre (1884)

L’histoire littéraire est composée de menus fait que nul ne songe à classer, formée de notes retrouvées un jour au fond de quelques tiroirs poussiéreux. On s’étonne alors du chemin parcouru ou des tombes creusées, des transformations inattendues, de la réussite de tel obscur camarade alors qu’un mieux trempé, et qui semblait promettre longue course, a disparu sans rien produire, et combien de prophéties fausses pour une véritable !...
Si on n’a pas suivi, depuis ces dix ans, ces vingt ans écoulés, l’évolution des idées et des hommes, on se retrouve dans un décor transformé, inconnu, planté d’arbres nouveaux, où fleurissent haut et ferme des pousses jadis grêles. On demande où est le petit, le malingre, le rachitique ? De l’Académie Française… Le grand, robuste, talentueux ? Mort ou épicier… Et de s’étonner.
Ces exhumations de notes surprennent par leur imprévu, elles intéressent presque toujours par les souvenirs évoqués, ou par les germes de fantaisies qui les firent naître. En 1883 nous nous étions réunis pour le vivre et le coucher en une sorte de familistère poétique, plusieurs camarades, Georges Auriol, Adolphe Willette, P. Destournel et moi. Ce fut fou et délicieux, trop rapide pour notre gaîté. Il y aurait des volumes de souvenirs à écrire là-dessus, de quelle intense vie animés ! (1) D’autres, que nous avions rencontrés aux « Jeunes » dans un entresol de la rue des Quatre-Vents, nous fréquentaient et se mêlaient à nos agapes, Jean Blaize, d’Esparbès, Le Cardonnel, Victor Margueritte, Louis Denis, Fernand Icres – nous devions nous retrouver « aux Zutistes » avec Charles Cros et Edmond Haraucourt – lorsque, en Septembre 1883, une note parue dans quelques journaux donna rendez-vous « à tous les déclassés de lettres » dans un cabaret de la rue Notre-Dame-de-Nazareth. J’y fut avec Auriol, et c’est là que nous nous liâmes avec Jules Bernard, Marius Réty, Paul Morisse, René Just, Jehan Gayant, Pierre Bujon (2), Antony Mars. Il y avait aussi quelques bas-bleus et divers que j’oublie. Quelque temps après, j’y menais un jeune employé de la Préfecture de la Seine, Albert Samain. C’est de cette soirée que résultat le clan « Nous-Autres » où nous nous assemblions pour lire nos essais et comploter de nocturnes équipées. La Presse s’occupa de notre matinée de Noël, de une heure à sept heures de la nuit. Il y eut force récitations poétiques et de multiples hors-d’œuvres : une séance d’hypnotisme de Raymond Maygrier avec Paul Morisse pour sujet, une conférence sur l’aéronautique par Paul Jovis, (3) et que sais-je encore ?
C’était la gloire pour nous, la petite gloire, celle dont on s’enorgueillit en laissant croître ses cheveux, en se croyant le grand homme de demain. Il y en aura certainement des nôtre qui figureront dans le mouvement littéraire, et c’est presqu’avec le plaisir du jardinier qui espère une fleur inconnue que j’ai jeté quelques lignes sur chacun, avec l’idée de bonne prophétie pour quelques-uns :
Voici Huyot, dit Georges Auriol, qui danse et qui rit, bon et doux, enfant aussi, fantaisiste et voluptueux, avec ses pages fleuries de rêves, de baisers, de nuits de douleur et de plaisir. Quelquefois des emportements, rares, puis il retombe dans sa placidité et sa bonhomie, allume sa pipe, et songe.
Voici Adolphe Willette, peintre mystique et caustique, ou plus simplement Pierrot, dont il a la face glabre et énigmatique et qu’il peint en habit noir. Fils du colonel Willette, chauvin, hait les Anglais. Elève de Cabanel, adorateur de Watteau, fervent de Puvis de Chavannes. Alors voir son grand tableau Parce Domine parce populo tuo, et dites-moi s’il est plus rare poème ?
Voici encore Jules Faure, poète de talent sous l’étiquette de P. Destournel. A signé Karle Munte de bien jolies choses. Sec et nerveux, ponctuel et froid, une tête de loup déchevelée et une paire de lunettes. Porte un gilet Robespierre. C’est un méridional (4).
Plus loin c’est Paul Morisse, enfant vieilli, paradoxal et têtu. Imberbe, un visage de vierge encadré de longs cheveux, les mouvements félins et souples. Adore Baudelaire, et les « divans profonds comme des tombeaux (5) ; Antony Mars, employé au chemin de fer de l’Est, poète comique, faiseur de monologues et de calembours, vif, remuant, causeur, entreprenant (6) ; Albert Samain, froid, méthodique, correct, rime de beaux vers qu’il travaille longuement avec amour, a la clarté, la concision, une richesse d’images surprenante (7).
Près d’eux voyez cette barbe rouge sur une tête de reître. C’est Rodolphe Salis, qui écrit sur un lutrin gothique des nouvelles drolatiques en vieux français à faire tressaillir Balzac et pâmer d’aise Rabelais. Armoiries : une tête de chat noir dans un soleil (8). Puis cet œil vif, sous un front monumental : Jules Jouy, aux complaintes fantaisistes, aux « scies » amusantes (9). Et Octave Lebesgue, ardent, convaincu, producteur infatigable qui signe chaque jour dans un quotidien un article en faveur des humbles, des faibles, des déshérités. Je le connus voici deux ans à Lyon, avec Auriol, alors qu’il s’escrimait au Réveil de Lyon et à la Bavarde, sous la tunique de soldat d’administration (10).
Et Paul Mariéton, ce lyonnais qui s’est fait l’historien et le grand porte parole du Félibrige provençal, et qui vient de publier une Viole d’amour vibrante de sentiment. Le meilleur cœur du monde, tout à ses amis, quand ils peuvent le saisir dans ses courses vagabondes (11).
Ici c’est Alfred Vallette, le didactique, l’érudit de nous tous, qui prétend que le bon sens doit être intimement mêlé à l’art. Aussi son style est-il toujours solidement argumenté et un de ces jours ils nous donnera Les Chutes, où la psychologie se mêle à haute dose à la logique (12). C’est Louis Denise, alias Daniel Doulx, rieur et jovial, un peu sceptique, mais artiste ! Son style, c’est l’aquarelle aux vives couleurs, savante, fine, spirituelle !
De la musique ? C’est Antoine Bonnet, dit Colophane, ou Colo (13). Compositeur sentimental, exécuteur passionné. Il saisit son violon, la tête en extase, joue de tout son cœur. Avec Charles de Sivry (14), il interprète les chefs-d’œuvre mystiques de la Hongrie, et mêle les harmonies magyares aux cantilènes provençales. Sur le clavecin du phalanstère, que de notes égrenées, lâchées comme des vols d’oiseaux, avec le gémissement grêle du violon qui pleure, pendant que nous sommes là, étendus sur les sièges et le plancher, les uns fumant béatement, les autres rêvant ! Aux fêtes de Florian, à Sceaux, et de Corot à Ville d’Avray, l’orchestre provençal conduit par de Sivry, flahutets et tambourins en tête, menait les farandoles à travers les bocages. Rodolphe Salis était en provençal, Georges Auriol en berger Camargue, très crâne, Madame Salis en Arlésienne, le fichu tour de gorge en point d’Alençon formant « chapelle ». Pour moi j’étais en berger Florian aux couleurs de la reine Jeanne, avec houlette. Et nous revînmes ainsi par les nuits claires, violonant et tambourinant, tandis que les chiens aboyaient.
Je continue : Jean Blaize, exotique, cosmopolite, hirsute, enthousiaste, lyrique. A publié un volume, Les Symptômes. Ne se vêt pas étrangement, mais est acrobate à ses heures. Disparaît : on apprend qu’il est en Normandie, pis en Provence, où à l’Ile de France, sa patrie. On ne s’étonne plus (15).
Térence Cros, musicien, tête de hongrois, hirsute, noir, bohémien (16), neveu de Charles (17), monologuiste du Hareng Saur et de l’Obsession, de Henry, ce pur artiste, fils d’Antoine, docteur et poète, grand chancelier d’Araucanie. Mélodies bruyantes, hardies, sauvages, quelque fois cependant d’une douceur adorable. Une délicieuse :

Le Soir est d’émeraude
Et le papillon bleu rôde

Sur des vers de Louis Marsolleau, le féminin, qui récite si câlinement ses poèmes (18).
Alfred Clauzel, dit Clodion, à cause de sa chevelure mérovingienne. Fervent admirateur de Cladel, poète robuste et douloureux, témoin sa série des Crucigères (19).
Georges d’Esparbès, un Agennais, doux, surpris, enfant. Style ardent, pressé, plein d’archaïsmes, avec des retours de périodes et un abus de conjonctions qui lui donnent un caractère spécial. Termine une série de portraits bibliques intitulée Les Juges. Marius Réty, dit Claude Bretin, font découronné, longs cheveux blonds bouclés, Christ souffrant, poète sur qui la fatalité s’est apesantie (sic), prosateur secoué de larmes. Jules Bernard a dix-huit ans et fait très peu de vers. Il excelle dans l’étude des angoisses qui torturent le cœur humain, avec une richesse d’images éblouissante. La voix douce, les manières câlines, les yeux riants, blond comme une gerbe de blé, c’est Bernard (20). Louis Le Cardonnel garde la mine drôle d’un jeune curé de campagne. C’est un poète absolu, sarcastique à la manière de Villon. Que de soirs ne l’écoutai-je pas, au coin des rues, sous la lumière tremblante des réverbères ! Sa dialectique précise, ironique, prit plaisir maintes fois à m’entraîner dans le paradoxe, mais toujours il s’y glissait un rayon étincelant de vérité (21). René Just, farouche républicain aux envolées lyriques, poètes des clameurs populaires, la tête pleine de grandes choses et d’enthousiasme, dont les apostrophes cinglent comme des verges (22).
Dans ce coin, on rit. C’est Alphonse Allais qui, avec son frère Paul (23), passe le temps à berner les profanes. Il n’écrit guère, mais son petit genre récrée, et il serait impossible de narrer toutes les farces dont il s’amuse quotidiennement. Là on chante… Marcel Legay, poète musicien de l’âme et du cœur, chantre de la terre et des joies laborieuses, relève sa belle tête souffrante et nous émeut. Quelques-unes de ses chansons sont déjà fort connues. Nous lui faisons tous de petits poèmes. Il y a aussi Gérault-Richard (24), J.-B. Clément, l’auteur du Temps des cerises, parmi ses paroliers.
Victor Margueritte récite des vers de sa Chanson de la mer, qui vient de paraître (25). Un des fils du général Margueritte, poète d’une excellente école, baudelairien. Comme mise : veston de velours noué d’une cordelière, gilet de peluche verte, bolivar de feutre de soie, cheveux longs et bouclés (26).
Edouard Dubus – en journalisme Baroude – caractère caustique et ardent, nous commente son dernier article (27). Léon Vian lit une de ses nouvelles étranges où la science imagine de surprenantes choses. Avec ses Contes baroques, il promène ses auditeurs dans les siècles prochains. Et c’est vraiment une imagination sans frein (28).
Terminerais-je ici par mon propre portrait ? Si oui, je l’extrais d’une série de Georges Auriol : « Léon Riotor, fils des brouillards lyonnais, se promène flegmatique sur le grand chemin de l’Existence, laissant flâner son regard vague au dessus des bruits de la rue, loin des tumultes et des bagarres. – Observateur infatigable, il erre, à la façon des indifférents et des dédaigneux, enfouissant au fond de lui-même les montagnes de documents qui viennent tourbillonner à sa portée. – Il a gardé le souvenir du vieux Rhône, tumultueux et rêveur, et de ces impressions profondes glanées les soirs de mélancolie et de je ne sais quel souffle septentrional senti je ne sais quand, il s’est confectionné un style précis et pourtant coloré, où s’unissent à la verve gauloise, la bizarrerie des romanciers anglais et l’étrange et fantasmagorique songerie des poètes suédois. Travailleur obstiné, il forge des rimes sonores entre deux chapitres de roman et fait tomber de son enclume des chroniques légères qu’il laisse s’envoler comme des feuilles mortes !
« Grand amateur des légendes allemandes, on le voit sur le boulevard ruminer ses essais, dans le maëlstrom des chroniquailleurs ébouriffés, guidé par sa pensée bien au-delà de l’insipide grouillement des chercheurs de faits-divers.
« Élégant jusqu’à outrance, il semble être le seul survivant des jours brillants du Directoire, et personne ne peut savoir où vagabonde son esprit multiple lorsqu’il foule l’asphalte poussiéreux des Italiens, et personne ne peut le distraire des scènes qu’il contemple à cent mille lieues parfois de la terrasse de Tortoni où il a savouré sa dernière absinthe… »
Que de noms pourrais-je ajouter ! parmi ceux qui de près et de loin, en dehors des liens de camaraderie, travaillent au triomphe de l’Idée dans l’Art, maçons édifiant leur bâtisse dans leur jardinet particulier, que de noms inconnus aujourd’hui, superbes demain ! Les Jean Lorrain, les Laurent Tailhade, les Jean Moréas, les Valère Bernard, Jean Lombard, Auguste Marin, Léon Duvauchel, Edmond Haraucourt, Fernand Icres, sont de futurs chefs de bataillon, sinon de fiers et vaillants combattants (29).
Qui surgira ? Lequel de nous gravira le pinacle étincelant ? Dans vingt ans, qui sera mort, qui sera célèbre ?... Comme ces bulles monstrueuses qui se dégagent des marais, le poète monte lentement, traversant d’impures ondes en y laissant un peu de son âme. Il monte avec effort dans ces atmosphères mauvaises, plus affaibli mais plus glorieux chaque soir, jusqu’à l’aube du grand ciel qui n’est souvent que le moment de son trépas !...


(1) Un Phalanstère poétique. – Le Réveil, Avril 1884, article de Frontin, alias Fernand Xau.
« Nos jeunes littérateurs reviennent aux éclatantes originalités du romantisme, et je ne peu que les féliciter de jeter dans la platitude du jour un peu de cette allure anti-prud’hommesque de 1830 qui vit surgir Hernani, et qui devait, plus tard, voir naître Les Fleurs du Mal. Ces néo-romantiques sont disséminés un peu partout, mais j’en connais plus particulièrement quelqes-uns qui ont arboré à Montmartre l’étendard des chapeaux flambards et fait luire la rutilante aurore des gilets rouges. Chaussés de souliers vernis à la Directoire, ces Gautier de 1884 sont de vivants contrastes ; le débraillé de leur mise est l’antithèse violente de leurs escarpins à bouffettes, de leurs bas de soie de l’élégance de leur désinvolture littéraire. Ils affectent de parler en gentilshommes et s’en acquittent, ma foi, fort bien ! Ils traitent volontiers la première catin venue de « ma-quise » ou de « belle et honneste dame » comme Brantôme ; chamarure (sic) de langage, chamarure de vêtements, chamarure de têtes à caractères, on revit avec eux l’innombrable pléiade des poètes des derniers siècles et l’endiablée vie de bohême. Ont-ils du talent ? En général. D’ailleurs, en parler serait vain, le public les appréciera quelque jour. Question littéraire à part, ce sont de hardis néo-romantiques. Théo l’a dit quelque part : Ce n’est pas une mince bravoure que d’arborer un gilet rouge, et l’auteur de Mademoiselle de Maupin en savait quelque chose.
Parmi eux, j’en citerai quatre qui se sont déclarés phalanstériens, franchement, comme Pétrus Borel, comme Philoxène Boyer, et qui n’ont pas hésité un seul instant à remettre en pratique la délirante vie des bohêmes joyeux. Les héros de Murger ne sont auprès d’eux que de pâles embêteurs de pipelets. Leur phalanstère s’est logé au plus haut de Montmartre, et sous les toits de la maison la plus élevée. Entrons : un long vestibule sur lequel s’ouvrent les chambres à coucher, nous conduit au « salon de réception. » L’appartement est vaste ; huit fenêtres, ornées de balcons, y donnent l’air et la lumière à flots. Voici les seigneurs du lieu, des gaillards dont les mises excentriques feraient reculer d’horreurs nos honnêtes tailleurs ; des gaillards « qui ont fait le désespoir de leur famille. » Permettez-moi de vous les présenter : Léon Riotor, le plus élégant, qui, à vingt ans, a trouvé le moyen de répandre dans les journaux de France la matière de six à huit volumes, nouvelles, articles d’histoire et de critique, traductions, poésies. A commis une poésie dont on parle beaucoup, La Chemise sale, et prépare un roman dont on parlera : Triptolème. Georges Auriol qui se vêt de linge de femme, met des voilettes en cravates et parle comme un roué de la Régence. Comme style, un mélange de Poe et de Mendès, le plus échevelé fantaisiste que je connaisse. Willette, le peintre poète, le portrait vivant de Pierrot, dont il porte le nom dans l’intimité et dont chaque compositions est un poème génial : enfin, P. Destournel, plume alerte et joyeuse, un des fondateur du fameux Claque-dent. Tous, figures ouverts et franches, les mains tendues, vous reçoivent et vous engagent à revenir. On rencontre là des musiciens, Ch. De Sivry, Antoine Bonnet, dit Colophane, un exquis violoniste ; Marcel Legay, Weiss ; des journalistes, Deschaumes, Ducray, Paul Morisse ; des peintres, Franck Bail, Steinlen, Gandara, ; j’en passe, et des meilleurs. Puis, les amis de la maison : Rodolphe Salis, Alfred de Clauzel, dit Clodion, Paul Alexis, Jean Blaiez, Albert Samain, Antony Mars, Auguste Audy, Georges d’Esparbès, Denis Doulx, etc. Dans la pièce de réception se trouve un vieux clavecin Marie-Antoinette. Colophane ou Sivroche (de Sivry) jouent leurs compositions, on s’ingurgite un verre de quelque liquide hasardeux ; on brûle une ou deux chaises dans la cheminée, et là, devisant d’art et de littérature, on laisse s’enfuir le temps.
Les aventures de ces quatre phalanstériens sont intéressantes, au point qu’on les a fortement engagés à les écrire. Allez au « Chat-Noir » parler de leur phalanstère, on vous contera aussitôt les évènements et les histoires les plus abracadabrants, les épisodes les plus renversants, et si quelques noms féminins, comme Colibri, Léa, Gretchen ou Christiane viennent s’y méler, ne souriez pas, à tous les poètes il a fallu des Muses. »

Réponse à Trublot. – Revue Critique, (entr’autres) Avril 1884. « Dans un des derniers numéros du Cri du Peuple, Trublot (lisez Paul Alexis) consacre ses Petites Nouvelles du théâtre et de la littérature à l’article du Réveil sur le phalanstère poétique de Montmartre. Il ne se fait pas faute d’éreinter les « jeunes » cités qui, dit-il, sont « pompiers et vieux, et ramollis et caducs ».

Notre collaborateur Léon Riotor, particulièrement visé, a répondu la lettre qui suit – dont l’insertion a donné matière à Paul Alexis à un nouvel article de deux colonnes :

Monsieur Trublot,
En lisant votre article sur les Jeunes, très courtois, et plein d’amabilité pour eux, je me plais à le reconnaître, je n’ai pu me retenir d’une inextinguible envie de rire. Quoi ! le naturalisme, qui compte déjà tant d’années d’existence et une pléiade d’auteurs si puissants ! quoi ! le naturalisme (dont vous êtes maintenant le seul et unique porte-voix) a pu songer un instant à s’émouvoir de la présence à Montmartre de quelques jeunes emballés, - dont le plus grand tort est sans doute de ne pas avoir été quémander le soutient que vous promettez d’accorder à tout jeune naturaliste ! – Vous me confondez véritablement.
Jusqu’à présent, nous nous étions permis de porter des vêtements d’un autre âge, des gilets dorés Louis XV, des escarpins vernis et des bas noirs. Nous jetterons tout cela au rencart, si vous le voulez bien, Monsieur Trublot, et nous nous vêtirons en jeunes naturalistes : un binocle sur le nez, un petit paletot-sac pour nos manuscrits, un gilet beurre frais et une chaine en doublé. Et puisque Triptolème vous embête, mon Dieu ! Je ne veux pas vous défendre ce pauvre avorton, nous en ferons des papillotes pour Dédèle.
Pourtant, cher Monsieur Trublot, nous sommes frères et ne nous ressemblons point. Frates dissimiles sumus, comme eût dit Térence. La question d’âge et de mise m’a toujours paru stupide, chacun s’habille comme il lui plait. Nous sommes des jeunes gens enclins aux défauts de leur âge, en possédant les qualités, comme les autres jeunes gens. Vous avez passé là, et nous passerons où vous êtes. Vous et vos amis êtes naturalistes, nous essayons d’être nous-même. Ou plutôt, sans prétention, je crois que nous le sommes un peu déjà.
La littérature est dans une phase de décadence amenée par l’excès de littérateurs. Nous n’avons pas à examiner quel sont les remèdes à employer, mais il y en a, et d’efficaces. Réflechissez-y vous-même.
C’est sous les bois ombreux, au bord des ruisseaux chanteurs, où j’entremêle d’extases bucoliques l’achèvement de ce pauvre Triptolème que vous maltraitez tant, que m’arrive votre article dont je ne peux vraiment pas me fâcher. Seulement, entr’autres inexactitudes, je n’entraîne pas mes amis. Auriol, Willette et Destournel, sont complètement indépendants de Triptolème. Je ne crois pas que personne ait ouvert la porte à leur esprit. Je suis même inquiet de l’effet qu’à produit sur eux la fumisterie de mauvais goût qui me présente comme leur Mentor.
Dans le travail littéraire, il y a deux choses à considérer : la gestation et l’éclosion. Ces deux choses sont nécessairement dépendantes l’une de l’autre. Avant que l’idée à émettre puisse surgir à la lumière, elle séjourne dans l’esprit et y prend la forme qui lui paraît le mieux s’appliquer à sa clarté, à son développement ou à son énergie. L’idée éclora dans tel ou tel moule selon les différentes situations du cerveau qu’elle aura traversées, et selon la durée de son séjour.
Je ne parle pas ici de ce que nous appelons les pisseurs de copie, journalistes hâtifs qui jettent, au hasard de la plume et de la vie, un ou deux articles chaque jour, sur tel ou tel sujet, sans y réfléchir même un instant, tout simplement parce que le métier l’exige. Il fait fournir tant de copie à heur fixe, à jour dit, et il est facile de voir ce qui peut naître de ce travail forcé. La gestation de l’idée artistique, pour qu’elle soit réelle, a besoin d’être inconsciente. Mes amis et moi, et beaucoup d’autres encore ! ne travaillons que sous cette influence. C’est pourquoi nous décrivons plus nos conceptions que les choses réelles. Sommes-nous romantiques, sommes-nous naturalistes, point ne le sais, et point ne chercherais à le savoir.
Ceci dit, je termine en vous remerciant des quelques mots que vous avez bien voulu écrire sur nous, et en témoignant de la plus profonde admiration pour tout talent nettement affirmé, de quelque façon qu’il s’exprime, et quelque sujet qu’il embrasse.
Léon Riotor

(2) Mort en 1895
(3) Mort en 1890
(4) A oublié la littérature. Habite l’Île de Madère.
(5) A disparu, réside à l’étranger je crois
(6) Est devenu vaudevilliste. A d’ailleurs fait fortune.
(7) A publié Au Jardin de l’Infante, 1893, couronné par l’Académie Française en 1898, et Aux flancs du Vase, 1900. – Mort le 18 Août 1900.
(8) Combien je m’amuse aujourd’hui de ma crédulité d’alors à l’égard du pître cabaretier ! A fait fortune aussi. Mort en 1897 en son château poitevin de Naintré.
(9) Mort fou en 1896.
(10) Georges Montorgueil.
(11) Tout cela était vrai alors et l’est encore
(12) Fondateur et directeur du Mercure de France. A publié deux romans, Le Vierge et A l’écart.
(13) Avait disparu. Je l’ai retrouvé en 1896 chef d’orchestre du Kursaal à Genève.
(14) Mort en 1899
(15) A publié depuis de remarquables romans.
(16) A été enfermé un instant comme fou, m’a-t-on dit.
(17) Charles Cros est mort en 1887. Cf mon Médaillon.
(18) S’est transformé en poète politique au moment du boulangisme.
(19) Mort poitrinaire à 23 ans.
(20) Bernard s’est fait sauter la cervelle à dix-neuf ans après avoir publié un roman.
(21) Le Cardonnel est curé de campagne quelque part.
(22) René Just est mort de misère à 22 ans.
(23) Paul Allais est devenu pharmacien, quant à Alphonse c’est toujours l’être le plus désagréable de la création.
(24) Fut député de Paris, rédacteur en chef de la Petite République.
(25) En 1883.
(26) Devint officier de cavalerie, démissionna, reprit la plume.
(27) Le Gaulois, le Pilori, etc., Dubus est mort en 1895.
(28) Mort à Panama, où il avait été envoyé comme ingénieur.
(29) N’oublions pas que ceci est écrit en 1884, et combien n’en ai-je pas brûlé que j’adorais !


(I) Préface de Gustave Geffroy. Lemerre, 1901, in-12, broché, 466 pp., couverture rempliée, index, frontispice et [fac-similé de] lettre autographe de Puvis de Chavannes. Outre les souvenirs dont il est ici question on y trouve des articles sur Puvis de Chavannes, Auguste Rodin, Léon Cladel, Barbey d'Aurevilly, Edmond Lepelletier, Willette, Jules Claretie, Charles Buet, Catulle Mendès, Les Cros, Les Indépendants : Les Refusés, 1er Salon du "Groupe", 1er Salon de la "Société", 2me Salon du "Groupe", etc.



mercredi 17 octobre 2007

BIBLIOGRAPHIES DE BIOGRAPHIES


Après Les Célébrités Contemporaines aux éditions de La Nouvelle Revue Critique, la bibliographie, non exhaustive, d’une autre collection de biographies, Les Célébrités d'aujourd’hui, commençée en 1903 à la Bibliothèque international d’édition, cette collection sera poursuivie sous la marque d’E. Sansot. La collection est publiée sous la direction de E. Sansot-Orland, Roger Le Brun et Ad. Van Bever, avec des ornementations typographiques de Manuel Orazi.

Il existe aussi chez Sansot, Chiberre une collection intitulée Les Célébrités dramatiques et lyriques de la scène française.

[Adam] Batilliat, Marcel : Paul Adam. biographie illustrée de portraits, caricatures, autographes ; suivie de divers fragments de critique et d'un essai de bibliographie, portrait-frontispice de Jacques Blanche, têtes de pages, lettres ornées et culs-de-lampe d'Orazi. Bibliothèque internationale d'édition, 1903, 35 p.-[2] f. de pl. Les Célébrités d'aujourd'hui

[Barthoud] Bertaud, Jules : Louis Barthou. biographie critique... suivie d'opinions et d'une bibliographie. Sansot, s.d., 52 pp. Les Célébrités d'aujourd'hui

[Baudrillard] Habloville (Claude d') : Mgr. Baudrillard. biographie critique, suivie d'opinions, d'un autographe et d'une bibliographie… Paris, E. Sansot, 1921, 40 pp. Les Célébrités d'aujourd'hui

[Bazin] Bersaucourt, Albert de : René Bazin. Biographie critique, suivie d'opinions et d'une bibliographie. Paris, E. Sansot, s.d., 63 p., portrait et fac-similé, in-16. Les Célébrités d'aujourd'hui.

[Bourget] Grappe, Georges : Paul Bourget. Biographie precedee d'un portrait frontispice illustrée de divers dessins et d'un autographe suivie d'opinions et d'une bibliographie. Ornements typographiques d'Orazi. Sansot. 1904, 39 p. Les Célébrités d'aujourd'hui.

[Brieux] Bertrand, Adrien : E. Brieux. biographie critique suivie d'opinions, d'un autographe et d'une bibliographie... Paris : E. Sansot, 1910, 64 p., portrait, in-16. Les Célébrités d'aujourd'hui

[Brunetière] Richard, L. R. : Ferdinand Brunetière. biographie critique... suivie d'opinions et d'une bibliographie Sansot, 1905, 72 pages. Les Célébrités d'aujourd'hui

[Burnat-Provins] Malo, Henri : Marguerite Burnat-Provins. Biographie critique illustrée d'un portrait frontispice et d'un autographe, suivie d'opinions et d'une bibliographie. Paris, Sansot, 1920, in 12 broché, 40 pages. Les Célébrités d'Aujourd'hui

[Capus] Quet, Édouard : Alfred Capus. Biographie précédée d'un portrait frontispice, illustrée de divers dessins et d'un autographe, suivie d'opinions et d'une bibliographie. Ornements typographiques d'Orazi. Paris : E. Sansot, 1904, 43 p., in-12. Les Célébrités d'aujourd'hui

[Claretie] Durel, Petrus : Leo Claretie. Biographie critique illustrée d'un portrait frontispice et d'un autographe, suivie d'opinions et d'une bibliographie. Paris, Sansot, 1906, in 12 broché, 68 pages. Les Célébrités d'Aujourd'hui.

[Clémenceau] Le Blond, Maurice : Georges Clémenceau
. biographie critique illustrée d'un portrait-frontispice et d'un autographe, suivie d'opinions et d'une bibliographie. Paris, E. Sansot, 1906, in-18, 56 p. Les Célébrités d'aujourd'hui

[Coppée] Gaubert, Ernest : François Coppée. biographie critique illustrée d'un portrait frontispice et d'un autographe, suivie d'opinions et d'une bibliographie. Paris, E. Sansot, 1906 In-18, 70 p. Les Célébrités d'aujourd'hui.

[Curel] Le Brun, Roger : F. de Curel. biographie critique illustrée d'un portrait frontispice et d'un autographe, suivie d'opinions et d'une bibliographie… Paris, E. Sansot, 1905, 84 p. Les Célébrités d'aujourd'hui.

[Delarue-Mardrus] Sirieyx de Villers, Emilie : Lucie Delarue-Mardrus. biographie critique... suivie d'opinions et d'une bibliographie Paris, Éditions Sansot, 1923, 40 p., portrait, autographe, in-16. Les célébrités d'aujourd'hui

[Déroulède] Matter, Florent : Paul Déroulède. Biographie biographie critique illustrée d'un portrait frontispice et d'un autographe, suivie d'opinions et d'une bibliographie… Paris, E. Sansot et Cie, 1909, in-16, 64 p. Les Célébrités d'aujourd'hui.

[Descaves] Moselly, Émile : Lucien Descaves. Biographie critique illustrée d'un portrait frontispice et d'un autographe, suivie d'opinions et d'une bibliographie. Paris, Sansot, 1905, 49 pp. Les Célébrités d'Aujourd'hui.

[Donnay] Le Brun, Roger : Maurice Donnay. biographie illustrée de portraits, dessins, autographes, suivie d'opinions, de documents et d'une bibliographie... Paris, Bibliothèque internationale d'édition, 1903, in-12, 46 p. Les Célébrités d'aujourd'hui

[Dorchain] Sorel, Alber-Emile : Auguste Dorchain. Biographie critique illustrée d'un portrait frontispice et d'un autographe, suivie d'opinions et d'une bibliographie. Paris, Sansot, 1908, in-12, 53 pp. Les Célébrités d'Aujourd'hui.

[Doumic] Beaufils, Edouard : René Doumic. biographie critique illustrée d'un portrait-frontispice et d'un autographe, suivie d'opinions et d'une bibliographie. Paris, E. Sansot, 1909, in-16, 55 p. Les Célébrités d'aujourd'hui

[Duchesne] Habloville, Claude d' : Mgr Duchesne. biographie critique, suivie d'un autographe, d'opinions et d'une bibliographie... Paris : E. Sansot, 191 1, in-18, 72 p. Les Célébrités d'aujourd'hui.

[Faure] Dujet, A. : Gabriel Faure. Biographie critique illustrée d'un portrait frontispice et d'un autographe, suivie d'opinions et d'une bibliographie. Paris, Sansot, 1921, in 12 broché, 40 pages. Les Célébrités d'Aujourd'hui

[France] Le Brun, Roger : Anatole France. Biographie critique, suivie d'opinions, d'un autographe et d'une bibliographie Ornements typographiques d’Orazi. Paris, E. Sansot, 1904, 52 p., portrait et fac-similé, in-16. Les célébrités d'aujourd'hui

[Gautier] Gourmont, Remy de : Judith Gautier. Portrait-frontispice de John Sargent. Biographie illustrée de portraits et d'autographes, suivie d'opinions, de documents et d'une bibliographie. Ornements typographiques d'Orazi. Paris, Bibliothèque internationale d'édition, 1904, in-12, 34 p. Les célébrités d'aujourd'hui

[Gourmont] Querlon, Pierre de : Remy de Gourmont. Portrait-frontispice de F. Maillaud. Biographie. Paris, Bibliothèque internationale d'édition, 1903, in-12, 44 p. Les célébrités d'aujourd'hui.
[Pierre de Querlon est le pseudonyme de Pierre Des Gachons]

[Hervieu] Malherbe, Henry : Paul Hervieu
. Biographie critique illustrée d'un portrait frontispice et d'un autographe, suivie d'opinions et d'une bibliographie. Paris, Sansot, 1913, in 12 broché, 60 pages. Les Célébrités d'Aujourd'hui.

[Hirsch] Carco, Francis : Charles-Henry Hirsch. Biographie précédée d'un portrait-frontispice illustrée de divers dessins et d'un autographe suivie d'opinions et d'une bibliographie Ornements typographiques d'Orazi. Bibliothèque Internationale d'Edition Sansot, 1914, in-12, 62 p. Les Célébrités d'aujourd'hui.

[Houssaye] Sonolet, Louis : Henry Houssaye. Biographie critique illustrée d'un portrait frontispice et d'un autographe, suivie d'opinions et d'une bibliographie. Paris, Sansot, 1905, in 12 broché, 72 pages. Les Célébrités d'Aujourd'hui.

[Lacour] Harlor : Léopold Lacour. biographie critique, suivie d'opinions, d'un autographe et d'une bibliographie… Paris, E. Sansot, s.d., 54 p., portrait et fac-similé, in-16. Les Célébrités d'aujourd'hui.

[Lebesgue] Gossez M.-C. : Phileas Lebesgue. Biographie critique illustrée d'un portrait frontispice et d'un autographe, suivie d'opinions et d'une bibliographie. Paris, Sansot, 1924, in-12, 40 pp. Les Célébrités d'Aujourd'hui.

[Lemaitre] Sansot-Orland : Jules Lemaitre. biographie critique... suivie d'opinions et d'une bibliographie. Sansot, 1903, 36 pp. Les Célébrités d'aujourd'hui

[Lemonnier] Bazalgette, Léon : Camille Lemonnier. biographie précédée d'un portrait-frontispice, illustrée de divers portraits, de dessins et d'un autographe, suivie d'opinions, de documents et d'une bibliographie, ornements typographiques d'Orazi. Paris, Sansot, 1904, 71 p., portrait, fac-similé, in-12. Les célébrités d'aujourd'hui

[Lorrain] Gaubert, Ernest : Jean Lorrain. biographie critique illustrée d'un portrait-frontispice et d'un autographe, suivie d'opinions et d'une bibliographie. Paris, E. Sansot, 1905, In-12, 71 p. Les Célébrités d'aujourd'hui. Les Célébrités d'aujourd'hui. Nouvelle série. N° 3. Mars 1905

[Loti] Mariel, Jean : Pierre Loti
. Biographie critique illustrée d'un portrait-frontispice et d'un autographe suivie d'opinions et d'une bibliographie. Sansot, 1909, in-12, 54 p. Célébrités d'aujourd'hui.

[Louÿs] Gaubert, Ernest : Pierre Louÿs. Biographie précédée d'un portrait-frontispice illustrée de divers dessins et d'un autographe suivie d'opinions et d'une bibliographie Ornements typographiques d'Orazi. Bibliothèque Internationale d'Edition Sansot, 1904, in-12, 42 p. Les Célébrités d'aujourd'hui.

[Maeterlinck] Van Bever, Adolphe : Maurice Maeterlinck. biographie suivie d'opinions [de Remy de Gourmont et d'Octave Uzanne] et d'une bibliographie. Ornements typographiques d'Orazi. 2e édition, Paris, E. Sansot, 1904, in-16, 44 p. Les Célébrités d'aujourd'hui.

[Margueritte] Pilon, Edmond : Paul et Victor Margueritte. Biographie critique, illustrée d'un portrait-frontispice d'Henry Nocq et d'un autographe, suivie d'opinions et d'une bibliographie. Paris : E. Sansot, 1905, in-18, 72 p. Célébrités d'aujourd'hui

[Mauclair] Jean-Aubry, G. : Camille Mauclair. biographie critique illustrée d'un portrait-frontispice et d'un autographe, suivie d'opinions et d'une bibliographie. Paris, E. Sansot, 1905, 59 p., portrait, fac-similé, in-16. Les Célébrités d'aujourd'hui. Bibliographie et iconographie de Camille Mauclair par Adolphe Van Bever

[Mendès] Bertrand, Adrien : Catulle Mendès. biographie critique, suivie d'opinions, d'un autographe et d'une bibliographie... Paris, E. Sansot, 1908, in-16, 63 p. Les Célébrités d'aujourd'hui

[Mirbeau] Pilon, Edmond : Octave Mirbeau. Portrait-frontispice de Henry Bataille. Biographie illustrée de portraits, caricatures, autographes, suivie d'opinions, de documents et d'une bibliographie. Ornements typographiques d'Orazi. Paris, Bibliothèque internationale d'édition, 1903, in-12, 47 p. Les Célébrités d'aujourd'hui

[Moréas] Gourmont, Jean de : Jean Moréas. Biographie critique, suivie d'opinions et d'une bibliographie. Paris, E. Sansot, 1905, 71 p., portrait et fac-similé. Les Célébrités d'aujourd'hui.

[Nietzsche] Albert, Henri : Frédéric Nietzsche. Portrait-frontispice, d'après Stoeving. Biographie illustrée de portraits, vues et autographes suivie d'opinions, de documents et d'une bibliographie, ornements typographiques d'Orazi. Paris, Bibliothèque internationale d'édition, 1903, in-16, 36 p. Les célébrités d'aujourd'hui.

[Noailles] Gillouin (René) : La Comtesse Mathieu de Noailles. Biographie critique, suivie d'opinions et d'une bibliographie. Paris, E. Sansot, 1908, 71 p., portrait et fac-similé, in-16. Les Célébrités d'aujourd'hui.

[Péladan] Aubrun, René-Georges : Péladan. biographie précédée d'un portrait frontispice, illustrée de divers dessins et d'un autographe, suivie d'opinions et d'une bibliographie. Ornements typographiques d'Orazi, Paris, E. Sansot, 1904, in-12, 50 p. Les célébrités d'aujourd'hui

[Pilon] Gahisto, Manoel : Edmond Pilon. Biographie critique illustree d'un portrait frontispice et d'un autographe, suivie d'une bibliographie. E. Sansot. 1921, 40pp.Les célébrités d'aujourd'hui.

[Poincaré] Maisne, (Gabriel) : Raymond Poincaré. Biographie critique illustrée d'un portrait frontispice et d'un autographe, suivie d'opinions et d'une bibliographie. Paris, Sansot, 1914, in 12 broché, 40 pages. Les Célébrités d'Aujourd'hui.

[Porto-Riche] Marx, Claude R. : G. de Porto-Riche. Biographie biographie critique illustrée d'un portrait frontispice et d'un autographe, suivie d'opinions et d'une bibliographie… Paris , E. Sansot, 1912, 72 p. Les Célébrités d'aujourd'hui.

[Prévost] Bertaut, Jules : Marcel Prévost. biographie précédée d'un portrait-frontispice, illustrée de divers dessins et d'un autographe, suivie d'opinions et d'une bibliographie. Ornements typographiques d'Orazi. Paris, E. Sansot, 1904, in-16, 37 p. Les Célébrités d'Aujourd'hui

[Rachilde] Gaubert, Ernest : Rachilde. biographie critique, illustrée d'un portrait-frontispice et d'un autographe, suivie d'opinions et d'une bibliographie. Paris, E. Sansot, 1907, In-18, 62 p. Les Célébrités d'aujourd'hui

[Régnier] Léautaud, Paul : Henri de Régnier. Biographie, suivie d'opinions et d'une bibliographie. Paris, E. Sansot, 1904, 47 p. Les Célébrités d'aujourd'hui.

[Rod] Roz, Firmin : Édouard Rod. biographie critique, illustrée d'un portrait-frontispice et d'un autographe, suivie d'opinions et d'une bibliographie. Paris : E. Sansot, 1906, 71 p., portrait, fac-similé, in-18. Les célébrités d'aujourd'hui

[Rosny] Casella, Georges : J.-H. Rosny. biographie critique illustrée d'un portrait-frontispice et d'un autographe, suivie d'opinions et d'une bibliographie. Paris, E. Sansot, 1907, 62 p., portrait et fac-similé, in-18. Les célébrités d'aujourd'hui

[Rostand] Haugmard (Louis) : Edmond Rostand. Biographie critique, suivie d'opinions et d'une bibliographie. Paris, E. Sansot, s.d., 64 p., portrait et fac-similé, in-16. Les Célébrités d'aujourd'hui.

[Saint-Georges de Bouhélier] Le Blond, Maurice : Saint-Georges de Bouhélier. biographie critique illustrée d'un portrait frontispice et d'un autographe, suivie d'opinions et d'une bibliographie. Paris, E. Sansot, 1909, in-16, 47 p. Les Célébrités d'aujourd'hui.

[Séché] Jean-Desthieu F. : Alphonse Séché. biographie critique illustrées d'un portrait frontispice et d'un autographe suivie d'opinions et d'une bibliographie. Sansot. Paris, 1923, 44 pp. Les Célébrités d'aujourd'hui

[Sully Prudhomme] Fons Pierre : Sully Prudhomme. Biographie critique illustrée d'un portrait-frontispice et d'un autographe suivie d'opinions et d'une bibliographie. Sansot, 1907, in-12, 46 p. Célébrités d'aujourd'hui

[Tinayre] Martin-Mamy, Eugène : Marcelle Tinayre. Biographie critique, suivie d'opinions, d'un autographe et d'une bibliographie… Paris, E. Sansot, 1909, 45 p., portrait et fac-similé, in-16. Les célébrités d'aujourd'hui

[Verhaeren] Bazalgette, Léon : Emile Verhaeren. biographie critique... suivie d'opinions et d'une bibliographie Paris, E. Sansot, 1907, 72 p., portrait et fac-similé, In-18. Les Célébrités d'aujourd'hui

[Willy] Albert, Henri : Willy. biographie précédée d'un portrait-frontispice, illustrée de divers dessins et d'un autographe, suivie d'opinions et d'une bibliographie..., Ornements typographiques d'Orazi. Paris : E. Sansot, 1904, 47 p., 48 portraits, fig. et fac-similé, in-16. Les célébrités d'aujourd'hui

Quelques références d’une autre collection de biographies, Les Hommes et les idées, à la Société du Mercure de France, puis au Mercure de France. Je ne retiens de cette collection que les titres concernant un auteur, écrivain, dramaturge, journaliste, ou mouvement littéraire, les autres titres sont consacrés à des sujets philosophiques, scientifiques ou d’actualité.

[Barrès] Massis, Henri : La Pensée de Maurice Barrès. Paris, Mercure de France, 1909, in-16, 84 p., fac-similé. Les Hommes et les idées, n° 11.

[Baudelaire] Raynaud (Ernest) : Baudelaire et la Religion du Dandysme. Mercure de France, 1918, in 12 broché, 80 pages, bibliographie, iconographie. Les Hommes et les Idées, n° 28.

[Coppée] Ferrières, Gauthier : François Coppée et son oeuvre. Paris, Société du Mercure de France, 1908. In-16, 80 p., portrait et fac-similé d'autographe. Les Hommes et les idées, n° 4 [Bibliographie et iconographie, signé Ad. Van Bever.]

[Dante] Gourmont, Remy de : Dante, Béatrice et la poésie amoureuse, essai sur l'idéal féminin en Italie à la fin du XIIIe siècle. Paris, Société du 3 Mercure de France3 , 1908, In-16, 79 p., gravures sur bois. Les Hommes et les idées, n° 2.

[Dujardin] Dujardin, Édouard : Les Premiers poètes du vers libre. Paris, Mercure de France, 1922, 74 p. Les Hommes et les idées.

[Gaultier] Palante, Georges : La philosophie du bovarysme, Jules de Gaultier. Paris, Mercure de France, 1912, 92 p., portrait et fac-similé, in-16. Les hommes et les idées, n° 23

[Gourmont] [Escoube, Paul] Delior, Paul : Remy de Gourmont et son œuvre. Paris, Mercure de France, 1909, 96 p.-[2] f. de pl., portrait et un autographe, in-16. Les hommes et les idées, n° 13 [Réédité en 1921 sous le vrai nom de l’auteur].

[Homère] Van Gennep, Arnold : La Question d'Homère, les poèmes homériques, l'archéologie et la poésie populaire. Suivi d'une bibliographie critique par A.-J. Reinach. Paris, 3 Mercure de France3 , 1909, in-16, 86 p., fig. Les Hommes et les idées, n° 10

[Jammes] Pilon, Edmond : Francis Jammes et le sentiment de la nature. Société du 3 Mercure de France3 , 1908, in-16, 79 p., portrait et fac-similé, Bibliographie et iconographie par Ad Van Bever. Les Hommes et les idées, n° 8.

[Maeterlinck] Esch (M.) : L'oeuvre de Maurice Maeterlinck. Mercure de France, 1912, in-12, broché, 84 pp., portrait frontispice, fac-similé d'autographe. Les Hommes et les Idées.

[Pergaud] Rocher Edmond : Louis Pergaud, conteur rustique. Paris, Mercure de France, 1922, in-12, 76 pages, portrait en frontispice, un autre in-texte. Les Hommes et les Idées.

[Régnier] Gourmont, Jean de : Henri de Régnier et son œuvre. [bibliographie et iconographie par Ad. Van Bever] Paris : Société du Mercure de France, 1908, 75 p., portrait et autographe, in-16. Les hommes et les idées, n° 1

[Renard] Bachelin (Henri) : Jules Renard et son œuvre. Avec un portrait et un autographe. Mercure de France, 1909, in-16 de 76 pp. Les hommes et les idées, n° 15.

[Tellier] Charasson (Henriette) : Jules Tellier. Mercure de France, 1922, in-12, broché, 78 pp., portrait frontispice. Les Hommes et les idées

[Verhaeren] Buisseret, Georges : L'Évolution idéologique d'Emile Verhaeren. Paris, Mercure de France, 1910, in-16, 96 p., portrait et fac-similé, portrait, fac-similé, in-16, . Les Hommes et les idées, n° 18. [bibliographie et iconographie par Ad. Van Bever]

mardi 16 octobre 2007

Bibliographie des Célébrités Contemporaines.

Les collections bio-bibliographiques


Comme je trouve bien pratiques et utiles les collections de monographies, petits volumes contenant une bibliographie, une biographie, un portrait et parfois un fac-similé d’autographe, j’ai tenté d’établir les bibliographies (non exhaustives) de trois d’entres elles.

Commençons par les collections des Célébrités contemporaines et Célébrités d’aujourd’hui aux éditions de La Nouvelle Revue Critique.

La première série intitulée, Célébrités Contemporaines, commence en 1928 et comprend 12 volumes jusqu’en 1930, la deuxième séries, 12 autres, de 1930 à 1933 et la troisième série de 1933 à 1936 comprend 5 volumes. Là où les choses se compliquent, c’est qu’il existe une collection, pareille à l’autre, intitulée Célébrités contemporaines dont la deuxième série commence en 1924 (difficile de connaître la première date de parution de la 1ère série), pour obscurcir un peu plus le tableau, il existe aussi une série intitulée Célébrités d'Hier, de plus, les premières publications, même format, même présentation, commence en 1919 sous le titre de Collection du ″Carnet critique″, aux éditions du Carnet Critique. Il semble plus simple de donner par ordre alphabétique tous les titres collecter de ces différentes collections.

[Apollinaire] Fabureau, Hubert : Guillaume Apollinaire, son œuvre. Document pour l'histoire de la littérature française, Paris : Ed. de la nouvelle revue critique, 1932, portrait et autographe, in-8, 96 p. Collection des célébrités contemporaines. 2e série, n° 9

[Barbusse] Hertz, Henri : Henri Barbusse, son œuvre. Etude critique, document pour l'histoire de la littérature française. Paris, édition du Carnet-Critique, 1919. In-16, 62 p., portrait, autographe. Collection du ″Carnet critique″. Première série. N° 1

[Barrès] Faure-Biguet, Jacques-Napoléon : Maurice Barrès. Son oeuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, éditions de La Nouvelle revue critique, 1924. In-8, 79 p., portrait, fac-sim. d'autographe

[Bataille] Blanchart, Paul : Henry Bataille, son oeuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, Éditions du Carnet critique, 1922. In-8, 8 p., portrait. Collection du Carnet critique. 1re série, N° 6

[Baudelaire] Kahn, Gustave : Charles Baudelaire, son œuvre. Document pour l'histoire de la Littérature française. Paris, Nouvelle Revue critique, 1928, in-8, 92 p., portrait et fac-similé d’autographe. Collection critique. Célébrités d'hier. 1re série, n° 9

[Becque] Blanchart, Paul : Henri Becque son œuvre. Document pour l'Histoire de la littérature française. Paris, Ed. de la nouvelle revue critique, 1930, 128 p., in-8., portrait et autographe. Collection des célébrités contemporaines. 2e série, n° 2

[Bergson] Maire, Gilbert : Henri Bergson, son oeuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, éditions de la Nouvelle revue critique, 1926, In-8, 72 p., portrait, fac-similé. Collection critique. Célébrités d'aujourd'hui. 2e série, n° 8

[Bernard] Blanchart, Paul : Tristan Bernard son œuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, Ed. de la nouvelle revue critique, 1932, 85-[11] p., in-8, portrait et autographe. Collection des célébrités contemporaines. 2e série, n° 6

[Bernstein] Bathille, Pierre : Henry Bernstein son œuvre. Document pour servir à l'histoire de la littérature française. Paris : Ed. de la nouvelle revue critique, 1931, 96 p., in-8., portrait et autographe. Collection des célébrités contemporaines. 2e série, n° 3

[Bloy] Mas, Édouard : Léon Bloy, son oeuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris : Éditions de la Nouvelle revue critique, 1927, In-16, 64 p., portrait, autographe. Collection critique. Célébrités d'hier. 1re série. N° 12

[Bordeaux] Bertaut, Jules : Henry Bordeaux, son oeuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, la Nouvelle revue critique, 1930, In-8, 72 p., portrait et fac.-similé. Collection critique. Célébrités d'aujourd'hui, 2e série, n° 5

[Bourget] Jean-Desthieux, François : Paul Bourget, son oeuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, Editions du Carnet critique, 1922. In-8, 6 p., portrait et fac-similé. Collection du ″Carnet critique″. 1re série. N° 7

[Claudel] Truc, Gonzague : Paul Claudel. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris : la Nouvelle Revue critique, 1925, 64 p., portrait et fac-similé d’autographe, in-8. Collection critique. Célébrités d'aujourd'hui. 2ème série, n° 7

[Colette] Keller, Fernand et Lautier, André : Colette (Colette Willy), son oeuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, Éditions de la Nouvelle revue critique, 1923, In-16, 63 p., portrait et fac-similé. Collection critique. 1re série. N° 10

[Courteline] Turpin, François : Georges Courteline, son oeuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, Éditions de la Nouvelle Revue critique, 1928, In-16, 79 p., portrait, fac-similé. Collection critique. Célébrités d'aujourd'hui. 2e série, n° 6

[Curel] Blanchart, Paul : François de Curel, son oeuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, La Nouvelle Revue Critique, 1924. In-8, 64 p., portrait, fac-similé. Collection critique. 1re série. No 14

[Daudet] Mas, Édouard : Léon Daudet, son oeuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris : éditions de la ″Nouvelle revue critique″, 1928, In-8, 91 p., portrait, fac-similé d'autographe. Collection ″Célébrités d'aujourd'hui″. 2e série. N° 12

[Daumier] Rim, Carlo : Honoré Daumier son œuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, Ed. de la nouvelle revue critique, 1929, 47 p., portrait et autographe, In-8. Célébrités contemporaines. 1re série, n° 5

[Desbordes-Valmore] Zweig, Stefan : Marceline Desbordes-Valmore, son œuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Trad. par Alzir Hella et O. Bournac. Paris, Ed. de la Nouvelle Revue Critique, 1928, 79 p., portrait et fac-similé d’autographe, in-8. Collection critique. Célébrités contemporaines. 1re série, n° 2

[Donnay] Bathille, Pierre : Maurice Donnay, son œuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, Ed. de la nouvelle revue critique, 1931, 98 p., in-8, portrait et autographe. Collection des célébrités contemporaines. 2e série, n° 5

[Dorgelès] Dubeux, Albert : Roland Dorgelès son œuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, Ed. de la nouvelle revue critique, 1930, 77 p., in-8, portrait et autographe. Collection des célébrités contemporaines. 1re série, n° 11

[Duhamel] Humbourg, Pierre : Georges Duhamel, son œuvre. Document pour l'histoire de la littérature française Ed. de la nouvelle revue critique, 1930, 64 p., portrait et autographe, in-8. Célébrités contemporaines. 1re série, n° 7.

[Dumur] Contreras, Francisco : Louis Dumur son œuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, Ed. de la nouvelle revue critique, 1933, 91 p., portrait et autographe, in-8. Collection des célébrités contemporaines. 2e série, n° 10

[Farrère] Revon, Maxime : Claude Farrère, son oeuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris : la Nouvelle revue critique, 1924, In-8, 56 p., portrait, fac-similé. Collection critique. Célébrités d'aujourd'hui, 2e série, n° 1

[Flaubert] Le Sidaner, Louis : Gustave Flaubert, son œuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, Ed. de la nouvelle revue critique, 1930, 63 p., in-8, portrait et autographe. Collection critique. Célébrités contemporaines. 1re série, n° 12.

[Fort] Masson, Georges-Armand : Paul Fort, son oeuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, éditions du ″Carnet critique″, In-8, 60 p., portr. et fac-similé. Collection du Carnet critique. 1re série, n° 5

[Gide] Gabory, Georges : André Gide. Son oeuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, éditions de la Nouvelle Revue critique, 1924. In-16, 54 p., portrait, fac-similé d'autographe. Le Carnet critique, II, 3 [En appendice, lettre d'Albert Samain.]

[Giraudoux] Bourdet, Maurice : Jean Giraudoux son œuvre. Paris, Ed. de la Nouvelle revue critique, [ca 1927], 61 p. Collection des célébrités contemporaines

[Godin] Nyse, Berthe de : André Godin, sa vie, son œuvre. Paris, Édition du Carnet critique, 1918, in-16, 48 p.

[Goncourt] Sauvage, Marcel : Jules et Edmond de Goncourt leur œuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, Ed. de la nouvelle revue critique, 1932, 96 p., in-8., portraits et autographes. Collection des célébrités contemporaines. 2e série, n° 7

[Gourmont] Legrand-Chabrier : Remy de Gourmont. Son oeuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, éditions de la Nouvelle revue critique (ancien Carnet critique), 1928, In-8, 64 p., Portrait et autographe. Collection critique. Célébrités d'hier. 1re série

[Hermant] Peltier, Roger : Abel Hermant, son oeuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris : Éditions de la Nouvelle Revue critique, 1924, In-16, 63 p. Collection critique. 1re série. N° 13

[Huysmans] Thérive, André : J.-K. Huysmans, son oeuvre. Document pour l'histoire de la littérature française Paris, Nouvelle revue critique, 1924, In-8, 76 p., portrait et fac-similé d’autographe. Collection critique. Célébrités d'hier, 1re série, n° 6

[Jacob] Fabureau, Hubert : Max Jacob son oeuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris : Éd. de la nouvelle revue critique, 1935, 96 p., portrait et fac-similé, in-8. Collection des célébrités contemporaines. 3e série, n° 3

[Jarry] Lot, Fernand : Alfred Jarry, son œuvre. Document pour l'histoire de la littérature française, Éd. de la nouvelle revue critique, 1934, 80 p., portrait et autographe, in-8. Collection des célébrités contemporaines. 3e série, n° 2

[Larbaud] Contreras, Francisco : Valéry Larbaud son œuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, Ed. de la nouvelle revue critique, 1930, 82 p., portrait et autographe, in-8. Collection des célébrités contemporaines. 1re série, n° 12

[Loti] Mallet, Frédéric : Pierre Loti, son œuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, éditions de la Nouvelle revue critique, 1923, In-8, 59 p., portrait et autographe. Collection critique. 1re série. N° 11

[Maeterlinck] Le Sidaner, Louis : Maurice Maeterlinck son oeuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, Ed. de la nouvelle revue critique, 1929, 64 p., portrait et autographe, in-8. Célébrités contemporaines. 1re série, n° 4

[Mallarmé] Fabureau, Hubert : Stéphane Mallarmé son œuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, Ed. de la nouvelle revue critique, 1933, 97 p., in-8 , portrait et autographe. Collection des célébrités contemporaines. 3e série, n° 1

[Margueritte] Guirec, Jean : Victor Margueritte son œuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, Ed. de la nouvelle revue critique, 1929, 71-[8] p. : portrait et autographe, in-8. Célébrités contemporaines. 1re série, n° 6

[Maupassant] Gérard de Lacaze-Duthiers : Guy de Maupassant, son oeuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Editions de la Nouvelle revue critique (ancien Carnet critique), 1926, In-8, 93 p., Portrait et autographe. Collection critique. Célébrités d'hier. 1re série. N° 11

[Michelet] Chabaud, Alfred : Jules Michelet, son œuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, Ed. de la nouvelle revue critique, 1929, 87-[7] p., in-8, portrait et autographe. Collection des célébrités contemporaines. 1re série, n° 8

[Mirbeau] Revon, Maxime : Octave Mirbeau, son œuvre. Paris, Ed. de la Nouvelle revue critique, 1924, 82 p.

[Mistral] Jean-Desthieux, François : Frédéric Mistral, son œuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, Ed. du Carnet critique, 1922, 51 p. : portrait h. t. ; in-8. Carnet critique. 2ème série. N° 1

[Montherlant] Mériel, E. : Henry de Montherlant son oeuvre. Document pour servir à l'histoire de la littérature française. Paris, Éd. de la nouvelle revue critique, 1936, 79 p., portrait et fac-similé h.-t., in-8. Collection des célébrités contemporaines. 3e série, n° 5

[Nerval] Strentz, Henri : Gérard de Nerval, son œuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, Ed. de la nouvelle revue critique, 1933, 89-[4] p., portrait et fac-similé d’autographe, in-8. Collection des célébrités contemporaines. 2e série, n° 11

[Noailles] Masson, Georges-Armand : La Comtesse de Noailles, son oeuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, éditions du Carnet critique, 1922, In-8, 52 p., portrait. Collection du Carnet critique. 1re série, n° 8


[Philippe] Bachelin (Henri) Charles-Louis Philippe Son Oeuvre. Document pour l’histoire de la littérature française. Editions de la Nouvelle Revue Critique, 1929, in-8, broché, 80 pp., portrait frontispice, fac-similé d'autographe, bibliographie. Célébrités, contemporaines, 1re série, n° 9

[Porto-Riche] Marx, Henry : Georges de Porto-Riche, son oeuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, la Nouvelle revue critique, 1924. In-8, 56 p., portrait Collection critique, Célébrités d'aujourd'hui, 2e série, 4

[Proust] Jacob, Jean : Marcel Proust, son oeuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, éditions de la ″Nouvelle Revue critique″, 2 juillet 1929, In-8, 59 p. avec portrait et fac-similé autographe. Collection critique Célébrités d'aujourd'hui. 2e série. N° 11

[Rachilde] David, André : Rachilde, homme de lettres, son oeuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. 3e édition. Paris, Editions de ″la Nouvelle Revue critique″, 1924, in-8, 88 p., portrait et fac-similé. Collection critique. 1re série. N° 15

[Régnier] Honnert, Robert : Henri de Régnier, son œuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, Éditions de ″la Nouvelle Revue critique″, 1923. In-16, 51 p., portrait. Collection critique. 1re série. N° 12

[Renard] Bachelin, Henri : Jules Renard 1864-1910, son œuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris : Ed. de la nouvelle revue critique, 1930, 91-[5] p., in-8., portrait et autographe. Collection des célébrités contemporaines. 1re série, n° 10

[Rictus] Ferdière, Gaston : Jehan-Rictus, son oeuvre. Document pour servir à l'histoire de la littérature française. Paris : Éd. de la nouvelle revue critique, 1935, 77 p., portrait et fac-similé h.-t., in-8. Collection des célébrités contemporaines. 3e série, n° 4

[Rimbaud] Strentz, Henri : Arthur Rimbaud, son œuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris : Ed. de la nouvelle revue critique, 1927, 77 p. portrait et autographe, in-8. Collection critique. Célébrités contemporaines. 1re série, n° 1

[Rolland] Bonnerot, Jean : Romain Rolland, sa vie, son œuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Edition du Carnet critique, 1921, 143 p., portrait et fac-similé d'autographe, in-8, Collection du Carnet critique. Première série. No 3

[Rollinat] Zévaès, Alexandre : Rollinat, son oeuvre. document pour l'histoire de la littérature française. Paris, Ed. de la nouvelle revue critique, 1933, 93-[3] p., portrait, fac-similé, in-8. Collection des célébrités contemporaines. 2e série, n° 12

[Rostand] Lautier, André - Keller, Fernand : Edmond Rostand, son œuvre. Paris, Ed. de la Nouvelle revue critique, 1924, VIII-111 p.

[Saint-Georges de Bouhélier] Blanchart, Paul : Saint-Georges de Bouhélier, son œuvre. Etude critique. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, Éditions du Carnet critique, 1920. In-16, 64 p., portrait, fac-similé. Collection du Carnet critique. 1re série. No 2

[Samain] Bersaucourt, Albert de : Albert Samain, son oeuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, La Nouvelle revue critique, 1930, In-8, 52 p., portrait. Collection critique. Célébrités d'hier. 1re série, n° 7

[Stendhal] David, Maurice (inspecteur général de l'instruction publique) : Stendhal sa vie, son œuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris : Ed. de la nouvelle revue critique, 1931, 77 p., portrait et autographe. Collection des célébrités contemporaines. 2e série, n° 4

[Tailhade] Kolney, Fernand : Laurent Tailhade, son oeuvre, étude critique, document pour l'histoire de la littérature française, Paris, Carnet-Critique, 1922, 76 p., in-16. Collection du Carnet-Critique. 1re série, n° 4

[Taine] Jean-Desthieux, François : Taine, son oeuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, éditions de la ″Nouvelle Revue critique″, 1923. In-16, 52 p. Portrait et autographe.

[Tharaud] Jean Bonnerot : Jérôme et Jean Tharaud. Leur oeuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, éditions de la Nouvelle Revue critique, 1927, In-8, 80 p., portrait et autographe. Collection critique. Célébrités d'aujourd'hui. 2e série. N° 9

[Valéry] Guéguen, Pierre : Paul Valéry son œuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, Ed. de la nouvelle revue critique, 1928, 61 p., portrait et autographe, in-8. Célébrités contemporaines. 1re série, n° 3

[Vallès] Zévaès, Alexandre : Jules Vallès son œuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, Ed. de la Nouvelle revue critique, 1932, 91-[5] p., in-8, portrait et autographe. Collection critique. Célébrités contemporaines. 2e série, n° 8

[Verhaeren] Bersaucourt, Albert de : Emile Verhaeren, son oeuvre. Document pour l'histoire de la littérature française. Paris, la Nouvelle revue critique, 1924. In-8, 84 p., portrait et fac-similé Collection critique. Célébrités d'hier, n° 5

[Verlaine (Paul)] Strentz (Henri) Paul Verlaine, son oeuvre. Editions de la Nouvelle Revue Critique, 1925, petit in-8, broché, 80 pp., portrait et autographe, bibliographie. 9

Et un Hors série : Courthion, Pierre : Gabriele d'Annunzio. Son œuvre, portrait et autographe, document pour l'histoire de la littérature étrangère. Paris, Ed. de la nouvelle revue critique, 1925, 64 p. Hors Série A

Prochains billets consacrés à la collection Les célébrités d'aujourd'hui aux éditions E. Sansot et Les Hommes et les idées au Mercure de France.

lundi 8 octobre 2007

Claudel Jourdain Vaillant Schwob Retté Soffici

De Tout un Peu ou Les petits riens de Livrenblog.


Tête d’or de M. Chudel ou Cludel - La Jeune Belgique, janvier 1891, Les Livres.

Tête d’or sans nom d’auteur, curieuse édition de la librairie de l’Art indépendant, Paris. – Bien certainement la lecture de la Princesse Maleine a rendu fiévreux M. Chudel ou Cludel ; il fait tour à tour délirer dans les champs, dans un palais, aux confins de l’Europe, des paysans, un empereur, cinq soldats, une Princesse, un Messager, Tous, Tête d’or, quelqu’un, un autre, etc. Des expressions comme celle-ci : « Le bouilli était las d’être mangé en rond ; ils sont morts ». « Le néant morose », etc., pour décrire une bataille victorieuse voici :
« Bougre !
« Des vieillards avec leurs chétifs membres de bois ont fait fuir des centaines d’hommes et des enfant sans barbe ont soufflé au cul des chevaux de guerre. »
L’auteur devait haleter en écrivant son drame, car à tout instant, sans rime ni raison, il interrompt sa phrase et court à la ligne ; signe évident d’une agitation des plus graves. Quant à l’édition, elle est en rapport avec le reste ; figurez-vous des épreuves en placard, repliées, tant bien que mal et renfermées dans un carton d’emballage.
Comme original, c’est original.

Sobrement signé V.G. ce compte-rendu est de Valère Gille.


Tête d’or parut sans nom d’auteur, à la librairie de l’Art Indépendant en 1890, le tirage en était limité à 100 exemplaires, Claudel avait alors 22 ans, il s’agissait de sa première pièce. Certain exemplaire était revêtu de sa signature, sans doute Valère Gille eut-il du mal à déchiffrer celle-ci.

Le vieil homme se souvient – Francis Jourdain Jours d’alarme. Corrêa, 1954.


Le vieil homme s’étonne de ne plus retrouver le mastroquet dans l’arrière boutique déserte et mal éclairée duquel Sidonie Vaillant lui avait, un soir, parlé de son père. Elle avait dit le drame de sa petite enfance, la noire misère de l’ouvrier poursuivi par la malchance. Elle avait conté l’horrible décision prise de tuer le chat pour le manger, la chasse dans le taudis, l’affolement de la bête traquée et se dérobant, l’affolement de l’homme crispé, haletant, sa maladresse, sa pâleur, son tremblement, les hurlements de l’enfant épouvantée, enfin la taloche, la seule taloche qu’elle ait jamais reçue d’un père doux, soudain parvenu au comble de la rage, au comble de la honte…

Sidonie Vaillant était la fille de l’anarchiste qui le 9 décembre 1893 avait lâché une bombe à la Chambre des députés, provoquant quelques blessés, Vaillant ayant été guillotiné le 5 février 1894, Sébastien Faure devient le tuteur de Sidonie. Il faudra un jour que je revienne sur Francis Jourdain, dont il faut lire les volumes de souvenirs : Né en 76 aux éditions du Pavillon, Sans remords ni rancune, chez Corrêa tout comme Jours d’alarme où le "vieil homme" c'est ainsi qu'il se nomme lui-même, se promène dans Paris occupé. Les rues lui rappellent des souvenirs, souvenirs d'amis, Gaston Gallimard, rue Saint-Lazare, souvenirs, rue Ballu, du Théâtre de Marionnettes de Claude Terrasse, Randon, Franc-Nohain, Jarry, souvenirs de Vuillard. Plus loin, des peintres encore, Montmartre, les ateliers, celui de Carrière, le Divan japonais, les planches de zinc achetées avec Jacques Villon, l'atelier du graveur, les modèles, puis la rue Lepic, la rue de Fargue, Léon-Paul Fargue, le grand ami, le frère sur qui les souvenirs abondent.


Sidonie, toujours - Marcel Schwob dans ses Lettres Parisiennes à la date du16 janvier 1894


On s'intéresse beaucoup à la fille de Vaillant, la petite Sidonie. Il est assez naturel, que le compagnon Sébastien Faure désire l'adopter ou que la Maison du Peuple de Paris offre de la faire élever. Mais on est plus surpris de lire de nombreuses propositions qui émanent de philanthropes improvisés. C'est Mme la duchesse d'Uzès qui ouvre la série. Elle réclame la fille de Vaillant au nom du souvenir de son fils. J'avoue ne pas bien saisir la liaison. Le jeune duc d'Uzès est mort en Afrique pour l'amour de la patrie et de la société que Vaillant a essayé de détruire. Mais Mme d'Uzès a d'autres opinions là-dessus. Et comme elle a le sens très net des castes, elle a décidé que la petite Sidonie serait élevée comme une ouvrière, suivant le système d'éducation qui convient à sa condition. La charité serait peut-être plus grande de ne pas offrir d'adopter dès à présent une petite fille, qui, après tout, a encore son père, et de ne pas l'arracher, sous prétexte d'humanité, aux gens qui l'aiment et qui l'entourent. On aurait sans doute songé à faire parvenir de l'argent à la compagne de Vaillant, afin qu'elle puisse élever la petite Sidonie : mais cette compagne n'est unie à Vaillant que par le mariage libre. Et voilà pourquoi la petite Sidonie trouve tant de protecteurs.



Trouvé cette semaine – Adolphe Retté : La Seule nuit. Editions de La Plume, Bibliothèque Artistique et Littéraire, 1899. Ce volume est orné d’une couverture en couleurs de Soffici, la même qui servi pour des exemplaires invendus, d’une nouvelle édition des Cantilénes de Jean Moréas à la même Bibliothèque Artistique et Littéraire en 1896.


Il existe des exemplaires des Cantilènes sous une couverture imprimée, je n’en connais pas de La Seule nuit, mais il semble bien que la couverture illustrée de la collection à 2 francs, servit à « relancer » la vente de certains volumes des éditions de La Plume. En effet l’illustrateur Ardengo Soffici ne vint à Paris que vers 1902/1903, on peut d’ailleurs lire sous la signature de l’illustrateur les chiffres 902, qui pourraient bien signifier 1902. Ardengo Sofficci, peintre, illustrateur et écrivain, à Paris, travaillera surtout comme illustrateur, grâce à sa fréquentation de la revue La Plume il rencontrera Guillaume Apollinaire, Max Jacob ou Picasso. Retourné en Italie en 1907 Soffici collabore à la revue Voce de ses amis Giovanni Papini et Giuseppe Prezzolini, il fondera en 1913, toujours avec Papini, la revue Lacerba. Retenons qu’il est l’auteur en 1911, d’une des premières biographies sur Rimbaud parues en Italie.

Mauclair Mallarmé et les Ballets Russes


Camille Mauclair

Karsavina et Mallarmé

La création d’un art total, utilisant la danse, le théâtre, la poésie, la musique, les arts plastiques dans un même spectacle, les symbolistes en ont vus les prémisses dans les opéras de Wagner, ils tentèrent avec naïvetés et gaucheries d’en approcher avec le Théâtre d’Art de Paul Fort et avec l’Oeuvre de Lugné-Poe et Mauclair, ces tentatives n’ont alors obtenues du public et des critiques que moqueries et hués. Camille Mauclair, dans un article intitulé Karsavina et Mallarmé repris dans Les Héros de l’orchestre en 1919, considèrent que la réalisation du rêve de la fusion des arts a été réalisé par les Ballets Russes, mieux, il voit dans le spectacle de Bakst, Karsavina et Nijinsky la réalisation des idées de son maître Mallarmé « tout ce qui constitue l’armature secrète de cette féerie incomparable a été annoncé par lui », « Lui seul, […] avait composé mentalement ce spectacle de rêve, auprès duquel la fusion wagnérienne elle-même n’est qu’une gaucherie barbare […] Qu’on relise Pages, et on y trouvera la conception précise de la décoration scénique de Bakst, cette correspondance subtile de la symphonie colorée à la symphonie orchestrale : la conception, aussi, d’une action lyrique toute entière consacrée à la peinture d’un mouvement de l’âme, comme l’est le Spectre de la Rose ; la conception, enfin, de la Féerie idéologique du Spectacle oubliant la vie et inventant un monde nouveau. » Au-delà de l’art total, Mauclair, voit dans les Ballets Russes la réalisation du rêve symboliste, un spectacle mettant en scène les sensations de l’âme, la création d’un monde hors de la vie.
Mauclair s’est montré un adversaire violent des tentatives nouvelles en art, Fauvisme, Cubisme ou Futurisme. Il le rappelle ici : « Que sont les fameuses « hardiesses » dont nos fauves et nos cubistes font l’honorable pseudonyme de leurs petites horreurs, auprès des décors d’un Bakst qui oublie éperdument le vraisemblable », à une époque où Satie, Picasso et Cocteau monte Parade (1917), où Edouard et Louise Autant-Lara, créent Art et Liberté puis Art et Action "laboratoire de théâtre pour l'affirmation et la défense d'oeuvres modernes" mettant en scène, notamment, Couleurs du Temps (1919) d’Apollinaire dans des décors de Vlaminck, où Les Ballets Suédois de Rolf de Maré vont arriver, en 1920, au théâtre des Champs-Elysées, mettant scène La Création du Monde de Cendrars dans des décors de Fernand Léger, avec une musique de Darius Milhaud, mais aussi des livrets de Cocteau, ou Picabia, des musiques de Satie, Poulenc ou Auric, dans une époque donc, où les artistes les plus modernes de la poésie, de la musique et de la danse révolutionnent l’art du ballet pour en faire un art total, Mauclair, se réfugie dans sa jeunesse, s’arc-boute sur des conceptions esthétiques figées et ne veut voir qu’une « Farce » dans l’art moderne, ajoutant à son refus de la nouveauté une idéologie raciste et xénophobe (1).
Mauclair comprend bien qu’ils furent, lui et ses amis les précurseurs de ces transformations, mais sa lecture reste celle d’un symboliste de 1890. La démonstration faisant du symbolisme la source des transformations qui feront que « tôt ou tard, c’en sera fini de notre malheureuse chorégraphie, […] autant que de notre décor […] », semble tout à fait juste, en effet si le décor n’est plus « fait, non pour rebâtir avec du carton la vraie vie, mais pour en créer une qui, supérieure, la fasse oublier » si la danse est désormais « faite pour animer des idées et des sentiments et donner son plus haut sens au chiffre mystérieux qu’est le corps humain » c’est un peu grâce aux jeunes symbolistes des années 1890, qui en avaient rêvés. Mauclair s’empare de la figure et de la pensée de Mallarmé pour défendre ses propres idées esthétiques, rétrécissant le message du symbolisme à un refus du monde réel, ne comprenant l’artiste que dans sa célèbre « tour d’ivoire » créant un monde nouveau et féerique.
Pour en finir avec cet article il faut encore signaler le beau portrait de Mallarmé qui y est tracé, « un petit homme grisonnant, à la barbe courte et pointue, aux oreilles faunesques, au nez impérieux, une face qu’on eut dite sensuelle s’il elle n’avait été idéalisée par deux magnifiques yeux veloutés et pleins de rêves, deux yeux de caprice et de génie. ». Son vieux maître, Mauclair « le sentait là » lors des représentations « et tout ce qui se déroulait sur la scène avait été prévu dans son cerveau. »


(1) Mauclair (Camille) : La Farce de l’art vivant. La Nouvelle Revue Critique


mardi 2 octobre 2007

Jules Jouy CHANSONS DE BATAILLE



L’histoire en chansons


A la fin du dix-neuvième siècle, les chansonniers-poètes foisonnent, du cabaret des Quat Z’arts, au Chat Noir, du Mirliton, au Divan Japonais, ou au Rat Mort, tous les soirs ils attirent à Montmartre un public nombreux. Bruant, Fursy, Montoya, Mac-Nab, Jules Jouy, Gaston Couté, Léon Xanrof, F.-A. Cazals, chacun a son style, son personnage, beaucoup interprètent eux-mêmes leurs œuvres, tous publient leurs chansons en petits formats, dans les revues, puis en recueil. Outre la chanson de Caf’Conc, certain de ces auteurs n’hésite pas à se lancer dans la chanson d’actualité, historico-politique, ces chansons sont aujourd’hui des documents que nous devrions consulter plus souvent.

Quel meilleur exemple pourrions-nous donner que celui de Jules Jouy ?

Jules Jouy (1855-1897) est sans doute le plus politique des chansonniers, marqué par la Commune, anticléricale et républicain virulent, il est souvent violent, toujours frondeur, avec un goût marqué pour le macabre. Il fut des cercles Hydropathes et Hirsutes. Jouy collabora à l’Anti-Concierge de l’illustre Sapeck, au Tintamarre, participa à la fondation du Sans-Culotte. En 1882 il publie le numéro unique du Journal des merdeux dont il est l’unique rédacteur. Il est l’auteur de milliers de chansons, de monologues, de pièces. Durant les quatre ans de la crise boulangiste il mènera une véritable campagne contre « l’infâme à barbe » général Boulanger. Quelques unes de ces chansons sont reprises en volume dans Les Chansons de l’année 1887 (1888) et Chansons de Bataille (1889). Abus d’absinthe, misère, antécédents ? La santé mentale de Jules Jouy se dégrade, il sera interné dans un asile psychiatrique au mois de mai 1895, il y meurt le 17 mars 1897.

Avant la publication du livre de Patrick Biau, Jules Jouy, 1855-1897, Le poète chourineur, en 1997, Jules Jouy était surtout connu pour être l’auteur de La Veuve chanson sur la peine de mort et la guillotine reprise par Damia en 1935, ou, avec Octave Pradels, de La Marche Lorraine.
Ce livre est le résultat d’un travail formidable reprenant de nombreux textes de Jouy, il met en lumière l’importance de son œuvre et apporte de nombreux éléments biographiques peu ou pas connus. Pour en savoir plus et commander le livre (il doit en rester), rendez-vous vite sur les pages de présentation du personnage et du livre par le même Patrick Biau. http://perso.orange.fr/label.de.cadisc/jouy1.html (il existe aussi un double CD).
Pour rester dans le domaine littéraire, une chanson de Jules Jouy, extraite des Chansons de l’année 1887, sur le Manifeste des Cinq, protestation de cinq jeunes naturalistes contre la publication de La Terre d’Emile Zola.

À MON AMI JULES LEMAITRE

LES CINQ

(À propos de l'affaire Zola - Bonnetain, Rosny,
Descaves, P. Marguerit[t]e, G. Guiches).

AIR de la Légende de Saint-Nicolas.

Dans un beau pays, très lointain,
Où c'est la nuit, quand c'est matin
Partirent cinq frêles marmots,
Pour tuer les grands animaux.

Il était cinq petits enfants
Qui chassaient les gros éléphants.

Un jour, n'en croyant pas leurs yeux,
Ils en aperçurent un vieux.
Sur la plaine il était si grand,
Qu'il masquait le soleil levant.

Il était cinq petits enfants
Qui chassaient les gros éléphants.

Afin de lui faire du mal,
Ils rampèrent vers l'animal ;
Puis s'assirent sur leur séant,
Autour de l'énorme géant.

Il était cinq petits enfants
Qui chassaient les gros éléphants.

Ils avaient pris sur les chemins,
Des cailloux trop lourds pour leurs mains,
Qu'ils jetèrent, le jour durant,
Sur le colosse indifférent.

Il était cinq petits enfants
Qui chassaient les gros éléphants.

Voyant qu'il ne se bougeait point,
Les gosses, lui montrant le poing,
S'en approchèrent pas à pas,
Afin d'achever son trépas.

Il était cinq petits enfants
Qui chassaient les gros éléphants.

Tous les cinq, l'un l'autre s'aidant,
À grand' peine, sans accident,
Pour prendre leur gibier trop gros;
Ils lui montèrent sur le dos.

Il était cinq petits enfants
Qui chassaient les gros éléphants.

Soudain, le géant remua ;
Chaque petit enfant tomba ;
Et le colosse était si grand
Qu'ils se tuèrent en tombant.

L'éléphant mange, sans remords ;
Et les petits enfants sont morts.

21 août 1887


Jules Jouy : Le Temps des crises.